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الاثنين، شتنبر 26، 2005

Manifeste pour une nouvelle école socialiste

Aujourdhi.ma 23/9/05



La patrie, l’Etat et le choix humain

Manifeste pour une nouvelle école socialiste.


Mohamed El GahsMohamed El Gahs, membre du bureau politique de l’Union socialiste des forces populaires, lance ici un Manifeste pour une nouvelle école socialiste.


Nous arrivons de l’avenir. La pensée socialiste est une pensée de la rébellion contre la réalité des injustices. Une pensée de la colère contre l’illégitimité des privilèges et des inégalités. Le socialisme, c’est être conscient que seule l’égalité devant les droits et les obligations garantit à l’homme -et à la société- son humanisme. Le socialisme c’est reconnaître le droit de chaque être humain à la vie, au bonheur et à bénéficier des richesses de la société conformément aux principes de l’équité et de la solidarité. Le socialisme est une rébellion contre les plaies de la vie anormale et contre les privilèges illégitimes qui constituent les piliers de l’idéologie de l’autoritarisme et de l'arbitraire. Le socialisme est l’unique et l’éternel horizon permettant à l’humanité d’aspirer à la liberté, la fraternité, la solidarité, la justice, la paix et le bonheur.
Nous arrivons de l’avenir. Car, nous venons de ce vaste horizon humain. Et depuis la naissance de notre parti, nous avons consacré notre pensée, notre militantisme, notre action et la vie de plusieurs d’entre nous à œuvrer pour cet avenir pour notre société, sur notre terre et pour notre peuple et notre patrie.
Souvenons-nous ! L’idée de la démocratie était "seule" et "étrange". Elle était combattue dans notre société lorsque nous l’avions revendiquée comme un passage inéluctable pour la renaissance de notre peuple. Souvenons-nous ! La revendication des droits de l’Homme était rejetée et violement combattue lorsque nous l’avions déclarée une condition pour la transition de notre pays vers la dignité. Souvenons-nous ! L’idée de l’exercice des libertés individuelles et collectives de la pensée, l’expression, l’organisation, la participation, la critique et la responsabilisation était interdite et criminalisée lorsque nous en avions fait un prélude obligatoire pour la gestion de nos affaires publiques et du destin de notre nation. Et nous avons payé le prix de notre rêve...de ce projet. Nous avons été combattus, opprimés et incarcérés. Des milliers de nos militants ont été précarisés, nos leaders ont été assassinés, nos droits ont été réquisitionnés, nos journaux ont été fermés, nos sièges ont été forcés et nous avons été arrêtés. Mais, nous avons résisté. Nous nous sommes relevés et nous avons repris le combat. Nous avons convaincu et nous avons réussi. Il s’agit d’une marche de plus de trente ans vers cet avenir qui est devenu, aujourd’hui, une réalité dont nous sommes fiers d’avoir été la locomotive grâce aux hommes et aux femmes qui l’ont réalisé après avoir été juste un rêve...une partie du grand rêve socialiste. Je n’entrerai pas dans les détails de ce long parcours militant car il est le parcours de la naissance de la démocratie dans notre pays avec toute sa densité et sa complexité, ses réussites et ses défaites. Il s’agit de quarante ans d’histoire de notre pays et de sa marche vers la démocratie, la liberté et le décollage économique et social.
Et, l’USFP, notre parti, est présent dans chaque étape, dans tous les choix audacieux, dans le développement humain, dans toutes les batailles politiques, économiques et sociales qui ont fait la marche de notre pays vers l’avenir. Les détails de cette mutation profonde et sereine est présente dans la mémoire collective de notre peuple. Elle est gravée dans la mémoire partisane et écrite dans les annales du mouvement socialiste marocain que nous incarnons.
Ce rappel est nécessaire, dans l’étape que nous traversons, pour que nous sachions et pour que tout le monde sache d’où nous venons et pour que nous puissions savoir dans quelle logique nous marchons vers de nouvelles étapes dans ce parcours. Il est vrai que notre identité socialiste, qui est l’héritière naturelle de la pensée humaine universelle et son expression dans notre société, a ouvert, grâce à la pensée et à la pratique, l’horizon de la démocratie dans notre pays et a ouvert la porte devant toutes les possibilités prometteuses politiquement, intellectuellement, économiquement et socialement. C’est pour cela qu’il est naturel voire nécessaire, que notre parti occupe sa place normale dans tous ces espaces de changement. Car, nous avons toujours été conscients que la démocratie et le progrès sont une pensée et une projection d’un projet social mais ils ne s’arrêtent pas une fois admis puisque la vraie bataille commence au moment de cette admission. La démocratie n’est pas seulement des lois et des procédures, des élections, des institutions. Elle est un ensemble de valeurs, de principes et un mode de vie que l’on apprend et que l’on enseigne d’une manière continue notamment dans les espaces censés incarner les fondements de la démocratie.
Qui donc, à part nous, est capable de donner ce sens à la démocratie?
Qui a diffusé la culture et les valeurs de la démocratie dans les rangs du peuple et des élites ?
Qui a introduit les traditions et les fondements de l’action démocratique dans les instances élues ?
Qui a introduit dans notre vie publique la pratique du regroupement, du dialogue et de l’organisation politique, syndicale et associative comme un acte civilisé et un droit naturel encadré et responsable dans le cadre de la souveraineté populaire sous l’égide du multipartisme et de la diversité, de la cohabitation et du concours d’idées et de projets dans la liberté, la responsabilité et le respect?
Nous, les USFPéistes, sommes fiers d’avoir réalisé cette révolution calme que nécessite la vraie construction démocratique. Car nous sommes des démocrates et notre destin et notre rôle est de construire la démocratie et de la renforcer en diffusant ses valeurs, en étant présents dans ses institutions, en développant ses mécanismes, en faisant face à ses ennemis, en lui trouvant du soutien dans les esprits et les cœurs, mais aussi dans les textes et dans les procédures et dans le fonctionnement quotidien des institutions.


Nous, les USFPéistes, sommes fiers d’avoir

réalisé cette révolution calme que nécessite la vraie construction
démocratique.

C’est ce choix de l’USFP, qui consiste à envahir tout espace démocratique acquis où la démocratie peut se développer et s’élargir, qui a permis le triomphe de l’idée de la démocratie dans notre pays car il a lancé la dynamique de la démocratisation qui n’est pas une affaire d’élite, de manoeuvres d’appareils supérieurs ou de spécialistes. Elle est une affaire populaire encadrée avec une pensée et qui fonctionne avec des mécanismes. Et l’absence d’un seul maillon de la chaîne lui ferait perdre tout son sens.
Le passage de la revendication de la démocratie à la participation à sa mise en œuvre et à la création de ses institutions était à notre avis un développement logique dans la réalisation de notre projet et non pas une régression. Car, la vraie aberration aurait été de revendiquer quelque chose et de refuser de participer à sa construction une fois que l’on a la possibilité de le faire en cherchant des motifs pour ne pas assumer la responsabilité de la construction. Telle n’est pas notre logique car elle est celle de la lâcheté politique et démagogique que nous rejetons et combattons. Car, nous considérons que la politique est le courage intellectuel, la présence organisationnelle, l’audace de l’action, la capacité de convaincre, la force de suggestion, la participation dans l’exécution, l’acceptation de la critique et de la responsabilisation, du succès et de l’échec que celui qui préférera se cantonner dans la démission et la paralysie ne pourra jamais connaître.
La dialectique de la revendication et de la participation, de la pensée et de la construction, de la critique et de l’action dont notre parti a fait une règle en matière de la plantation de l’idée démocratique dans le champ intellectuel, social et politique de notre pays a donné, aujourd’hui, ses fruits qui sont les acquis en matière de démocratie, de droits de l’Homme, de libertés individuelles et collectives, de modernité intellectuelle, de dynamique sociale et d’institutions représentatives ainsi que tout ce dont regorge la scène nationale comme ambitions et aspirations au progrès et à la modernisation. Évidemment, l’USFP, ses alliés et ses sympathisants, les démocrates ne sont pas seuls dans ce combat. C’est-à-dire que le projet démocratique en général et socialiste en particulier continuera toujours à faire face à des forces ayant des orientations et des références qui s’opposent au projet démocratique et socialiste. C’est pour cela que tout ce qui a été réalisé aujourd’hui de notre projet est le résultat de confrontations et d’équilibre de forces et nous devons admettre qu’elle continuera à exister car elle fait partie de la confrontation politique. Parallèlement à cela, la nature du choix démocratique et du paysage politique national, l’identité révolutionnaire de notre parti qui aspire au changement de la société en cumulant les réformes a fait que la transition s’est caractérisée par ce que l’action démocratique exige comme équilibre et consensus objectifs qui met l’intérêt national et la force de ses institutions et sa stabilité au-delà de tout intérêt.
Toute nouvelle lecture honnête du bilan de notre militantisme et de notre expérience que ce soit dans l’opposition ou au pouvoir doit se faire dans ce cadre qui évoque notre identité, nos choix, nos mécanismes d’action, les fondements de notre discours politique, la nature de notre société et de nos institutions, l’équilibre objectif des forces avec nos adversaires, nos partenaires et nos alliés. Et plus généralement, cette lecture devrait se faire en prenant en considération les profondes mutations internationales accélérées qui a une grande influence sur notre parcours national intellectuellement, économiquement, politiquement et socialement.
Et si cette analyse objective, appliquée à notre parcours dans l’opposition, conduit à la reconnaissance de notre rôle déterminant que notre parti a joué dans le triomphe du choix démocratique et la construction de ses fondements, notre expérience au pouvoir obéit à la même lecture.
Il s’agit du troisième épisode dans trente ans de militantisme démocratique. C’est un épisode inéluctable inscrit dans l’identité d’un grand parti progressiste, démocratique qui aspire au changement à travers le cumul de réformes, c’est-à-dire un parti qui doit naturellement arriver au pouvoir. D’ailleurs, c’est son devoir lorsque la volonté du peuple et l’intérêt de la nation l’exigent. Tous ces devoirs se sont unis pour nous pousser à prendre la décision d’assumer notre responsabilité dans les centres de décision. Car, l’intérêt national, d’abord pour sauver le pays d’une crise de gestion et de politique qui menaçait d’une vraie catastrophe après quarante ans de corruption, d’erreurs, d’improvisation, d’irresponsabilité, de falsification, d’oppression et détournement des fonds publics qui sont les caractéristiques du monopole de la décision et du pouvoir jusqu’à "l’arrêt cardiaque". L’intérêt du pays et son sort étaient menacés suite à cette faillite et la tension entre l’aspiration d’un peuple et ses forces vives au changement et la résistance des forces de l’exploitation et des avantages et le parti clandestin dont la nouvelle ère démolira les principaux symboles ultérieurement.
L’intérêt du pays et la vérité sur ce qui le menaçait c’est l’appel lancé par le défunt Roi aux forces nationalistes et démocratiques et à leur tête l’USFP pour le sauvetage et la réforme. Et l’intérêt national était la règle du consensus historique que nous avons établi et il fut le premier pilier de notre décision. Le deuxième pilier est notre conviction que l’avancée démocratique dont avaient été les promoteurs nous oblige à assumer notre responsabilité pour avancer dans notre projet et notre choix tout en restant conscients des limites et des contraintes. Mais déterminés à ouvrir de nouveaux horizons dans un parcours dont nous sommes conscients de la longueur et la difficulté. Troisièmement, même si certains ont douté, la revendication populaire, que ce soit à travers les élections ou le soutien populaire, était claire dans l’appel à l’USFP à assumer sa responsabilité. Et même si les aspirations étaient grandes, nous n’avons jamais pensé à nous dérober de notre responsabilité et nous avons pris notre décision d’une manière courageuse et audacieuse. L’alternance en elle-même était un acquis historique pour notre démocratie et la culture qui l’encadre.Car, l’alternance est l’un des piliers de cette culture. Et l’accord entre le Roi et les forces démocratiques sur le choix démocratique et le projet réformateur était un préambule à l’édification d’une nouvelle vie démocratique sur la base de la stabilité que garantissent les institutions constitutionnelles et le pacte national. L’alliance entre des forces nationalistes et démocratiques autour de l’idée de la réforme est une évolution prometteuse dans la pratique politique au Maroc et un noyau pour la formation d’un pôle regroupant des partis partageant les mêmes valeurs et les mêmes principes et capables, malgré certaines différences, de s’unir autour d’un projet ou d’un programme dans l’intérêt national.


Ces sentiments ont renforcé l’image du Maroc à l’étranger et le monde entier a commencé à faire attention à cette «exception».


Le monde donne désormais le Maroc comme illustration que la dictature, les guerres civiles, l’intégrisme et le fascisme ne sont pas une fatalité pour des sociétés comme la société marocaine.
Beaucoup a été dit sur la signification et les conditions de ce changement. Même si nous prêtons attention aux sérieuses analyses théoriques provenant de toutes parts, nous aurions dû nous consacrer à l’essentiel : à l’action. Aux chantiers de réforme que nous avons initiés, aux dysfonctionnements que nous avions été capables de rectifier, aux dossiers compliqués que nous avons diagnostiqués et résolus et aux fronts de mobilisation que nous avons ouverts. De l’éducation à la justice en passant par l’économie, la santé, le logement, l’emploi, l’aménagement du territoire, l’élargissement du champ des libertés et la modernisation des médias et de la culture, entre autres secteurs vitaux.
Le gouvernement d’Alternance que nous avions mené était une «heure de vérité», de clarification et de début de concrétisation du possible. Cinq années, avec leurs contraintes et obstacles, ont ouvert de réelles pistes de réforme et de changement. Elles ont donné à la transition démocratique des contenus tangibles et des bases solides. Si les premières années de cette transition s’étaient déroulées dans un climat de confiance et de coopération entre le défunt Roi, le gouvernement et les forces qui le représentaient et qui ont renforcé le pacte national, l’intronisation de Sa Majesté le Roi Mohammed VI est venue renforcer la transition démocratique avec un nouveau style, une réelle conviction social-démocrate, une philosophie moderne de gouvernement, un nouveau concept d’autorité, une courageuse volonté de réconciliation nationale avec la mémoire, des positions novatrices pour la refonte du champ religieux et politique, les affaires de la famille, les droits de la femme et ceux de l’Homme en général, la relance de l’économie et le développement humain…
Sous son règne, et pour couronner la phase d’Alternance que nous avions conduite, allaient se tenir les premières élections libres et transparentes de l’histoire du Maroc. Le mode de scrutin, la pléthore des partis, des facteurs et des legs socioculturels multiples allaient produire la carte politique que l’on connaît. Et du moment que les alliances ont été perturbées, débouchant sur la nomination d’un Premier ministre en dehors des partis, l’USFP, désigné par les urnes, après une première participation au pouvoir ou malgré cette participation et ses contraintes, comme première et plus forte formation politique nationale, a été le seul parti à attirer l’attention au respect de la méthodologie démocratique et fait part de son regret de ne pas en tenir compte. C’est ce que nous avions, par principe, exprimé en temps opportun. Mais, en même temps, après débat et réflexion, nous avions débouché sur la même analyse, les mêmes considérations nationales, populaires et démocratiques qui nous avaient poussés à prendre part au gouvernement d’Alternance et qui nous ont amenés à participer à la deuxième phase de la transition démocratique. Cette transition, nous nous en considérons, politiquement et éthiquement, les garants de la nécessité de sa continuité. De la renforcer, de l’accélérer et de la protéger de toute régression. Avec la même volonté, nous avions pris notre part de responsabilité dans l’élaboration du programme gouvernemental et nous persévérons dans sa réalisation, fiers de ce qui a été fait dans les départements dont nous assumons la responsabilité directe, des réformes et initiatives teintées de notre identité social-démocrate et conforme aux orientations et au projet de Sa Majesté le Roi, mais aussi à la nature et à l’inspiration du programme gouvernemental. Et aux attentes de notre peuple qui, nous le savons, apprécie, mais critique aussi et interroge notre action. Nous sommes solidaires et fiers de ce qui se réalise par les autres départements car nous croyons à la responsabilité commune et il n’est pas dans notre nature de tergiverser ou jouer sur les deux cordes. Notre participation au gouvernement est encadrée par des valeurs, des principes et des objectifs. Nous cernons les limites et les contraintes de la réalité. Mais, du moment que nous sommes convaincus que les conditions sont respectées, que la transition démocratique, la réforme et le changement avancent en conformité avec notre identité et notre projet, nous assumons notre responsabilité avec courage et fierté.
Ce sont-là les traits de la conjoncture politique où nous nous trouvons. Toutefois, quelle que soit notre évaluation d’étape, nous devons avoir présent à l’esprit qu’il ne s’agit que d’une phase. Les acquis et les réussites ne sont jamais définitifs. Et moins les échecs et les aspirations.
Le parti est un moyen pour réaliser un projet qui vit et se construit par son dynamisme, qui se nourrit des problématiques et interrogations produites par son dynamisme interne et son interaction avec son environnement. Sa capacité de renouvellement et de prévision est sa garantie et sa raison d’être.
Il n’est pas interdit, dans ce sens, de revenir à la question de l’identité. Car, au moment où prévalent la confusion et le dévoiement des valeurs, il est de notre devoir de clamer que notre projet politique et idéologique est limité par ses propres valeurs. Les valeurs de liberté, de démocratie, de justice, de solidarité, de tolérance et de paix. Ce sont ces valeurs qui nous rappellent toujours à notre permanente révolte contre le sous-développement, à notre refus de l’injustice, de l’exploitation, des privilèges indus, des fractures sociales intolérables, du racisme, de la discrimination ou de l’exclusion quelles qu’en soient les causes. Ce sont ces valeurs qui encadrent notre choix moderniste pour le changement, plus de liberté, plus de justice et plus de bonheur pour tout individu. Et pour la Patrie. C’est notre choix progressiste qui considère qu’il y a toujours une nécessité et une possibilité de réforme pour une société plus humaine et plus égalitaire où régnerait la liberté encadrée par la liberté, l’esprit de la citoyenneté et la pluralité dans le respect des institutions constitutionnelles et des symboles de la souveraineté populaire.
Notre projet est d’une forte actualité et le sera encore plus dans l’avenir. Le libéralisme sauvage s’est saisi des centres de décision économiques et financiers. Les marges des Etats ont été réduites et la démocratie, dans plusieurs cas, a été réduite à un folklore occasionnel. La politique est devenue un spectacle, le citoyen un consommateur.


L’intronisation de
Sa Majesté le Roi Mohammed VI est venue renforcer la transition démocratique avec un nouveau style, une réelle conviction social-démocrate...

Le scrutin universel a cédé la place aux sondages. La culture et la pensée sont devenues des marchandises L’égoïsme, l’indifférence et le nihilisme ont pris le dessus. C’est ce libéralisme sauvage qui a été mondialisé avec les faillites sociales que l’on sait.
L’actualité du projet social-démocrate provient de ce qu’il est l’unique remède pour humaniser cette mondialisation. Notre pays n’est pas à l’abri de ces chamboulements. Notre rôle dans notre patrie, pour notre peuple, est de réhabiliter l’Etat comme expression de la volonté collective de la Nation, le garant de l’intérêt général et de la souveraineté nationale. Un Etat fort et démocratique, fort de sa démocratie et son souci social, ses services publics, son administration compétente et transparente, ses lois respectées, sa sécurité et sa justice.
Dans ce sens, l’Etat reste pour nous le seul garant de l’union nationale, de la souveraineté, de la démocratie, du progrès économique et de la justice sociale. En insistant sur cette priorité, nous voulons souligner que les forces qui méprisent la démocratie, qui ne connaissent que la logique du gain et de l’argent, qui abondent dans la destruction et le négationnisme, qui font l’éloge de l’obscurantisme, toutes ces forces se recoupent la même volonté d’affaiblir l’Etat national, de saper ses bases et d’infirmer ses rôles.
Notre référence et notre identité sont universelles, mais nous croyons que la force et la solidité de la référence universelle résident dans la diversité, la richesse et l’évolution des contributions nationales, dans la capacité de cette référence à respecter la souveraineté des Etats, des nations et les droits de leurs peuples, à respecter également leur culture, leur civilisation, l’autonomie de leur décision, conformément justement à ces valeurs universelles.
Cela nous renvoie à un élément inhérent à notre identité et notre projet social-démocratique : l’idée de patrie. La patrie, la Nation marocaine, est déterminée par une volonté collective de nos unir autour d’une Histoire, d’une civilisation, d’une culture, et d’une façon de vivre, à l’intérieur de frontières géographiques dessinant la carte de notre patrie. C’est dans l’appartenance administrative à une entité nationale indivisible que se fondent toutes nos différences, que coexistent toutes nos divergences naturelles, que se développe notre destin commun. C’est ainsi que l’idée de patrie reste constitutive de tout projet collectif. C’est l’appartenance à la patrie qui nous donne des droits et nous assiège de devoirs. C’est la source de toutes les relations sociales, la base de tous les déterminants institutionnels et juridiques qui encadrent la vie auu sein de la société. L’idée de départ et l’objectif de notre projet national consistent ainsi à partir sur la base de notre volonté collective en vue de la renforcer et produire les moyens de son renouvellement et sa perpétuation.
L’idée de démocratie se base sur l’idée de patrie, en ce sens qu’elle permet la gestion civilisationnelle de la différence dans le cadre d’un destin commun. L’idée de justice se constitue sur l’idée de patrie parce qu’elle traduit le principe d’égalité dans le cadre de ce destin commun. Le choix de la solidarité et de l’entraide sociale est un devoir dicté par cette appartenance.
La liberté, la garantie des services publics principaux, de la sécurité des personnes et des biens, de la souveraineté de la loi, de l’équité sociale et de l’acquisition d’une source de revenu de nature à préserver la dignité, l’intégration dans la culture… Tous ces droits se constituent également sur l’idée de la patrie et l’appartenance avec cette même évidence qui fait de la patrie et de l’appartenance une source de nos devoirs vis-à-vis du destin commun : responsabilité, citoyenneté, respect des règles de vie commune, lois, institutions, libértés des autres, leur dignité, l’intérêt collectif, sécurité de la patrie, souveraineté de la nation et son union.
La patrie unie, sécurisée, stable, où règnent les règles qui régissent la volonté collective de partager un destin commun, avec ses institutions et son histoire, sa culture, sa géographie, est le cadre suprême et unique, pour l’exercice de la différence et la confrontation démocratique d’idées et de projets qui s’inscrivent dans la philosophie d’une volonté de vie collective. L’opportunité de notre projet social-démocratique réside dans la revalorisation de l’idée de patrie et d’appartenance patriotique, dans l’éducation, l’enseignement et la formation de notre enfance et jeunesse, dans la diffusion et la généralisation de l’intégration à notre culture dans sa diversité et richesse, dans sa production intellectuelle et les relais de nos médias, dans nos programmes sociaux, nos dispositions économiques, dans la préservation de notre sécurité et la protection de notre souveraineté, dans nos relations et notre diplomatie. Notre projet social-démocrate propose la réhabilitation du sens de la politique, de l’adhésion collective, sur des bases claires. Conscients du danger du dérapage libéral sauvage, que nous proposons de contrer par le recours aux valeurs, aux références et la création de nouveaux mécanismes pour y faire face, le rectifier et amortir ses effets sur la société, nous considérons notre projet, notre identité, comme un rempart sur l’un des nombreux fronts de la débâcle qui nous guettent.
Le terrorisme qui a frappé notre pays le 16 mai 2003, de manière lâche et barbare, visait toutes les valeurs auxquelles nous croyons et les bases du projet que nous construisons ; le terrorisme barbare avait pour cible la stabilité de nos institutions, la sécurité de notre patrie, de nos citoyens et de leur vie, de leur liberté, de leur différence, de leur tolérance, de leur ouverture ; il voulait porter atteinte à notre économie, semer la terreur au sein de notre peuple, et paralyser la dynamique de notre transition démocratique. Oui, ce qui était visé est notre « exception marocaine ». Il ne s’agissait pas de « faits passagers », mais d’agression planifiée par les idéologues de l’intégrisme fasciste aveugle, bardé du discours de la rancune, des fatwas de meurtre et des maux de haine (…) Encore une fois, il faut dire que le combat contre cette idéologie totalitaire sanguinaire doit passer par le renforcement de la sécurité de notre patrie et la protection de la sécurité de ses enfants, l’anticipation de tout acte terroriste en mesure de menacer la liberté et la stabilité (…) Parallèllement à cela, le combat doit se mener sur le front intellectuel, culturel, politique, au plein sens du terme. Et là encore, notre projet social-démocratique propose le vaccin de l’immunité. La réponse doit également être la diffusion et l’enracinement des valeurs de liberté, de démocratie et de justice, de solidarité, de tolérance, d’ouverture et de paix (…) Il y a une vie qui mérite d’être vécue, envers et contre l’instinct de mort et la barbarie du meurtre (…) Là-bas, dans cette patrie, des hommes et des femmes, grands et jeunes qui se comptent par millions s’identifient à cet projet, adhèrent à ce rêve (…) croient que l’invention du possible et du beau est à portée de volonté (…) Tous ces gens, ce grand courant populaire, constituent l’avenir de notre parti, qui est appelé à ouvrir portes et fenêtres à ce grand courant populaire, pour lui donner la possibilité de construire le grand parti socialiste, le parti social-démocrate qu’il mérite.


Par Mohamed El Gahs
Membre du bureau politique de
l’Union socialiste des forces populaires



Le 23-9-2005

Drôle d’opposition. Et drôle de presse


Aujourdhui.ma 26/09/05

Un verre, ça va ….

Khalil Hachimi IdrissiDrôle d’opposition. Et drôle de presse. Elle donne des leçons de vertus. Elle donne des leçons de morale. Elle pontifie. Elle sait tout. Elle trompe son monde. Elle bidonne. Elle organise des faillites frauduleuses. Elle plagie. Elle fait chanter les gens.


L’affaire Fadel Iraki a plongé le microcosme médiatique marocain dans une profonde perplexité. Comment l’actionnaire du Journal Hebdomadaire, connu pour être un assureur et un commerçant en objets d’art, a basculé dans le délit de recel d’une manière aussi flagrante? Pensait-il que sa position dominante dans cette publication, commercialement positionnée dans l’opposition, pouvait lui assurer une quelconque impunité ? Difficile à croire. Estimait-il, peut-être, qu’à un certain degré de nuisance – assez relatif d’ailleurs - de sa publication sur le plan politique, il pouvait bénéficier d’une sorte d’immunité artistique et culturelle que rien, dans l’absolu, ne peut lever ? Cela est très improbable. Considérer que la malhonnêteté se conçoit d’une manière instinctive, comme les Arts primitifs, cela serait, dans le cas de cet esthète, une faute de goût. Quand on fait dans l’Assurance, la prévoyance devrait être une seconde nature.
On peut faire discrètement les poubelles de son voisin par ennui ou par recherche de plaisir interdit. On peut, aussi, par inadvertance, soulager de quelques croûtes le grenier d’un tonton malade. On peut également, par charité, délester de son argenterie une tante à l’article de la mort. Mais personne, me semble-t-il, n’a une vocation instantanée de cambrioler la cave d’un palais royal. Non, cela manque de hauteur. Cet acte doit avoir une signification autre. La délinquance, à ce niveau, doit probablement exprimer un engagement politique subtil.
Dans l’opposition à un régime comme le nôtre, on peut diviser le travail. L’un s’occupera, à coup d’offres de service, de la réforme de la Constitution et des conseils péremptoires et intempestifs de bonne gouvernance. Le deuxième s’intéressera à la primogéniture et à la refonte du système dynastique en attendant un vasistas personnel de lancement. Le troisième continuera à expérimenter, avec un peu plus de bonheur que par le passé, les swift bancaires dans l’espoir de percer une fois pour toutes les secrets de la haute finance et les mystères de Oukacha. Et le dernier s’occupera, tout simplement de la vaisselle de la monarchie jusqu’à la dernière carafe ou le dernier verre de cristal. Aujourd’hui, on va à la brocante comme hier on montait au front. C’est la période qui veut cela. La IVe Internationale des chineurs contre la Tricontinentale des pickpockets. Le parti des faussaires contre le Front de libération des escrocs.
Drôle d’opposition. Et drôle de presse. Elle donne des leçons de vertus. Elle donne des leçons de morale. Elle pontifie. Elle sait tout. Elle trompe son monde. Elle bidonne. Elle organise des faillites frauduleuses. Elle plagie. Elle fait chanter les gens. Une véritable association de malfaiteurs avec un journal «escroc-madaire» comme support idéologique. Une vraie chance pour ce pays qui n’en demande pas tant. Mais, il s’en remettra…


Le 26-9-2005
Par : Khalil HACHIMI IDRISSI


aujourdhui.ma 26/09/05

Sahara : le Maroc pose ses conditions



Taieb Fassi Fihri, ministre délégué aux Affaires étrangères et à la CoopérationLe Maroc est prêt à négocier avec le Polisario pour une solution politique. Cela passera par un accord d’autonomie soumis à une consultation populaire. Ce sont les grandes lignes de l’offre marocaine déclinée par Taieb Fassi Fihri.


Le Maroc est disposé à négocier avec le Polisario pour parvenir à un accord susceptible de mettre fin au conflit autour du Sahara marocain. C’est ce que déclare Taieb Fassi Fihri, ministre délégué aux Affaires étrangères et à la Coopération, à l’agence «Europa Press».
L’offre marocaine affirme que le Maroc est pour un accord qui définira les contours d’une large autonomie pour les régions du Sahara marocain. Accord que pourraient conclure les deux parties après une série de négociations avant de le soumettre à une consultation, ajoute Fassi Fihri pour qui une telle éventualité ne remettrait pas en cause le rôle de l’ONU, ni d’ailleurs la primauté de la légalité internationale.
Dans le compte rendu d’«Europa Press», Fassi Fihri affirme qu’un tel accord et une telle autonomie ne sauraient signifier indépendance ou intégration totale du Sahara marocain. Ledit accord, en plus, devra engager la responsabilité de l’Algérie qui a apporté, dès le début un appui diplomatique, financier et militaire au Polisario. D’ailleurs, ajoute Fassi Fihri, l’Algérie, qui maintient ses troupes dans les camps de Tindouf, continue d’empêcher le HCR de s’acquitter de ses missions et notamment celle de procéder à un recensement des séquestrés présentés comme « réfugiés» par le Polisario. Dans ses déclarations à «Europa Press», Fassi Fihri redit tout le mal que pense le Maroc du Plan Baker II et qui évoquait une autonomie de cinq ans suivie d’un référendum sur une éventuelle indépendance. Pour le Maroc, le blocage de ces dernières années provient justement de ce plan que le Maroc n’a jamais accepté et que l’Algérie continue à défendre. Pour Fassi Fihri, une normalisation entre le Maroc et l’Algérie ne pourrait intervenir avant une solution définitive au conflit autour du Sahara marocain.
C’est, selon le ministre délégué, pour dépasser ce blocage que le représentant spécial de Kofi Annan effectuera une tournée dans la région. Peter Van Walsum est attendu au Maroc entre le 11 et le 13 octobre prochain, à en croire l’agence espagnole. Dans les mêmes déclarations à cette agence, le ministre délégué aux Affaires étrangères et à la Coopération s’est exprimé sur les délégations espagnoles pro-Polisario refoulées de Laâyoune. Pour le responsable marocain, ces délégations, prétendant mener des investigations au Sahara marocain, ne sont pas partiales et ne cachent pas leur appui et sympathie pour le Polisario dont le plan d’action en Espagne prévoit d’ailleurs l’envoi d’une délégation par semaine pour «amplifier les problèmes». Toutefois, ajoute-t-il, le Maroc est prêt à accueillir une délégation parlementaire espagnole sur la base d’un programme et un agenda bien précis. Pour le moment, rien n’a été prévu dans ce sens, affirme le responsable marocain. Le Maroc, par la voix de son ambassadeur permanent à l’ONU, vient de clarifier les choses en ce qui concerne la campagne de diversion dont il a fait l’objet ces dernières semaines (lire ci-contre).
Pour en revenir à l’offre marocaine, cette dernière rappelle une initiative du président socialiste du gouvernement espagnol. L’année dernière, Zapatero avait établi un plan de règlement basé sur une autonomie élargie pour les régions du Sahara marocain. Cette autonomie, selon le président du gouvernement espagnol, devait être précédée d’un pacte négocié entre le Maroc et le Polisario, mais aussi d’une consultation populaire pour en asseoir la légitimité.
Plus que cela, Zapatero voulait placer cette initiative, sans renier le rôle de l’ONU, sous le parrainage de la France, de l’Espagne et des Etats-Unis auxquels s’ajouterait l’Algérie comme partie prenante au conflit. Une fois les pactes ficelé, il devrait être entériné par l’ONU alors que les pays pré-cités devaient veiller au respect, par chacune des parties, des clauses du pacte définissant par ailleurs le cadre juridique régissant les prérogatives du gouvernement central et de l’entité autonome. Le «Plan Zapatero» ne prévoyait nullement quelque règlement qui remettrait en cause la souveraineté marocaine et l’intégrité territoriale du Maroc. Dans son plan, aucune référence n’a été faite à une éventuelle indépendance du Sahara. Zapatero, dans son argumentaire, avançait la résolution du conflit comme préambule à la constitution d’un bloc maghrébin fort, partenaire de l’Europe avec une éventualité pour les pays parrains de contribuer financièrement pour la réussite de cette autonomie négociée.


Le 26-9-2005
Par : Mohamed Boudarham

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"Tous les Marocains doivent être consultés"


Mohamed MoâtassimSelon le professeur Mohamed Moâtassim, universitaire et spécialiste de l'affaire du Sahara, les résultats d'éventuelles négociations avec le polisario doivent être soumis à un référendum national.


ALM : Taïeb Fassi-Fihri a affirmé dans une interview accordée à l'agence espagnole Europa Press que le Maroc est prêt à entamer des négociations directes avec le polisario. Que pensez-vous de cette nouvelle position marocaine ?
Mohamed Moâtassim : L'affaire de notre intégrité territoriale est trop importante pour la soumettre à des spéculations ou à de simples hypothèses. Il me semble que notre pays a pris des engagements irréversibles, parce que basés sur une légitimité juridique et historique indiscutable. Maintenant, si une telle information se confirme, je tiens à rappeler que le dialogue direct avec le "polisario" se faisait jusqu'ici de façon secrète et informelle. Aussi, le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il y a sinon un changement, du moins une évolution notable dans la position officielle marocaine.

Vous semblez être sceptique, alors que le ministre délégué aux Affaires étrangères a précisé que les négociations avec le polisario ne se feraient que si l'Algérie engage sa responsabilité...
Je continue à penser que la position marocaine dénote d'une évolution notable, même si l'Algérie semble, à en juger par votre question, chapeauter le "polisario" en engageant sa responsabilité dans le nouveau dialogue avec le Maroc. A mon avis, tout cela reste à clarifier devant l'opinion publique marocaine exigeante, car on ne peut plus engagée et concernée par cette affaire sacrée, celle de notre intégrité territoriale.

Justement, Taïeb Fassi-Fihri a souligné que les résultats des négociations, c'est-à-dire le statut final de l'autonomie, seront soumis à un vote populaire. Qu'en pensez-vous ?
Nous sommes en droit de nous interroger, si vote il y a, sur l'identité des votants. Il est de notoriété publique que le vote local a déjà montré ses limites, il me semble complètement dépassé par les évènements. L'ONU et les parties connaissent pertinemment bien les problèmes liés à l'identification des électeurs. Il serait donc logique, compte tenu des principes et valeurs que le Maroc a toujours défendus, que les résultats des négociations et le statut de l'autonomie soient soumis à l'appréciation des Marocains, de Tanger à Lagouira.

Comment qualifiez-vous le flou qui caractérise cette nouvelle position marocaine, surtout concernant le volet de la consultation populaire ?
Nous ne voulons pas intenter un procès d'intention à nos officiels. Au contraire, le plus important dans ce changement de position, c'est d'impliquer entièrement la responsabilité algérienne et mettre un point final à cette affaire. En d'autres termes, il faut reconnaître que le Maroc vient, encore une fois, de donner à l'opinion publique internationale, la preuve de sa bonne foi et sa disponibilité constante à débloquer la situation, bien évidemment dans le respect total de sa souveraineté sur ses territoires.


Le 26-9-2005
Par : Abdelmohsin EL HASSOUNI

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ONU : la volte-face du Maroc


Visé par une campagne de propagande pro-séparatiste, le Maroc a décidé de faire volte-face via une lettre adressée au conseil de sécurité de l’ONU. Rabat y démonte les affabulations des ennemis du Royaume et remet la communauté internationale devant ses responsabilités.


Dans une lettre transmise au président du conseil de sécurité par l’ambassadeur permanent du Maroc à l’ONU, le Royaume apporte sa réponse suite à la campagne de dénigrement qui l’a visé, et qui le vise toujours, au sujet des présumés prisonniers politiques sahraouis en grève de la faim. La clarification marocaine affirme que le Royaume, dans le traitement du dossier de Tamek et ses amis, a réagi dans le strict respect des règles de droit et des procédures judiciaires assurant aux concernés des procès équitables. Le Maroc va même plus loin en affirmant que les recommandations des ONGs, tant nationales qu’internationales, ont été prises en considération et commencent à être concrétisées sur le terrain pour garantir à ces prisonniers des conditions d’incarcération plus adéquates. Lesdites recommandations ont trait à la surcharge carcérale qui n’est d’ailleurs pas propre qu’à la prison Lakhel de Laâyoune, le chef-lieu du Sahara marocain.
Toutefois, ce que le Maroc juge intolérable dans sa lettre-volte-face, ce sont les photomontages de la prison de Laâyoune ayant été au cœur de cette campagne de dénigrement. Photos qui impliquent, lit-on dans cette lettre, des personnes poursuivies pour des actes criminels comme les viols et le trafic de stupéfiants. Quant à Tamek et ses amis, il est précisé qu’ils sont poursuivis conformément à la loi pour des actes réprouvés de sabotage et d’atteinte aux biens publics et d’autrui. Le Maroc attire l’attention de la communauté internationale sur le fait que la campagne qui le vise actuellement, et depuis plusieurs semaines, coïncide avec des déclarations officielles rigides dont la finalité n’est autre que d’entraver le processus de recherche d’une solution politique acceptable pour toutes les parties.
L’allusion à l’Algérie est à peine voilée. Le Royaume,par la même lettre qu’il souhaite voir figurer comme document du Conseil de sécurité, affirme vouloir attirer l’attention de la communauté internationale quant aux tenants et aboutissants de la campagne qui le vise et notamment à la veille de la tournée, dans la région, de Van Walsum, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU. D’ailleurs, le Maroc réaffirme sa pleine disposition à pleinement coopérer avec l’ONU pour déboucher sur une solution définitive au conflit autour de son intégrité territoriale.Dans sa réplique à la campagne qui le vise, le Maroc ne s’est pas confiné dans la défense. La lettre adressée au Conseil de sécurité est un véritable réquisitoire, argumenté, contre les tortionnaires du Polisario, leurs soutiens algériens et les omissions de la communauté internationale. Le Royaume rappelle avoir honoré ses engagements depuis le cessez-le-feu, en libérant tous les prisonniers, y compris algériens, avoir répondu à toutes les demandes d’information du CICR concernant les allégations de disparition, entre autres. La lettre revient à la honteuse insensibilisation des prisonniers de guerre marocains avant leur libération, mais aussi aux violations que connaissent toujours les camps de Tindouf sous encadrement militaire algérien. Le Maroc demande que les coupables soient jugés, que les victimes soient indemnisées et que soit élucidé le sort des disparus. Il revendique également une réelle présence du HCR à Tindouf. Présence toujours entravée par l’Algérie.


Le 26-9-2005
Par : Mohamed Boudarham

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Éditorial : sortir de l’impasse


Omar DahbiEn présentant ce plan de solution, le Maroc prouve encore une fois sa volonté de débloquer le conflit artificiel du Sahara et met l’autre partie devant ses responsabilités.


Le Maroc a l’intention de présenter au nouveau représentant du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara, Peter van Walsum, une voie de solution pour le conflit artificiel provoqué autour de l’intégrité territoriale du Royaume. La solution que le Maroc va proposer au représentant onusien est de nature à permettre un déblocage de la situation, à parvenir rapidement à une solution et à tenir compte des préoccupations de la communauté internationale tout en préservant le droit inaliénable du Royaume sur ses provinces du Sud.
Les grandes lignes de la proposition marocaine ont été dévoilées par le ministre délégué aux Affaires étrangères, Taieb Fassi Fihri, dans des déclarations rapportées par l’agence de presse espagnole Europa Press.
Selon le responsable marocain, la voie de solution proposée par le Maroc consiste à engager des négociations avec le Polisario et l’Algérie sur une autonomie élargie dans les provinces du Sud et de soumettre par la suite le statut de ladite autonomie à une consultation populaire. Le ministre délégué a aussi précisé que tout ce processus devrait se faire dans le cadre des Nations Unies. Cette voie de solution présente deux particularités par rapport à toutes celles qui l’ont précédée. D’abord, en ce qui concerne la forme. Car, il s’agit de la première fois que le Maroc prend l’initiative de présenter un plan de solution. Avant, le Royaume se contentait de réagir aux propositions faites par les prédécesseurs de M. van Walsum. Ce fut le cas notamment pour les plans élaborés par l’ex-représentant personnel du secrétaire général de l’ONU, James Baker, dont les trois propositions de solution n’ont pas réussi à débloquer le conflit et ce pour une simple raison : elles n’étaient pas viables. D’autre part, il est certain que le plan de solution présenté par le Maroc a la particularité de répondre à toutes les exigences de la communauté internationale tout en préservant le principe de la souveraineté nationale sur ses territoires. Ainsi, le projet de solution respecte d’abord le principe de l’acceptation par les deux parties puisqu’il prône une négociation directe pour parvenir à un accord sur le statut de l’autonomie. Ensuite, il insiste sur la nécessité de faire valider les statuts de l’autonomie via une consultation populaire. Et troisièmement, il précise que tout le processus devrait avoir lieu sous les auspices des Nations Unies afin qu’il bénéficie de la légitimité internationale.
En présentant ce plan de solution, le Maroc prouve encore une fois sa volonté de débloquer le conflit artificiel du Sahara et met l’autre partie devant ses responsabilités. La balle est ainsi dans le camp de l’Algérie qui doit saisir cette opportunité qui se présente devant elle afin de pouvoir mettre fin à sa politique de déstabilisation de la région maghrébine et de pouvoir aller de l’avant dans la construction du projet de l’UMA.


Le 26-9-2005
Par : Omar DAHBI

Aujourdhui.ma 23/9/05


Jettou fait la chasse aux fausses dépenses

Driss JettouLe Premier ministre veut et exige plus de rigueur de la part de son équipe. Via une note, il vient d’appeler ses ministres à réduire le train de vie de leurs départements. Objectif : économiser 250 millions de dirhams pouvant servir à plus urgent.


Le Premier ministre veut, et exige, plus de rigueur de la part de son équipe. Il passe surtout à l’acte pour leur demander de réduire le train de vie de leurs départements respectifs pour faire face à d’autres exigences et contraintes plus pressantes. Selon nos informations, Driss Jettou vient d’adresser aux membres de son équipe une note d’orientation en relation avec la préparation de la loi de Finances 2006 et dans laquelle il leur demande de réduire au minimum leurs dépenses de fonctionnement. Sont notamment les dépenses d’électricité, de téléphone, de carburant et particulièrement les dépenses qu’impliquent les déplacements des ministres, et leurs collaborateurs, à l’étranger.
Dans sa note d’orientation, le Premier ministre évoque les grandes contraintes financières qu’impliquent le respect des engagements de l’exécutif en vertu des multiples accords successifs au dialogue social mais aussi la concrétisation des projets de l’INDH.
L’argentier du Royaume, lui, aurait fourni la meilleure illustration d’une telle réduction du train de vie des ministères. Les services de Fathallah Oualalou ont procédé à une petite simulation pour montrer que les deniers (ou une partie) « claqués » lors des voyages ministériels pouvaient servir à autre chose de plus important. Il ressort de cette simulation que, si les ministres réduisaient leurs déplacements à l’étranger, le manque à gagner serait de l’ordre de 250 millions de dirhams pour un seul exercice. Une petite comparaison fera parvenir à cette conclusion que le montant de ce manque à gagner est l’équivalent des budgets nécessaires pour mener à bien les projets du programme d’urgence de l’INDH, soit ceux prévus d’ici la fin de l’année en cours. Mais, que coûte en fait le voyage d’un ministre à
l’étranger ? Pas que des miettes à en croire les données dont nous disposons. En plus de son billet d’avion aller-retour, chaque ministre a droit à 2.500 DH par jour de frais de déplacement servant à couvrir leurs (éventuels) frais d’hébergement et de bouche. Précision importante, ces indemnités sont les mêmes pour toutes les destinations. Certains ministres trouvent même le moyen de s’octroyer plus. Le stratagème est des plus simples: pour un voyage qui durera 2 ou 3 jours, tel ou tel ministre se dira en voyage pour 5 ou 6 jours. Un ex-ministre de l’équipe Youssoufi nous confie que la pratique était courante parmi plusieurs membres du premier gouvernement d’Alternance même si Youssoufi se démenait à prêcher une approche plus raisonnable.
Certains « justifient » la chose par la différence entre le niveau de vie des pays visités. Une chambre d’hôtel ne coûte pas le même prix à Paris, qu’à Bamako ou Tokyo. Pas tout à fait vrai, rectifie un autre ex-ministre. Ce dernier affirme que la majorité des ambassades marocaines à l’étranger sont liées par des accords avec des hôtels. Chose qui permet des réservations avec des déductions de prix atteignant généralement 50 %.
Autre précision de taille : les indemnités de déplacement sont versées en devises.
Un ministre ne voyage pas seul. Généralement, il est entouré lors de ses pérégrinations par plusieurs collaborateurs et le déplacement de ces derniers coûte tout aussi cher. Pour un cabinard ou un responsable du ministère, l’indemnité journalière de déplacement à l’étranger est de 1.200 DH hors billet d’avion. Un voyage à l’étranger, pourquoi faire ? Dire que plusieurs de nos ministres voyagent presque sans «motif apparent» n’est pas exagéré. «Qu’irait faire le secrétaire d’Etat au Développement rural en Chine ?!», s’interroge un ex-responsable gouvernemental ?! Alors qu’une source associative dit se torturer les méninges pour comprendre l’attrait que des capitales occidentales (Bruxelles notamment) exercent sur la ministre déléguée chargée des RME ! La liste des interrogations de ce genre n’en finit pas de s’allonger.
Un membre de la délégation présidée par Youssoufi lors d’un voyage en Chine se souvient de l’embarras de l’homme au moment de passer aux choses sérieuses. Hommes d’affaires et quelques ministres étaient introuvables. Ils étaient partis faire du shopping !
Plusieurs autres sources, interrogées par ALM, évoquent carrément le cas de plusieurs membres de cabinets et conseillers ministériels qui sont constamment en voyage à l’étranger et pour de longues durées pour certains. Il y en aurait même qui ne remettent pas le pied au Maroc pour six mois ou un an tout en continuant à percevoir salaires et indemnités par virements en devises.
Même à l’intérieur du pays, un voyage ministériel coûte cher au contribuable. Le ministre, qui ne se déplace jamais seul, a à sa disposition tous les services extérieurs de son département, moyens humains et financiers compris. Anecdotique, les quelques classes d’une école rurale ou le dispensaire inaugurés en grande pompe reviennent parfois moins chers que le déplacement du ministre !
Si le Premier ministre se «permet» aujourd’hui de rappeler à l’ordre les membres de son équipe, c’est qu’il s’interdit personnellement d’abuser des voyages à l’étranger et des coûts que cela implique. A Driss Jettou, il est arrivé de se déplacer à Paris, Bruxelles, Tunis, Rome et Milan et d’être chez lui le même jour. Comme il lui est arrivé de prendre un jour et demi pour visiter le Mali ou le Niger. Parmi ses records, figure un voyage-éclair de 2 jours en… Thaïlande et en vol régulier. Le Premier ministre veut appliquer la même rigueur à son entourage puisqu’il limite le nombre de ses accompagnateurs à deux seulement. Quand cela s’impose.


Le 23-9-2005
Par : Mohamed Boudarham

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"Les ministres coûtent cher à l’Etat"



Driss BenaliPour Driss Benali, la réduction des dépenses de fonctionnement de l’Administration dépend de la mise en place d’un système de contrôle strict. Seule une décision politique forte peut amener certains hauts fonctionnaires à de la retenue. Entretien.


ALM : Le Premier ministre vient de demander une réduction des frais de fonctionnement des différents départements ministériels. Quel commentaire en faites-vous?
Driss Benali : Ce n’est pas une décision prise pour la première fois. De temps en temps, lorsque les caisses de l’Etat commencent à se vider, l’on pense systématiquement au poids considérable que constitue le fonctionnement de l’Administration marocaine. A commencer par le chiffre le plus parlant, celui de la masse salariale, qui constitue près de 13% du PIB, ce qui est énorme pour un pays en voie de développement comme le Maroc. Un pourcentage non encore atteint par des pays comme le nôtre, réputés pour le grand nombre de fonctionnaires, l’Egypte en l’occurrence où la masse salariale ne dépasse pas les 8%. Et ces fonctionnaires coûtent très cher à l’Etat. Non seulement en raison de leurs salaires, mais aussi en nature, à savoir la prise en charge de leurs dépenses en transports, téléphone et déplacement. Des avantages qui sont rarement accordés ailleurs. Impossible d’imaginer de payer le jardinier, le chauffeur ou le cuisinier d’un haut fonctionnaire dans des pays développés comme la France, le Canada ou les Etats-Unis.

Dans ce cas alors, pensez-vous que ces mesures seront-elles appliquées de manière stricte ?
L’Administration marocaine est très lourde à gérer ; difficile de la changer radicalement du jour au lendemain. C’est pour cela que ce genre de mesures ne seraient pas du tout prises au sérieux. L’on aurait tendance par exemple à laisser passer l’orage en attendant que tout rentre dans l’ordre, c’est-à-dire que l’on revient au train-train quotidien. A mon humble avis, ce n’est pas la nature des mesures à prendre qui pose problème. Rien à dire sur le fond et la nécessité de réduire ce genre de dépenses qui pénalisent beaucoup le budget de l’Etat. Je pense que tout le monde est d’accord là-dessus. Mais sur la forme, et sur la manière de prendre les décisions, il y a à faire. Il faudrait à mon avis procéder de manière beaucoup plus organisée et instaurer un système de contrôle strict. En matière de lutte contre les abus d’appels téléphoniques, pourquoi ne pas mettre en place un système de contrôle à l’américaine qui obligerait tout fonctionnaire à justifier ses appels. Et ce n’est qu’un exemple dont l’application pourrait être généralisée à d’autres domaines. Prenons un autre exemple, celui des déplacements de plus en plus fréquents des hauts responsables du gouvernement. Et bien, je dirais qu’ils ont tous tendance à faire dans l’excès de communication, tout en oubliant le fond du sujet à traiter.

Pensez-vous que ce genre de réductions des dépenses seront efficaces ?
Prendre ce genre de mesures et les appliquer est indéniablement une bonne chose. En effet, vu la conjoncture actuelle, toute économie est à prendre. Ce serait un bon point si l’on arrive à grignoter sur l’importante masse des dépenses de fonctionnement de l’Etat. En tout cas, ce ne sont pas nos partenaires internationaux, Banque Mondiale et Fonds monétaire international pour ne citer que ceux-ci, qui s’en plaindront.

Mais trop d’économie n’handicaperait-il pas le fonctionnement de l’Administration ?
Je ne le pense pas. Il suffit simplement de procéder de manière intelligente. Ce ne sont que les dépenses vraiment superflues qui doivent être supprimées. Prenons par exemple le cas de ces dizaines d’inaugurations faites par des ministres ou autres hauts responsables qui se déplacent en masse et en fanfare pour l’ouverture d’une crèche. Le coût de leur déplacement et de l’immobilisation de fonctionnaires locaux reviendrait peut-être beaucoup plus cher que le budget global du projet en question. Pourquoi ne pas travailler en silence et abandonner ces sources de dépenses très inutiles ?


Le 23-9-2005
Par : Fadoua GHANNAM


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Ces ministres voyageurs



Une mission à l’étranger est une occasion de découvrir d’autres pays. Au moment où le Premier ministre exige plus de rigueur de la part de son équipe, certains ministres continuent de passer de longs séjours sous d’autres cieux.


Joindre l’utile à l’agréable ! Une mission à l’étranger est une occasion en or pour certains ministres de passer du bon temps. D’autant plus que ces vacances « volées » sont aux frais de la princesse et se passent soi-disant dans le cadre d’une mission professionnelle.
Une manière de camoufler des dépenses supplémentaires au moment où le Premier ministre a été clair et net : il faut économiser 250 millions de dirhams. C’est ainsi que Driss Jettou a commencé par balayer devant sa porte, voulant donner l’exemple à suivre pour l’ensemble des membres de son équipe.
Des voyages allers-retours le jour même, le Premier ministre en a fait des dizaines. Au hit-parade des ministres qui passent de longs séjours à l’étranger, figurent en bonne place Mohamed Achâari et Nezha Chekrouni.
En fait, le ministre de la Culture adore l’Espagne et tient personnellement à assister à ses différentes manifestations culturelles. Mais le voyage le plus exotique qu’a effectué Mohamed Achâari au cours de cette année reste sans conteste sa tournée en Amérique latine.
Du Mexique et du Brésil, il s’est rendu à l’autre bout de la planète, le Japon. Certes, le pays du soleil levant est une région à découvrir et à redécouvrir ! Et des visites au Vieux Continent, on n’en parle même pas. Nezha Chekrouni, quant à elle, remporte la palme d’or des ministres les plus connus dans les aéroports d’ici et d’ailleurs.
Il est vrai qu’elle est ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération chargée des Marocains résidant à l'étranger et que ces derniers sont essentiellement en Europe.
Proximité oblige, Nezha Chekrouni se déplace constamment dans ces pays européens. Mais sa dernière ingénieuse trouvaille est sa toute récente visite à Montreuil où elle a expliqué les tenants et les aboutissants de l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH). En plus des MRE, elle a trouvé ainsi une raison de plus pour voyager en France et à Navarre. Plus ingénieux encore est la récente visite de Mohamed Mohattane à Pékin. Le voyage chinois du secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Agriculture, du Développement rural et des Pêches maritimes, chargé du Développement rural a duré cinq journées. Pékin est une grande ville, et il faut prendre son temps pour connaître ses coins et recoins.
Souvent à l’étranger, Mohamed Benaïssa est censé l’être de par sa fonction diplomatique. Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération n’est pourtant pas de ceux qui font d’une pierre deux coups : profiter d’une cérémonie de signature de tel ou tel projet de partenariat ou d’une tout autre occasion pour bronzer et faire du shopping dans des destinations de rêve.


Le 23-9-2005
Par : Atika Haimoud

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éditorial : Débauche financière



Abdellah ChankouPourquoi bouder son plaisir quand l’argent coule à flots ?


Le Premier ministre, Driss Jettou, vient de sensibiliser les membres de son équipe à la nécessité de diminuer les dépenses occasionnées par leur travail. En un mot, il s’agit de réduire le train de vie de l’État jugé trop somptuaire pour un pays réputé pauvre et aux finances moribondes. Objectif : dégager de l’argent pour l’Initiative nationale de développement humain. L’INDH est donc passée par là.
En effet, beaucoup de faux frais engagés à tous les étages pour parfois de pseudo activités. Ceci est un secret de polichinelle. Mais l’essentiel est de participer pour profiter surtout des actions annexes. Les anecdotes à ce sujet sont légion. Croustillantes. Réceptions fastueuses avec traiteur et tout le tralala, déplacements à l’étranger peu nécessaires pour ne pas dire bidon et repas en groupe dans les tables les plus luxueuses de la capitale. Pourquoi bouder son plaisir quand l’argent coule à flots ? Tout devient au contraire prétexte à forcer sur le budget alloué à chaque ministère. Et quand celui-ci est épuisé avant l’heure, certains n’hésitent pas à faire appel aux organismes sous tutelle qui à leur tour ne se privent pas. Je te tiens, tu me tiens par la barbichette… Mais qui contrôle ces dépenses superflues, qui les traque là où elles se trouvent ? Cette fièvre dépensière vient-elle de cette prise de conscience que la vie de ministre est si courte qu’il faut la brûler par les deux bouts ? Une chose est sûre : il est temps de rationaliser les dépenses de l’État pour une meilleure gestion et un rendement conséquent.
Ce n’est peut-être pas le cas de tous, mais il va sans dire qu’il est des ministres qui exagèrent en faisant de leur fonction un monde de privilèges, voire d’abus. Paradoxalement, ils font preuve de plus d’esprit d’initiative et d’ingéniosité quand il s’agit de voyages et autres séminaires que dans le travail pour lequel ils ont été nommés.
Un État qui a mis en place les départs volontaires dans la fonction publique pour réduire une masse salariale phénoménale et instauré l’horaire continu pour réaliser des économies d’énergie doit aussi songer sérieusement à surveiller sa ligne au quotidien. Une ligne devenue trop grasse au fil du temps pour ne pas décider à la rendre plus sportive. Sans vouloir verser dans la démagogie, il y a quelque chose d’indécent à continuer à ne pas faire un bon usage de l’argent public.
En fait, il y a beaucoup de déperdition dans l’air alors qu’il y a des économies importantes à faire également sur la consommation d’électricité dans les départements ministériels, les établissements publics ainsi que les services extérieurs. Mais qui s’en soucie ? Et puis, nombre de ministères et d’administrations rivalisent dans un autre domaine, celui de la construction dans le quartier Riad à Rabat de nouveaux sièges somptueux à coup de plusieurs milliards. Bonjour rigueur ! Où est la bonne gouvernance, expression actuellement à la mode et ressassée par les responsables , dans cette débauche de marchés et de charges ?


Le 23-9-2005
Par : Abdellah CHANKOU

الثلاثاء، شتنبر 20، 2005

Projet de loi sur les partis politiques.. divise la majorité gouvernementale

Al bayane 20/9/05

Projet de loi sur les partis politiques :

Des amendements qui risquent de diviser la majorité gouvernementale




Les groupes parlementaires peaufinaient, hier encore, leurs amendements au projet de texte réglementant les partis politiques. Côté majorité, l¹USFP et l¹Istiqlal ont confirmé la présentation commune des amendements. L¹Alliance socialiste a préparé les siens, alors que le RNI et la mouvance populaire travaillaient hier encore sur les projets d¹amendements.
La surprise est venue des «frères ennemis» de la dernière période. Les formations de Mohamed El Yazghi et d¹Abbas El Fassi ont accordé leurs violons pour présenter une liste commune visant à changer certains articles du projet de loi sur les partis politiques.
Mais le comble de l¹accord est que les deux partis s¹en tiennent au relèvement du seuil de 5%, figurant dans le projet, à 10% pour qu¹une formation politique puisse prétendre à l¹aide publique. L¹USFP a, apparemment, convaincu l¹Istiqlal d¹épouser sa première proposition, quoique Mohamed Aouad, le chef du groupe parlementaire istiqlalien, avait fléchi sa position en coupant la poire en deux. Après l¹intervention du ministre de l¹Intérieur, M. Aouad avait soutenu un seuil à 7,5%.
El Mostafa Sahel a fait le discernement entre «participation et exclusion» des autres partis.
Mais les Istiqlaliens ont été «entraînés ou convaincus» par les amis de l¹USFP pour revenir à leur première proposition...
Selon des sources concordantes, la liste commune d¹amendements élaborée par ces deux partis, remet la barre à 10%. Autrement dit, ils considèrent que seules les formations qui obtiendraient 10% et plus doivent jouir de l¹aide aux partis, une aide destinée essentiellement au pluralisme politique. Par définition, l¹aide doit, en principe, profiter à ceux qui manquent de moyens.

RNI et MP : seuil à 5%

Le Rassemblement national des indépendants (RNI) et la Mouvance populaire, autres formations appartenant à la majorité actuelle, semblent satisfaits par le seuil proposé par le texte en discussion, soit 5%.
Ces deux rassemblements ont organisé hier à la Chambre des représentants des études sur la question. Le RNI serait pour le maintien des 5%.
La Mouvance populaire refuse la barre des 10% qu¹elle juge «excessive et excluante des petites formations», nous déclare M. Sentissi, membre du bureau de la Chambre des représentants. Mais, estime-t-il, il ne faut pas, non plus, faire descendre le seuil à 3%.
Lors du dernier scrutin législatif de 2002, l¹USFP, l¹Istiqlal et le PJD ont réalisé un taux tournant autour de 13, 12 et 11%, respectivement, des voix.
Le RNI et la Mouvance populaire se situaient à près de 10%.
En clair, la mise de la barre des 10% ne devrait pas profiter à tous ces cinq partis. Aucune certitude n¹existe surtout avec les multiples divergences internes et les scènes de ménage étalées en public...
Le PPS, lui, accepte le seuil de 5%, tout en présentant un amendement de la clause transitoire relative à l¹octroi de l¹aide publique aux partis qui fusionnent. L¹aide doit, également, selon l¹amendement, profiter jusqu¹à 2007 aux «partis unis, qui présentent leurs statuts communs».
Un autre amendement de l¹Alliance socialiste concerne «l¹instrumentalisation politique de la religion». Un garde-fou contre les dérapages et l¹exploitation du flou du texte en discussion.
D¹autres amendements concernent le renouvellement des directions des partis politiques et l¹accroissement de la représentativité féminine de sorte qu¹«aucun sexe ne doit excéder les deux tiers dans une structure dirigeante».
En tout cas, la majorité gouvernementale se présente encore désunie autour de ce projet.
Attendons vendredi prochain pour savoir les derniers rebondissements ou revirements.

A.D.

Le PPS piégé par l'USFP et l'Istiqla

Lematin.ma

Le PPS piégé par l'USFP et l'Istiqlal
19.09.2005 | 17h32

Projet de loi sur les partis

Une fois de plus, la Koutla se donne en spectacle et pas des plus glorieux. L'USFP et l'Istiqlal d'un côté et le PPS de l'autre se déchirent autour d'une disposition clé du projet de loi sur les partis. Alors que tout le monde pensait que le passage du projet de loi devant la commission de l'Intérieur de la Chambre des Représentants n'allait être qu'une simple formalité, de profondes divergences sont apparues entre les partenaires de la Koutla notamment en ce qui concerne le seuil de représentativité et d'éligibilité à l'aide publique. La proposition contenue dans le projet de loi fixe ce seuil à 5 % des voix.

Chose qui, apparemment, n'était pas pour satisfaire «les grands partis».
L'USFP et l'Istiqlal, jusque-là en bisbille, s'unissent et préparent conjointement des amendements visant à élever le seuil des voix à 10 %. Les deux poids lourds de la Koutla tournent le dos à leur «petit frère». Selon un membre du bureau politique de l'USFP, les deux partis sont dans une logique de «grands partis». Il est donc normal qu'ils visent à mettre la barre encore plus haut afin de réduire le nombre des partis éligibles à l'aide financière de l'Etat et par-là même amoindrir leur chance de briguer les suffrages des électeurs…

Le PPS, lui, n'est pas dupe et il le fait savoir…plutôt énergiquement. Il juge les propositions de ses deux alliés injustes et surtout antidémocratiques. Moulay Ismaïl Alaoui, son secrétaire général, ne mâche pas ses mots : «Nous refusons catégoriquement que le seuil de représentativité soit ramené à plus de 5 %. D'ailleurs, si nous prenons les statistiques des dernières élections, aucun parti quelle que soit sa taille n'a pu dépasser les 10 %». Une réalité que le PPS se plaît à répéter. «L'attitude de nos alliés est incompréhensible.

C'est de la forfanterie politique», juge, un peu amer, Moulay Ismaïl Alaoui.
D'ailleurs, la position du secrétaire général du PPS est relayée dans les colonnes de la presse du parti. En effet, depuis quelques jours déjà, aussi bien Al Bayane que Bayane Al Yaoum consacrent leur «Une» à ce problème. Hier lundi, l'éditorial des deux quotidiens rappelle qu'au Maroc «nous sommes encore au stade des essais pour la mise en place des mécanismes de fonctionnement de cette démocratie pour laquelle tant de sacrifices ont été consentis par les forces vives de la nation». D'ailleurs, la position du secrétaire général du PPS est relayée dans les colonnes de la presse du parti.

En effet, depuis quelques jours déjà, aussi bien Al Bayane que Bayane Al Yaoum consacrent leur «Une» à ce problème. Hier lundi, l'éditorial des deux quotidiens rappelle qu'au Maroc «nous sommes encore au stade des essais pour la mise en place des mécanismes de fonctionnement de cette démocratie pour laquelle tant de sacrifices ont été consentis par les forces vives de la nation».

Avant de continuer plus loin «qu'il est périlleux de chercher à réduire au silence les courants sur la seule base de leur faible représentativité électorale». Si l'USFP et l'Istiqlal ne sont pas nommément accusés de vouloir imposer leur diktat, la formulation de l'éditorial le laisse penser.

Du côté de l'USFP, les choses sont on ne peut plus claires.
Son journal annonce dans l'édition de samedi-dimanche que le groupe parlementaire socialiste s'accrochera à sa position initiale demandant de relever le seuil de représentativité à 10 %.

Les usfpeistes ne veulent rien savoir et forts de l'appui inespéré de l'Istiqlal, ils promettent d'être intraitables sur la question…quitte à marcher sur les décombres de la Koutla.



Karim Douichi | LE MATIN

Sahel veut changer le mode de scrutin

Aujourdhui.ma 19/09/05

Sahel veut changer le mode de scrutin

El Mostafa Sahel, ministre de l'IntérieurPlusieurs partis politiques, notamment le RNI et ceux de la mouvance populaire, souhaitent le retour de l'uninominal, éventuellement à deux tours. Mais le PJD est pour le maintien du scrutin de liste.


Le ministre de l'Intérieur, El Mostafa Sahel, a annoncé aux députés que les pourparlers entre le gouvernement et les structures partisanes, au sujet de la modification du code électoral, débuteront juste après l'adoption du projet de loi relatif aux partis politiques.
Cette annonce a été faite à l'occasion de la discussion en commission de l'Intérieur à la Chambre des représentants de ce projet de loi tant attendu et qui réglemente la création et le fonctionnement des formations politiques.
Pour ce qui est du code électoral, il y a en fait deux points importants qui font l'objet d'intenses discussions entre les partis politiques. Il s'agit du mode de scrutin et du seuil de représentativité. Pour ce dernier, bon nombre de grands partis souhaitent l'augmenter de 5 %, actuellement, à 10%, afin de mettre un terme à la balkanisation. Pour ce qui est du mode de scrutin, tout d'abord, rappelons que le Maroc a testé pour la première fois le mode de scrutin de liste à l'occasion des dernières élections législatives de septembre 2002. Date à laquelle le Maroc a rompu avec le mode de scrutin uninominal, un système traité de tous les noms et considéré comme le catalyseur de la corruption et du phénomène de l'achat des voix. Pour les prochaines consultations, celles de 2007, certains partis politiques souhaitent revenir à l'ancien système, l'uninominal. C'est le cas de la mouvance populaire. Fortement implantés dans le monde rural, les Harakis ont énormément souffert du mode de scrutin de liste.
Pour le député MP de Taounate, Ahmed Zarouf, "le problème dans les zones rurales est incontestablement celui de l'accessibilité". Et pour cause, le scrutin de liste sous-entend une circonscription électorale immense. Ce qui n'est pas le cas pour l'uninominal. Force est de constater que le mode de scrutin de liste a énormément favorisé le PJD, qui bénéficie d'un électorat fidèle, certes réduit mais concentré dans les grandes villes. Le problème de l'accessibilité ne se pose absolument pas pour le PJD. Ce qui fait dire à Lahcen Daoudi, député du PJD, que "le Maroc doit maintenir le système de scrutin de liste en agrandissant encore plus les régions. C'est pour cette raison que certains partis politiques, notamment ceux de la gauche et du centre, militent pour le retour à l'uninominal. C'est le cas du PPS et du RNI. Pour le président du Rassemblement, Ahmed Osman, "le mode de scrutin mérite d'être changé". Et d'ajouter: "nous avons exprimé ce vœu du temps de l'ancien Premier ministre, Abderrahmane Youssoufi". Ahmed Osman estime ainsi que "le mode de scrutin uninominal est le mieux adapté aux réalités" politiques et sociales du Maroc. D'où la proposition du RNI d'instaurer un système mixte qui unit entre le scrutin uninominal à un tour (50 % des sièges du Parlement) et le scrutin de liste (50 % restants) comme cela se passe en Allemagne.
Certains partis comme le Mouvement populaire et le FFD estiment que le mode de scrutin qui convient le mieux au Maroc est sans doute l'uninominal à deux tours. Cette position est également partagée par des députés de l'USFP et de l'Istiqlal. Mais leurs formations respectives n'ont pas encore tranché sur la question. En effet, le mode de scrutin uninominal à deux tours aurait en fait deux avantages. Tout d'abord, il permet au jeu des alliances de fonctionner au deuxième tour. Engagés de manière individuelle, les partis qui partagent les mêmes idéaux ou les mêmes intérêts (gauche, Koutla, majorité gouvernementale, opposition…) peuvent s'entraider si l'un d'eux est en ballottage. C'est le cas particulièrement de la gauche. Par conséquent l'USFP pourrait être le plus grand bénéficiaire de ce système. En revanche, le PJD risque de trinquer. Justement, "c'est le deuxième avantage du scrutin de liste", soulignent des députés de gauche. A titre d'exemple, si le PJD passe au deuxième tour avec 10 % des voix, en duel avec l'USFP qui compte 8 % des voix, la formation de Mohamed El Yazghi est quasiment sûre de remporter le siège grâce au soutien des partis de gauche.
Quant au PJD, ses chances seront théoriquement nulles, à moins qu'une défaillance ait lieu dans les rangs des partis dits "progressistes". En fait, tout ceci reste théorique. Car le PJD a prouvé qu'il était capable de rafler les mises. Même avec un scrutin uninominal, ses candidats peuvent passer, haut la main, au premier tour.
Aussi, le mode de scrutin de liste règle un problème épineux pour les chefs de partis. Ces derniers se trouvent face à plusieurs demandes d'accréditation pour une même circonscription. En supprimant le mode de scrutin de liste, et partant en réduisant la taille des circonscriptions, ces chefs de partis peuvent ainsi répondre favorablement aux multiples demandes.
Par ailleurs, et indépendamment des enjeux électoralistes, il est certain que le scrutin uninominal, qu'il soit à un ou à deux tours, permet l'émergence de liens importants entre les électeurs et les élus. Plus la circonscription est grande, plus les rapports entre le citoyen et son représentant sont faibles.En somme, le ministère de l'Intérieur devrait prendre en considération toutes ces données, et même plus.


Le 19-9-2005
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Scrutin uninominal : à un ou à deux tours ?

Si le système de liste est pratiquement le plus simple de tous les modes électoraux, qu'il soit à un tour ou à deux tours, il peut changer énormément les résultats des élections.


Les débats autour des modes de scrutin s'expliquent souvent par la difficulté de concilier plusieurs buts. Pour les "proportionnalistes", un système électoral doit donner une image fidèle de la situation politique. En revanche pour les "majoritaires", il vise à désigner une majorité d'élus capable de gouverner de manière confortable et sereine. Au-delà de la répartition des sièges, le choix du mode de scrutin influence donc la vie politique. On choisit le mode de scrutin en fonction de la carte politique qu'on souhaite avoir pour notre pays. C'est ainsi que cet instrument technique s'avère être au même titre que le découpage électoral, un moyen politique pour favoriser tel ou tel courant, ou même telle ou telle région.
Le scrutin uninominal est un système où les électeurs choisissent le nom d'un seul candidat parmi plusieurs autres.
Le scrutin uninominal peut être à un tour, lorsque le candidat arrivant en tête, quel que soit le nombre de voix, est élu. Il peut être à deux tours : si le candidat n'a pas obtenu la majorité absolue (+ de 50% des voix) au 1er tour, il est procédé à un 2ème tour, où la majorité relative est suffisante.
Dans le scrutin uninominal à un tour, celui qui obtient le plus de voix emporte le siège. Cela a l'avantage de la simplicité. Dans un pays où l'analphabétisme atteint des degrés faramineux, le scrutin uninominal épargne aux électeurs des explications techniques difficilement assimilables.
Par ailleurs, dans le scrutin uninominal, la représentation géographique des partis influence beaucoup le résultat final.
C'est ainsi qu'un petit parti très bien implanté dans une circonscription peut être représenté au Parlement. Alors qu'un parti ayant une très bonne couverture au plan national peut se voir privé de sa victoire car ses suffrages sont trop dispersés.
Par ailleurs, certains pays adoptent des modes de scrutin mixtes qui cherchent à cumuler les avantages des deux méthodes (uninominal et liste) et à en limiter les inconvénients. Ils combinent les deux mécanismes, mais avec une grande diversité.
Par exemple, le mode de scrutin utilisé en France pour les élections municipales dans les communes de plus de 3.500 habitants vise à assurer une majorité au vainqueur, permettre des alliances entre les deux tours et donner une représentation aux minoritaires. A l'issue du deuxième tour, la liste en tête obtient la majorité des sièges, les autres étant répartis entre les listes de deuxième tour selon la proportionnelle.


Le 19-9-2005
Par : Abdelmohsin EL HASSOUNI

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Zaïdi : «En finir avec la balkanisation»

Le député USFP, Ahmed ZaïdiPour Ahmed Zaïdi, membre USFP de la commission parlementaire qui se penche sur le projet de loi sur les partis, le découpage électoral est aussi important que le mode de scrutin. Des réajustements restent à faire.


ALM : Que reprochez-vous, à l’USFP, au projet de loi sur les partis ?
Ahmed Zaïdi : D’abord, il ne faut pas oublier que ce projet de loi a fait l’objet de concertations avant d’atterrir au Parlement. Cette manière de faire a des aspects positifs, mais négatifs aussi. Elle facilite le travail, mais, en même temps, a permis à tous les partis de défendre leurs points de vue sur un pied d’égalité sans considération pour le poids réel de chaque formation politique. La deuxième remarque est que cela risque de remettre en cause le rôle du législatif qui en est réduit à apporter des retouches et à approuver. C’est une pratique qui doit être bannie dans un Etat démocratique sinon à quoi serviraient le Parlement et ses commissions ? C’est une question de forme, mais elle n’en est pas moins importante. Sur le fond, je relève que les partis politiques, après tant d’années, n’ont pas réussi à se saisir de l’initiative. Notre groupe a fait une proposition qui n’a pas été retenue. L’initiative, pour résumer, devait revenir aux acteurs politiques et non pas au ministère de l’Intérieur. C’est pour dire le flagrant manque d’initiative et de coordination.
Toutefois, il faut reconnaître qu’une grande différence existe entre la première mouture et celle soumise actuellement au Parlement. Le gouvernement a largement pris en considération les remarques des partis politiques.
Pour le présent texte, et malgré de grands efforts, il n’a pas apporté de réponse satisfaisante pour le fond du problème de la corruption du champ politique et l’usage de l’argent lors des échéances électorales. Ni d’ailleurs pour le problème des transfuges. Dans tout cela, nous ne devons pas oublier les élus communaux et ceux des conseils préfectoraux et régionaux. Comment se fait-il que des gens qui n’ont pu se faire élire à la première chambre se retrouvent à la deuxième alors qu’ils n’ont aucune représentativité dans leurs régions?!
Dans le présent texte, il est écrit qu’il est interdit à tout élu de changer de parti après les élections, mais une étrange jurisprudence lui permet de constituer un groupe indépendant. C’est la porte ouverte à tous les dépassements et à tous les casse-tête.

Que pensez-vous du mode de scrutin actuel ?
Viendra le moment où l’on parlera de cet aspect et nous espérons que ce moment sera choisi en temps opportun. Si vous voulez mon avis, le scrutin de liste, sans être sûrement le plus adapté, a ce côté positif qu’il a contribué à réduire la corruption et la balkanisation du paysage politique. Nous devons tirer toutes les conclusions et décider en conséquence.
Pour moi, on ne saurait parler de réforme sans une révision du découpage électoral. De véritables crimes ont été commis dans plusieurs régions où le découpage a été fait sur mesure ou pour répondre à des considérations purement personnelles. L’exemple de Bouznika est des plus éloquents dans ce sens. Les habitants de cette ville vont étudier à Rabat, s’y faire soigner, payer leurs factures d’eau et d’électricité parfois et nous gardons toujours le 037 comme indicatif téléphonique. Toutefois, bouznika relève toujours de la région Chaouia-Ouardigha et Settat, son chef-lieu !

Quels sont les principaux points de discorde autour de ce projet de loi ?
Il y a d’abord l’importance donnée au rôle du ministère de l’Intérieur et une certaine teinte sécuritaire trop exagérée parfois. L’article 62, portant sur la mise à niveau dans deux ans, pose également problème. Nous espérons que lors des amendements, le délai de grâce de deux ans soit réduit. Nous espérons que le ministère de l’Intérieur accepte un amendement dans ce sens sinon cette loi risque de ne pas être complètement applicable lors des échéances électorales de 2007.

Qu’en est-il alors du seuil de représentativité ?
Nous demandons que ce seuil soit porté entre 7 et 10 %. Mon avis personnel est qu’un seuil de 10 % est raisonnable si l’on veut pousser pour la constitution de pôles forts et mettre fin à la balkanisation du paysage politique. Cela poussera aussi les petits partis à chercher des coalitions. Notons, pour donner un exemple bien précis, que le seuil de 3 % n’a pas résolu le problème et il n’y a qu’à voir la mosaïque politique qui constitue la formation politique de M. Jettou.
Avec ses lacunes et ses aspects positifs, ce projet de loi reste un grand pas sur la voie de la consolidation de la démocratie dans notre pays.
Il ne résoudra pas tous les problèmes et il y a toujours un travail colossal qui attend les partis, l’Etat et la société pour la moralisation de la vie politique y compris au sein des formations politiques. Et reste aussi une grande question : y a-t-il encore une place et un rôle pour la deuxième chambre qui a été à la source de véritables calamités pour la politique au Maroc ?

Le 19-9-2005
Par : Mohamed Boudarham


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Couverture
Éditorial : Scrutin

Abdellah ChankouIl est vrai qu’un mode de scrutin, au-delà de son aspect technique, peut s’avérer, conjugué à un découpage donné, un moyen politique pouvant favoriser certains partis au détriment d’autres.


Les élections législatives s’approchent mais l’ambiance demeure plombée. Rien n’indique dans le comportement des partis politiques que le Maroc vivra bientôt, en 2007, une nouvelle expérience électorale. Certes, la mobilisation bat son plein autour de la loi sur les partis qui à cause du retard pris bénéficiera d’une session extraordinaire prévue la fin du mois pour voter en plénière un texte dont les effets ne commenceront pourtant qu’après 2007.
En fait, ce qui intéresse dans l’immédiat les états-majors des formations politiques, c’est le mode de scrutin et le découpage électoral qui va avec. En effet, nombre d’acteurs du paysage partisan ont regretté la suppression du scrutin uninominal à un seul tour au profit du scrutin de liste lors des dernières élections communales et législatives. Une réforme introduite par le gouvernement d’alternance, motivée chez son chef Abderrahmane Youssoufi par cette volonté de pousser les électeurs à voter pour des partis et des programmes plutôt que pour des individus. Mais ce serait sans compter avec la capacité des candidats à dévoyer un système qu’ils ont réussi à vider de sa substance. Du coup, c’est la course vers les têtes de liste assurées de victoire sur fond de compétition malsaine où les arguments ne sont pas forcément ceux que l’on croit.
Cette situation a donné lieu y compris chez les grands partis à des déchirements et des arbitrages vécus par les exclus comme une grande injustice. Sans oublier le maintien des travers véhiculés par l’ancien mode comme l’achat des voix et la séquestration d’élus à l’occasion notamment des élections de bureau des présidents de commune. En un mot, on n’a modifié que la forme mais le fond est resté inchangé ou presque. Il est vrai qu’un mode de scrutin, au-delà de son aspect technique, peut s’avérer, conjugué à un découpage donné, un moyen politique pouvant favoriser certains partis au détriment d’autres. Ainsi du scrutin uninominal à deux tours qui a aujourd’hui les faveurs de formations comme l’USFP et l’Istiqlal. Ce mode d’élection a ceci d’avantageux qu’il favorise les alliances entre partis de la même famille. On comprend dès lors pourquoi une formation comme le PJD, qui fera cavalier seul, tient plutôt au système de liste car au second tour de l’uninominal les islamistes ne bénéficieraient pas d’un report de voix pouvant être décisif et favorable pour des partis optant au préalable pour des alliances. Il n’y a que des partis très implantés dans le monde rural comme la mouvance populaire à revendiquer le retour au scrutin uninominal à un seul tour. La raison en est officiellement la facilité qu’une notabilité locale à aller labourer une petite circonscription qui devient immense et donc difficile à “travailler“ dans le scrutin de liste. La vérité c’est que l’ancien mode permet à chaque notabilité de garder son petit fief où il est connu et d’éviter ainsi le casse-tête de la liste qui ne peut pas permettre à une flopée de candidats du même calibre d’occuper tous la position convoitée.


Le 19-9-2005
Par : Abdellah CHANKOU