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الجمعة، شتنبر 09، 2005

Ramid : « Le PJD a perdu son âme »

http://www.emarrakech.info/Ramid-Le-PJD-a-perdu-son-ame-_a5539.html



Mustapha Ramid, trublion du PJD, rue une fois encore dans les brancards. Il soutient que « l'espace institutionnel ne permet pas un exercice sain et transparent de la politique ».




En septembre 2004, le parti a choisi de rejeter votre élection à la présidence du groupe parlementaire alors qu'il n'y a pas eu d'intervention du ministère de l'intérieur. Peut-on en déduire que le PJD s'est Makhzanisé ?

Premièrement, le parti n'a rien décidé dans ce sens. Au contraire les militants étaient contre cette décision. C'est le secrétariat général qui a fait ce choix. Il faut rappeler que le débat entre les membres du secrétariat général ne portait pas sur les capacités de Ramid à gérer le groupe parlementaire ou sur la possibilité de l'élection d'une autre personne à ce poste. Mais les discussions portaient sur l'intervention de l'année précédente du ministère de l'Intérieur. Mes pairs ont anticipé la colère du pouvoir. Cette attitude est beaucoup plus dangereuse. Dans ce cadre, je voudrais rappeler que le docteur Khatib a toujours refusé de discuter l'intervention du ministère de l'Intérieur. Chose que l'actuel secrétaire général n'a pas osé faire. Le Conseil National avait rejeté toute intervention du pouvoir dans les choix du parti. Malheureusement, certains de mes camarades ont renié les conclusions du Conseil National. C'est une des raisons pour laquelle je n'assiste plus aux réunions du secrétariat général.


Votre règlement intérieur précise que le Conseil National est l'instance suprême du parti…


Effectivement, le Conseil National est l'instance la plus importante après le congrès. Ses décisions doivent être exécutées par le secrétariat général. Chose qui n'a pas été faite.


Dernièrement, Abdelillah Benkirane a déclaré que vous ne dites pas tout concernant votre éviction de la présidence du groupe parlementaire. Qu'en dites-vous ?

Je respecte le frère Benkirane et effectivement je n'ai pas tout dit. Et je ne crois pas que Benkirane a, également, tout dit. Un homme politique choisit parfois d'éviter de tout dévoiler. J'attends que mon frère Benkirane rectifie ce qu'il avait déclaré dans cette interview. Dans le cas contraire, je serai obligé de dires certaines vérités.


Dernièrement, certains dirigeants de votre parti ont été contacté par le ministère de l'Intérieur. Trois sujets ont été abordés : le Sahara, la dernière sortie médiatique de Nadia Yassine et le cas de Moulay Hicham. Qu'en pensez-vous ?

Effectivement cette rencontre a eu lieu et ces thématiques ont été abordées. Cela dit, je ne peux pas concevoir un Etat où les responsables ne discutent pas avec les chefs de partis. Je ne suis pas contre le principe. J'ai été l'un des premiers à rencontrer des ministres de l'Intérieur. J'ai eu des rencontres avec Basri, Midaoui, Jettou, Sahel et j'avais une bonne relation avec El Himma. Le plus important est de garder son indépendance. Ce que je refuse ce sont les pressions exercées par le ministère de l'Intérieur pour imposer aux leaders politiques d'abandonner leurs convictions. Parfois, certains hommes politiques, je ne parle pas de mes frères du PJD, acceptent les directives de l'Etat par pure servilité et parfois pour en tirer profit. Le ministère de l'Intérieur m'a demandé des choses par le passé. J'ai parfois accepté de les aider, mais aussi j'ai refusé. Je crois, d'ailleurs, qu'ils ont essayé de m'éloigner parce que je leur disais non.


Cela fait plus d'un an que vous boycottez les réunions des instances dirigeantes de votre parti...

Je n'ai jamais suspendu mon appartenance au PJD. Mais pour des raisons politiques, je n'assiste plus aux réunions du secrétariat général. Cela dit, je participe à plusieurs activités organisées par les instances de mon parti…


N'y a-t-il pas une contradiction dans votre approche ?

Absolument pas. Ma vision politique diffère complètement de celle de certains de mes pairs du secrétariat général. Je ne veux pas être responsable ou cautionner la manière dont cette période est gérée. Je ne suis pas d'accord avec les choix politiques de l'instance dirigeante du PJD. Comme vous le savez, le PJD a été attaqué de toutes parts après les attentats du 16 mai 2003. Il y a eu des pressions de la part de l'Etat pour que le PJD revienne sur ses choix idéologiques et politiques. Pis, on lui a suggéré l'éviction de certains de ses responsables. En clair, le pouvoir ne voulait plus que Mustapha Ramid occupe un poste de responsabilité au sein du PJD. En l'occurrence, la présidence du groupe parlementaire du parti. Dans un premier temps, j'ai accepté cette approche parce que le pays passait par une période délicate et il fallait éviter toute confrontation avec le pouvoir. Mais, malheureusement, les dirigeants de mon parti ont fait de cette approche la politique du PJD. Lors du vote de la présidence du groupe parlementaire en septembre 2003, le secrétariat général a rejeté mon élection alors que les députés m'avaient élu. Dans tous les cas, j'ai des réserves concernant l'attitude du parti, ses choix et sa gestion politique…


Vous parlez de réserves. Concrètement, quels reproches faites-vous aux dirigeants du PJD ?

En général, les partis politiques sont mis à l'écart au Maroc. Les institutions constitutionnelles, le Parlement et le gouvernement, ne sont pas capables de prendre des décisions politiques fortes qui peuvent changer la vie des Marocains. Un parti qui se dit démocratique et qui milite pour un vrai changement devrait, d'abord, s'inquiéter des insuffisances constitutionnelles que connaît le pays. Il doit chercher à améliorer cette situation pour permettre l'émergence d'institutions démocratiques. Malheureusement, ni le PJD ni les autres partis ( la majorité et l'opposition) n'ont essayé d'aborder le sujet. La classe politique a abandonné son rôle. En conséquence, nous vivons dans un déséquilibre institutionnel qui soulève des problèmes politiques, économiques et sociaux.


Lors des universités d'été du PJD, vous êtes revenu sur les priorités que le parti devait prendre en considération. Peut-on dire que Mustapha Ramid a mis en avant son programme ?

Ce que j'ai constaté est que le parti vit une crise réelle. D'abord sa popularité baisse de jour en jour et en plus on a constaté que le nombre des nouveaux adhérents a chuté considérablement. Le PJD a connu un recul palpable...


Pour quelles raisons ?

Je vais m'attarder sur quelques points qui me semblent les plus importants. En étant un parti avec un référentiel islamique, le PJD doit s'attarder sur la question de l'Identité, qui doit être ouverte sur l'Occident tout en respectant notre culture arabo-musulmane. Le PJD doit absolument défendre l'émergence d'une vraie démocratie et il doit intervenir pour un respect strict des droits de l'Homme. Nous devons, également, nous attarder sur la moralisation de la vie publique. Après le 16 mai 2003, le discours du PJD s'est repositionné sur la question du développement économique. Mais le problème est qu'au Maroc les partis politiques ne peuvent appliquer aucun programme, qu'il soit politique, économique ou social...


Pourquoi ?

Parce que les partis politiques, le Parlement, le gouvernement ont un rôle très limité. Nous vivons dans un système constitutionnel où un seul acteur a toutes les cartes en main. La preuve n'est autre que l'Initiative nationale pour le développement humain. Elle a été initiée par Sa Majesté qui a demandé au gouvernement de l'appliquer en consultant les partis et le Parlement. Le souverain a demandé aux partis de préparer leurs programmes de 2007 tout en prenant en considération l'application de l'Initiative National pour le développement humain. Finalement, celui qui propose la politique n'est autre que Sa Majesté et personne d'autre. Parler de développement économique sans évoquer la problématique de la démocratie et de la réforme constitutionnelle, cela est comparable à la politique de l'autruche.


Est-ce dans ce sens que vous avez appelé à une réforme constitutionnelle ?

Les raisons de la nécessité d'une réforme constitutionnelle sont multiples. L'Etat a lancé plusieurs réformes d'ordre judiciaire et le temps est venu pour un vrai changement constitutionnel qui permettra l'émergence d'institutions stables et indépendantes.

Le ministre délégué à l'Intérieur, Fouad Ali El Himma, a déclaré récemment que la constitution permet au Roi de choisir le Premier ministre sans aucune contrainte. Qu'en pensez-vous ?

C'est l'approche d'une démocratie factice. L'article 24 de la constitution qui donne le droit au souverain de nommer le Premier ministre doit avoir une interprétation démocratique. Il y a l'article 2 de la constitution qui précise que la souveraineté est populaire et que le peuple jouit de cette souveraineté directement à travers les référendums et indirectement à travers les institutions constitutionnelles. Il y a une institution qui a été élue par un suffrage universel. L'Etat a lui-même reconnu que les dernières élections ont été libres et démocratiques, sans revenir sur la réduction de la participation du PJD, le peuple a donc exprimé son choix. Démocratiquement cette carte politique devait être respectée dans le choix du Premier ministre. De plus, l'article 24 de la constitution marocaine est identique à l'article 8 de la constitution française. En France, la carte politique est toujours respectée. Au Maroc on organise des élections qui coûtent de l'argent à la nation, qui mobilisent des milliers de personnes, où des millions de marocains se déplacent pour exprimer leur choix politique et à la fin, on fait appel à un technocrate à la primature.Dire que le souverain a le droit de choisir un Premier ministre en dehors de la sphère politique pose un problème réel. A qui peut-on demander des comptes après cinq années d'exercices gouvernemental ? Est-ce que Driss Jettou, avec tout le respect que j'ai pour son travail, sera évalué ? Peut-il être sanctionné par les urnes ? Y a-t-il un seul pays démocratique au monde qui a un Premier ministre nommé en dehors de la sphère politique et sans le respect des urnes ? Je ne le crois pas.


Pensez-vous que le PJD doit rentrer au gouvernement en 2007 ?

Ceux qui nous gouvernent ne sont certainement pas les partis ou le gouvernement. Un parti qui se respecte doit, dans un premier temps, chercher par tous les moyens à réformer la constitution. Si ce but est atteint, il doit se préparer pour convaincre le peuple et accepter sa sanction en cas d'échec.


Quelle sera votre position si le PJD accepte de participer à un gouvernement ?

Je ne pense pas que le Conseil Nation du parti acceptera cette approche dans les circonstances actuelles. Cela serait possible s'il y a une formation d'un gouvernement d'Union Nationale.


Le PJD tiendra un nouveau congrès en 2006 après la promulgation de la loi sur les partis. Quelle sera votre attitude lors de ce congrès ?

Les congrès ne sont pas des rendez-vous pour discuter des questions de fond. C'est une rencontre où on organise des élections. Il faut que la compétition ne soit pas autour des personnes, mais elle doit mettre en avant des programmes. Si on votait pour un programme, je soutiendrais la personne qui a les mêmes idées que moi.


Vous revenez assez souvent sur la question du respect des droits de l'Homme. Peut-on dire qu'aujourd'hui au Maroc on est loin d'un Etat de droit ?

Il y a de grandes avancées dans ce sens. La liberté de la presse a connu une grande évolution. La preuve, on s'exprime, aujourd'hui, sans aucune crainte. Cela dit, les disparitions de prisonniers salafistes sont toujours de mise. Plusieurs cas de torture ont été soulevé. La création d'association dépend toujours du bon vouloir de l'Etat et les procès sont en général non équitables. Le cas d'Ali Lmrabet est le plus flagrant. D'ailleurs, je voudrais revenir sur le dernier jugement d'Ahmed Benchemsi, même si je ne suis pas d'accord avec la ligne éditorial de Tel Quel, son procès n'a pas été équitable. La justice marocaine n'est pas du tout indépendante


Quelle votre position concernant le dossier du Sahara ?

Il est important de permettre à la classe politique d'agir dans ce dossier. Faire appel à une association qui manifeste pour la libération des prisonniers marocains n'est pas la meilleure attitude. Le rôle des partis ne doit pas rester minime, mais il doit être central. Pour éviter l'embrasement dans la région, le Maroc devrait négocier directement avec le Polisario et consolider des relations avec l'Algérie dans tous les domaines afin de créer une dynamique qui permettra la résolution du problème.


A vous écouter il parait impossible de faire de la politique dans ce pays. Pourquoi continuez vous alors....

Je ne dis pas qu'il est impossible de faire de la politique. Mais si la situation constitutionnelle n'évolue pas et si le parti ne prend ses responsabilités je ne me présenterai pas aux élections de 2007. La situation actuelle me pousse à envisager de quitter la politique puisque la situation au Maroc ne permet pas d'agir dans un environnement démocratique.


Posté par alawni le 08/09/2005 21:32

Mr Ramid peut avoir les opinions qu'il veut , qu'il s'agisse de ses rapports avec son parti ou ses critiques vis-à-vis de l'application des principes de la démocratie dans notre pays , mais ce dont je ne suis absoment pas d'accord , c'est son incitation à "négocier" avec "le polisario" , qu'est-ce qu'il y a à négocier avec ce rejeton de l'Algérie ???
Il s'agit de notre intégrité territoriale et le problème véritable est avec l'Algérie qui justement veut donner l'impression qu'elle n'est pas concernée. De plus quid de l'oppression des peuples kabyles et touarègue? , pourquoi l'Algérie est comme une lionne blessée lorsqu'on soulève ces deux cas??? tout simplement parce qu'elle sait défendre ce qu'elle considère comme des affaires internes. Quant à la récupération de notre territoire de Tindouf , si vous le soulevez , elle vous rit au nez , et semble prête à raser notre pays , si nous osons rien qu'y penser. Un peu plus de patriotisme Mr Ramid , oubliez vos propres intérêts politiques quand il s'agit de notre cause nationale..
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Posté par a le 09/09/2005 12:46
Mr Alawni

je vois que vous êtes élevé en donneur de leçons politique et de patriotisme ..même si je vois que vos connaissance en la matière vous fais défaut..

que dire du gouvernement marocains et de plusieurs ONG et marocains et journalistes qui n'ont lancé une idée similaire .. mais qu'ils l'ont exécuter même..

je ne sais pas ..si tu as entendu parler des reunions de Huston en USA entre des représentants de la Royaume et dudit polisario.. sinon tu as doit beaucoup apprendre..mon ami


Cher ami , l'intégrité de nos territoires c'est sacré pour tous les marocains ..et quinconque ne peut en faire son apanage , ..mais l'ingéniosité c'est comment assurer nos acquis dans un environnement internationale et économique tres précaire..

j'ai hâte de savoir c'est tu as une petite idée de nous faire sortir de cette situation et de l'illivisibilité que notre cause en pâtie

j'attend cher ami..le grand patiote de notre pays

Mohamed