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الاثنين، شتنبر 26، 2005


aujourdhui.ma 26/09/05

Sahara : le Maroc pose ses conditions



Taieb Fassi Fihri, ministre délégué aux Affaires étrangères et à la CoopérationLe Maroc est prêt à négocier avec le Polisario pour une solution politique. Cela passera par un accord d’autonomie soumis à une consultation populaire. Ce sont les grandes lignes de l’offre marocaine déclinée par Taieb Fassi Fihri.


Le Maroc est disposé à négocier avec le Polisario pour parvenir à un accord susceptible de mettre fin au conflit autour du Sahara marocain. C’est ce que déclare Taieb Fassi Fihri, ministre délégué aux Affaires étrangères et à la Coopération, à l’agence «Europa Press».
L’offre marocaine affirme que le Maroc est pour un accord qui définira les contours d’une large autonomie pour les régions du Sahara marocain. Accord que pourraient conclure les deux parties après une série de négociations avant de le soumettre à une consultation, ajoute Fassi Fihri pour qui une telle éventualité ne remettrait pas en cause le rôle de l’ONU, ni d’ailleurs la primauté de la légalité internationale.
Dans le compte rendu d’«Europa Press», Fassi Fihri affirme qu’un tel accord et une telle autonomie ne sauraient signifier indépendance ou intégration totale du Sahara marocain. Ledit accord, en plus, devra engager la responsabilité de l’Algérie qui a apporté, dès le début un appui diplomatique, financier et militaire au Polisario. D’ailleurs, ajoute Fassi Fihri, l’Algérie, qui maintient ses troupes dans les camps de Tindouf, continue d’empêcher le HCR de s’acquitter de ses missions et notamment celle de procéder à un recensement des séquestrés présentés comme « réfugiés» par le Polisario. Dans ses déclarations à «Europa Press», Fassi Fihri redit tout le mal que pense le Maroc du Plan Baker II et qui évoquait une autonomie de cinq ans suivie d’un référendum sur une éventuelle indépendance. Pour le Maroc, le blocage de ces dernières années provient justement de ce plan que le Maroc n’a jamais accepté et que l’Algérie continue à défendre. Pour Fassi Fihri, une normalisation entre le Maroc et l’Algérie ne pourrait intervenir avant une solution définitive au conflit autour du Sahara marocain.
C’est, selon le ministre délégué, pour dépasser ce blocage que le représentant spécial de Kofi Annan effectuera une tournée dans la région. Peter Van Walsum est attendu au Maroc entre le 11 et le 13 octobre prochain, à en croire l’agence espagnole. Dans les mêmes déclarations à cette agence, le ministre délégué aux Affaires étrangères et à la Coopération s’est exprimé sur les délégations espagnoles pro-Polisario refoulées de Laâyoune. Pour le responsable marocain, ces délégations, prétendant mener des investigations au Sahara marocain, ne sont pas partiales et ne cachent pas leur appui et sympathie pour le Polisario dont le plan d’action en Espagne prévoit d’ailleurs l’envoi d’une délégation par semaine pour «amplifier les problèmes». Toutefois, ajoute-t-il, le Maroc est prêt à accueillir une délégation parlementaire espagnole sur la base d’un programme et un agenda bien précis. Pour le moment, rien n’a été prévu dans ce sens, affirme le responsable marocain. Le Maroc, par la voix de son ambassadeur permanent à l’ONU, vient de clarifier les choses en ce qui concerne la campagne de diversion dont il a fait l’objet ces dernières semaines (lire ci-contre).
Pour en revenir à l’offre marocaine, cette dernière rappelle une initiative du président socialiste du gouvernement espagnol. L’année dernière, Zapatero avait établi un plan de règlement basé sur une autonomie élargie pour les régions du Sahara marocain. Cette autonomie, selon le président du gouvernement espagnol, devait être précédée d’un pacte négocié entre le Maroc et le Polisario, mais aussi d’une consultation populaire pour en asseoir la légitimité.
Plus que cela, Zapatero voulait placer cette initiative, sans renier le rôle de l’ONU, sous le parrainage de la France, de l’Espagne et des Etats-Unis auxquels s’ajouterait l’Algérie comme partie prenante au conflit. Une fois les pactes ficelé, il devrait être entériné par l’ONU alors que les pays pré-cités devaient veiller au respect, par chacune des parties, des clauses du pacte définissant par ailleurs le cadre juridique régissant les prérogatives du gouvernement central et de l’entité autonome. Le «Plan Zapatero» ne prévoyait nullement quelque règlement qui remettrait en cause la souveraineté marocaine et l’intégrité territoriale du Maroc. Dans son plan, aucune référence n’a été faite à une éventuelle indépendance du Sahara. Zapatero, dans son argumentaire, avançait la résolution du conflit comme préambule à la constitution d’un bloc maghrébin fort, partenaire de l’Europe avec une éventualité pour les pays parrains de contribuer financièrement pour la réussite de cette autonomie négociée.


Le 26-9-2005
Par : Mohamed Boudarham

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"Tous les Marocains doivent être consultés"


Mohamed MoâtassimSelon le professeur Mohamed Moâtassim, universitaire et spécialiste de l'affaire du Sahara, les résultats d'éventuelles négociations avec le polisario doivent être soumis à un référendum national.


ALM : Taïeb Fassi-Fihri a affirmé dans une interview accordée à l'agence espagnole Europa Press que le Maroc est prêt à entamer des négociations directes avec le polisario. Que pensez-vous de cette nouvelle position marocaine ?
Mohamed Moâtassim : L'affaire de notre intégrité territoriale est trop importante pour la soumettre à des spéculations ou à de simples hypothèses. Il me semble que notre pays a pris des engagements irréversibles, parce que basés sur une légitimité juridique et historique indiscutable. Maintenant, si une telle information se confirme, je tiens à rappeler que le dialogue direct avec le "polisario" se faisait jusqu'ici de façon secrète et informelle. Aussi, le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il y a sinon un changement, du moins une évolution notable dans la position officielle marocaine.

Vous semblez être sceptique, alors que le ministre délégué aux Affaires étrangères a précisé que les négociations avec le polisario ne se feraient que si l'Algérie engage sa responsabilité...
Je continue à penser que la position marocaine dénote d'une évolution notable, même si l'Algérie semble, à en juger par votre question, chapeauter le "polisario" en engageant sa responsabilité dans le nouveau dialogue avec le Maroc. A mon avis, tout cela reste à clarifier devant l'opinion publique marocaine exigeante, car on ne peut plus engagée et concernée par cette affaire sacrée, celle de notre intégrité territoriale.

Justement, Taïeb Fassi-Fihri a souligné que les résultats des négociations, c'est-à-dire le statut final de l'autonomie, seront soumis à un vote populaire. Qu'en pensez-vous ?
Nous sommes en droit de nous interroger, si vote il y a, sur l'identité des votants. Il est de notoriété publique que le vote local a déjà montré ses limites, il me semble complètement dépassé par les évènements. L'ONU et les parties connaissent pertinemment bien les problèmes liés à l'identification des électeurs. Il serait donc logique, compte tenu des principes et valeurs que le Maroc a toujours défendus, que les résultats des négociations et le statut de l'autonomie soient soumis à l'appréciation des Marocains, de Tanger à Lagouira.

Comment qualifiez-vous le flou qui caractérise cette nouvelle position marocaine, surtout concernant le volet de la consultation populaire ?
Nous ne voulons pas intenter un procès d'intention à nos officiels. Au contraire, le plus important dans ce changement de position, c'est d'impliquer entièrement la responsabilité algérienne et mettre un point final à cette affaire. En d'autres termes, il faut reconnaître que le Maroc vient, encore une fois, de donner à l'opinion publique internationale, la preuve de sa bonne foi et sa disponibilité constante à débloquer la situation, bien évidemment dans le respect total de sa souveraineté sur ses territoires.


Le 26-9-2005
Par : Abdelmohsin EL HASSOUNI

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ONU : la volte-face du Maroc


Visé par une campagne de propagande pro-séparatiste, le Maroc a décidé de faire volte-face via une lettre adressée au conseil de sécurité de l’ONU. Rabat y démonte les affabulations des ennemis du Royaume et remet la communauté internationale devant ses responsabilités.


Dans une lettre transmise au président du conseil de sécurité par l’ambassadeur permanent du Maroc à l’ONU, le Royaume apporte sa réponse suite à la campagne de dénigrement qui l’a visé, et qui le vise toujours, au sujet des présumés prisonniers politiques sahraouis en grève de la faim. La clarification marocaine affirme que le Royaume, dans le traitement du dossier de Tamek et ses amis, a réagi dans le strict respect des règles de droit et des procédures judiciaires assurant aux concernés des procès équitables. Le Maroc va même plus loin en affirmant que les recommandations des ONGs, tant nationales qu’internationales, ont été prises en considération et commencent à être concrétisées sur le terrain pour garantir à ces prisonniers des conditions d’incarcération plus adéquates. Lesdites recommandations ont trait à la surcharge carcérale qui n’est d’ailleurs pas propre qu’à la prison Lakhel de Laâyoune, le chef-lieu du Sahara marocain.
Toutefois, ce que le Maroc juge intolérable dans sa lettre-volte-face, ce sont les photomontages de la prison de Laâyoune ayant été au cœur de cette campagne de dénigrement. Photos qui impliquent, lit-on dans cette lettre, des personnes poursuivies pour des actes criminels comme les viols et le trafic de stupéfiants. Quant à Tamek et ses amis, il est précisé qu’ils sont poursuivis conformément à la loi pour des actes réprouvés de sabotage et d’atteinte aux biens publics et d’autrui. Le Maroc attire l’attention de la communauté internationale sur le fait que la campagne qui le vise actuellement, et depuis plusieurs semaines, coïncide avec des déclarations officielles rigides dont la finalité n’est autre que d’entraver le processus de recherche d’une solution politique acceptable pour toutes les parties.
L’allusion à l’Algérie est à peine voilée. Le Royaume,par la même lettre qu’il souhaite voir figurer comme document du Conseil de sécurité, affirme vouloir attirer l’attention de la communauté internationale quant aux tenants et aboutissants de la campagne qui le vise et notamment à la veille de la tournée, dans la région, de Van Walsum, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU. D’ailleurs, le Maroc réaffirme sa pleine disposition à pleinement coopérer avec l’ONU pour déboucher sur une solution définitive au conflit autour de son intégrité territoriale.Dans sa réplique à la campagne qui le vise, le Maroc ne s’est pas confiné dans la défense. La lettre adressée au Conseil de sécurité est un véritable réquisitoire, argumenté, contre les tortionnaires du Polisario, leurs soutiens algériens et les omissions de la communauté internationale. Le Royaume rappelle avoir honoré ses engagements depuis le cessez-le-feu, en libérant tous les prisonniers, y compris algériens, avoir répondu à toutes les demandes d’information du CICR concernant les allégations de disparition, entre autres. La lettre revient à la honteuse insensibilisation des prisonniers de guerre marocains avant leur libération, mais aussi aux violations que connaissent toujours les camps de Tindouf sous encadrement militaire algérien. Le Maroc demande que les coupables soient jugés, que les victimes soient indemnisées et que soit élucidé le sort des disparus. Il revendique également une réelle présence du HCR à Tindouf. Présence toujours entravée par l’Algérie.


Le 26-9-2005
Par : Mohamed Boudarham

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Éditorial : sortir de l’impasse


Omar DahbiEn présentant ce plan de solution, le Maroc prouve encore une fois sa volonté de débloquer le conflit artificiel du Sahara et met l’autre partie devant ses responsabilités.


Le Maroc a l’intention de présenter au nouveau représentant du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara, Peter van Walsum, une voie de solution pour le conflit artificiel provoqué autour de l’intégrité territoriale du Royaume. La solution que le Maroc va proposer au représentant onusien est de nature à permettre un déblocage de la situation, à parvenir rapidement à une solution et à tenir compte des préoccupations de la communauté internationale tout en préservant le droit inaliénable du Royaume sur ses provinces du Sud.
Les grandes lignes de la proposition marocaine ont été dévoilées par le ministre délégué aux Affaires étrangères, Taieb Fassi Fihri, dans des déclarations rapportées par l’agence de presse espagnole Europa Press.
Selon le responsable marocain, la voie de solution proposée par le Maroc consiste à engager des négociations avec le Polisario et l’Algérie sur une autonomie élargie dans les provinces du Sud et de soumettre par la suite le statut de ladite autonomie à une consultation populaire. Le ministre délégué a aussi précisé que tout ce processus devrait se faire dans le cadre des Nations Unies. Cette voie de solution présente deux particularités par rapport à toutes celles qui l’ont précédée. D’abord, en ce qui concerne la forme. Car, il s’agit de la première fois que le Maroc prend l’initiative de présenter un plan de solution. Avant, le Royaume se contentait de réagir aux propositions faites par les prédécesseurs de M. van Walsum. Ce fut le cas notamment pour les plans élaborés par l’ex-représentant personnel du secrétaire général de l’ONU, James Baker, dont les trois propositions de solution n’ont pas réussi à débloquer le conflit et ce pour une simple raison : elles n’étaient pas viables. D’autre part, il est certain que le plan de solution présenté par le Maroc a la particularité de répondre à toutes les exigences de la communauté internationale tout en préservant le principe de la souveraineté nationale sur ses territoires. Ainsi, le projet de solution respecte d’abord le principe de l’acceptation par les deux parties puisqu’il prône une négociation directe pour parvenir à un accord sur le statut de l’autonomie. Ensuite, il insiste sur la nécessité de faire valider les statuts de l’autonomie via une consultation populaire. Et troisièmement, il précise que tout le processus devrait avoir lieu sous les auspices des Nations Unies afin qu’il bénéficie de la légitimité internationale.
En présentant ce plan de solution, le Maroc prouve encore une fois sa volonté de débloquer le conflit artificiel du Sahara et met l’autre partie devant ses responsabilités. La balle est ainsi dans le camp de l’Algérie qui doit saisir cette opportunité qui se présente devant elle afin de pouvoir mettre fin à sa politique de déstabilisation de la région maghrébine et de pouvoir aller de l’avant dans la construction du projet de l’UMA.


Le 26-9-2005
Par : Omar DAHBI