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الثلاثاء، أكتوبر 18، 2005

Le retour en force de Mustapha Ramid

Aujourdhui.ma

Le retour en force de Mustapha Ramid


Le député PJD, Mustapha RamidL’avocat casablancais a été désigné, par son parti, président de la commission de la justice et des droits de l’Homme à la première Chambre. La chose a surpris plus d’un et beaucoup estiment que l’homme n’a pas l’étoffe pour le poste.


Mustapha Ramid, député PJD de Casablanca, présidera la commission permanente de la Justice et des droits de l’Homme à la première Chambre du Parlement. Cette décision a été prise par le secrétariat général du PJD annonçant par la même occasion que Lahcen Daoudi a été désigné troisième vice-président de cette même Chambre.
Le PJD, dans un communiqué «expéditif», affirme que ces décisions ont été prises par son secrétariat général conformément à l’article 4 du règlement interne du groupe parlementaire islamiste.
Pour Abdeljabbar El Kastalani, député PJD de Tiznit, cette désignation, comme celle de Abdellah Baha à la présidence du groupe, ne va nullement à l’encontre de la démocratie interne du parti puisque basée sur le règlement interne du groupe parlementaire amendé récemment. C’est ce même règlement qui a servi pour porter Abdellah Baha à la présidence du groupe PJD même si Mohamed Najib Boulif (Tanger) l’avait dépassé en nombre de voix lors du vote des députés. Le secrétariat général a tranché en faveur du premier. Le deuxième semble s’être résigné après quelques coléreuses déclarations dans la presse nationale.
Le PJD est arrivé à la présidence de la commission de la Justice et des droits de l’Homme après le «désistement» de l’USFP. Le règlement veut que les premiers partis à la Chambre des représentants soient également les premiers servis pour le choix des commissions permanentes à présider. C’est ainsi que le choix de l’UMP (Union des mouvances populaires) s’est de nouveau porté sur la commission de l’Intérieur pour y reconduire Mohamed Moubdi’e. L’Istiqlal en a fait de même en (re) choisissant la commission des finances. Troisième parti au classement, l’USFP a changé la donne en «laissant tomber» la commission de la Justice et des droits de l’Homme pour jeter son dévolu sur celle des secteurs sociaux. Le député Abdelkader El Benna (président sortant de cette commission) est ainsi «sacrifié » pour ne pas «gêner le ministre de la Justice issu du même parti », indique une source de l’USFP. Les amis d’Elyazghi ont opté pour Abdeljalil Boukettassa (député de Taza) pour présider la commission des secteurs sociaux.
Quatrième sur la liste, le PJD a opté pour la commission dont la présidence va finalement échoir à Mustapha Ramid.
Pour plusieurs observateurs, c’est un retour en grâce de cette «grande gueule» du PJD après une traversée de désert depuis 2003. A la rentrée politique de cette année, Ramid démissionne de son poste de président du groupe parlementaire pour « éviter des tracas supplémentaires» au PJD. En 2004, il sera écarté de ce poste au profit du même Abdellah Baha et sera privé de ses mémorables sorties lors de plusieurs polémiques dans l’enceinte de l’hémicycle. Il poussera la « rébellion » jusqu’à sécher les réunions de son parti pour un certain temps.
Ramid, avocat qui a ce «plus» d’allier études en droit et en théologie comme bon nombre de cadres du PJD, aura la difficile tâche de présider une commission au travail sensible et décisif pour plusieurs aspects de la vie des Marocains. Il aura à siéger à côté de Mohamed Bouzoubaâ, le ministre de la Justice qu’il compte parmi ses «pires ennemis» et qu’il a longtemps critiqué lors de plusieurs procès de groupes terroristes.
Pour plusieurs observateurs, Ramid présidera, mais n’aura pas les mains libres puisqu’il sera entouré de députés (une bonne soixantaine) de tous les partis politiques. Le poste vaudra plutôt par sa symbolique, mais aussi en guise de bonne formation pour l’avocat PJD. « Pourquoi ne pas y voir une occasion pour lui d’acquérir de l’expérience en traitant plusieurs affaires et dossiers ? Qu’est-ce qui l’empêcherait d’avoir des prétentions pour le département de la Justice dans l’avenir ? », s’interroge Said El Akhal, spécialistes des mouvements islamistes marocains.
Pour un de ses confrères, robe noire du barreau de Rabat, Ramid maîtrise bien le jeu de la surenchère et sait bien quand il faut tenir tel ou tel autre propos. Pour cet avocat, Ramid pourra réussir sa mission en ayant, présentes à l’esprit, les références sociale et moderniste aux côtés de la référence religieuse dont il s’érige en défenseur, à maintes reprises.
Selon l’article 30 du règlement interne de la première Chambre, la commission de la Justice et des droits de l’Homme est composé de 60 membres. Elle traite de plusieurs aspects dont la justice et les droits de l’Homme, mais aussi de questions diverses comme les missions de la Haute cour des comptes et des affaires administratives. Le bureau de cette commission compte un représentant par parti et prévoit quatre députés pour seconder le président. Cette commission comme les autres d’ailleurs, et selon des règles bien définies, peut convoquer un ministre, un haut commissaire ou haut fonctionnaire de l’Etat quand le travail de la commission l’exige. Les patrons des groupes étatiques ou semi-étatiques sont également concernés. Ils sont convoqués en présence des ministres de tutelle.


Le 17-10-2005
Par : Mohamed Boudarham

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Lakhal : «Ramid a des positions radicales»


Saïd LakhalL’islamologue Saïd Lakhal estime que la désignation de Mustapha Ramid à la tête de la Commission de la justice et des droits de l'Homme au Parlement est une revanche également pour un député appelé à laisser ses positions radicales de côté. Le PJD ne pourrait qu’en tirer profit. Entretien.


ALM : Le député Mustapha Ramid vient d'être désigné au poste de président de la Commission de la justice et des droits de l'Homme à la Chambre des représentants. Quel commentaire en faites-vous?
Saïd Lakhal : La nomination de Mustapha Ramid à la tête d’une Commission aussi importante que la Justice et les droits de l’Homme pourrait constituer une belle opportunité pour le Parti de la justice et du développement pour redorer son blason en matière de défense de ces droits. Ce parti qui, à plusieurs reprises, à justement été critiqué en ce qui concerne ses positions vis-à-vis de la gestion de ce dossier. Une condition doit cependant être réunie pour arriver à cet objectif, à savoir l’exploitation de M. Ramid de son nouveau poste à cet effet. Le nouveau président de cette Commission doit ainsi savoir gérer les différents dossiers et affaires dans lesquels il doit statuer. Cette nomination représente en outre une occasion pour Mustapha Ramid de se réconcilier avec lui-même et avec le ministère de l’Intérieur représentant l’Etat marocain. Une opportunité également pour ce député connu pour ses sorties médiatiques incendiaires de laisser de côté son radicalisme.

D'après vous, cette nomination constituerait-elle une revanche pour Mustapha Ramid ?
Certainement. Mustapha Ramid est un représentant du peuple marocain à la Chambre des représentants. Il a donc, en toute démocratie, le droit de se présenter aux élections des présidents de Commission. Remporter ces élections est également son propre droit garanti par la loi s’il a recueilli la majorité des voix exprimées.
Maintenant, il est clair que si M. Ramid continue dans cette voie d’entêtement qui est la tienne depuis longtemps, il ne manquera pas de mettre son parti dans l’embarras. Et son éviction de la tête de cette Commission parlementaire ne tarderait pas. Par contre, si ce député islamiste a bien assimilé le contenu du discours royal prononcé à l’occasion de l’ouverture de la session parlementaire, ses différentes prises de positions connaîtront certainement un grand changement.

A deux reprises, Mustapha Ramid a été écarté de la présidence du groupe parlementaire du PJD, alors qu'il a été choisi par les autres députés. Pourquoi cette réhabilitation aujourd'hui ?
Il est tout à fait certain que le Parti de la justice et du développement a ses propres calculs et stratégies allant dans le sens de la promotion de l’image d’un parti modéré qui ne constitue nullement une menace pour la stabilité du pays. Mais il est important de signaler dans ce sens que la présidence de la Commission de la justice et des droits de l’Homme ne garantit pas une totale liberté d’action et de prise de décisions, comme c’est le cas pour la présidence du groupe parlementaire.
En Commission, le président est tenu de prendre compte de l’avis des différents membres et ne pourrait en aucun cas prendre une décision unilatérale.

Peut-on taxer Mustapha Ramid d'islamiste modéré ? Sa présidence d'une Commission aussi sensible ne pourrait-elle pas causer des problèmes au vu de ses précédentes prises de positions ?
Mustapha Ramid est très connu pour ses positions radicales au sein du Parti de la justice et du développement. C’est d’ailleurs ce qui a causé son éviction de la tête du groupe parlementaire de cette formation. Il a certainement dû tirer des enseignements de ces précédentes mésaventures. Ceci tout en n’omettant pas les aspirations du parti à faire partie du gouvernement. La présidence d’une Commission aussi importante ne pourrait que lui permettre de faire preuve de modération et de parfaite homogénéité avec les institutions constitutionnelles et politiques du pays. L’on pourrait également supposer que Mustapha Ramid nourrit des ambitions pour le ministère de la Justice.


Le 17-10-2005
Par : Fadoua GHANNAM

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Ramid : la polémique comme obsession


L’avocat et député islamiste Mustapha Ramid a toujours associé son image à la polémique et au discours de l’aile radicale du Parti de la Justice et du Développement (PJD).


Comme chaque année, depuis plus de huit ans, il ne pouvait pas laisser passer l’occasion de la rentrée politique sans faire parler de lui. Fidèle à lui-même, le député PJD Mustapha Ramid a tenu cette année aussi à se faire remarquer en provoquant la polémique sur la prestation de sa formation politique qu’il vient de qualifier de médiocre dans une déclaration à un hebdomadaire de la place.
C’est cette manie de vouloir attirer l’attention sur soi, d’éviter à tout prix de passer inaperçu et d’être toujours au centre d’une polémique qui a fait de Ramid ce qu’il est aujourd’hui : le député islamiste le plus polémiste de la place politique nationale.
On lui découvre cette manie dès son premier mandat de député. Profitant de la diffusion en direct par la télévision des séances des questions orales à la première Chambre du Parlement, le député Ramid va s’illustrer dans l’art de la séduction populiste et réussira à s’ériger en vedette du parti islamiste qui en a fait son chef du groupe parlementaire. Un poste auquel il s’attachera fortement et qu’il finira par perdre pour la même raison qui le lui fit gagner quelques années auparavant : son penchant prononcé pour la polémique.
Réélu à la tête du groupe parlementaire de son parti au lendemain des élections législatives de septembre 2002, il multipliera les sorties médiatiques et les interventions sous la coupole, en essayant à chaque fois d’aller plus loin et de provoquer davantage de réactions de la part des médias. L’essentiel pour lui, expliquent certains membres du PJD, est d’être toujours au-devant de la scène, avoir sa photo sur la Une des journaux nationaux et d’être le principal sujet de l’actualité politique nationale.
Mais ce qui l’a le plus poussé à l’extrême obsession pour soi-même, c’est lorsqu’il a goûté aux plaisirs de la presse étrangère. Avoir sa photo sur les colonnes du quotidien espagnol El Pais, se faire interviewer par Le Monde ou faire une déclaration à LCI sont devenus, depuis 2002, un besoin élémentaire pour le député et avocat islamiste. Et pour assouvir ce besoin, il s’est engagé dans une série de déclarations provocatrices.
Il appellera ainsi, devant les caméras de la télévision de la région espagnole de Catalogne TV3, à l’application de la Chariâ en matière pénale ne voyant aucune objection à couper la main au voleur. En octobre 2002, juste quelques jours après l’inauguration de la nouvelle législature, il invitera le gouvernement à procéder à la fermeture des Centres culturels et des institutions étrangères au Maroc. Il ira aussi jusqu’à organiser et diriger un sit in devant une salle de cinéma de spectacle pour empêcher la prestation artistique d’un humoriste français qu’il accuse de sionisme.
La même obsession pour la médiatisation et la polémique, on la retrouve chez Ramid l’avocat. Membre du barreau de Casablanca, Me Ramid s’est spécialisé dans les procès islamistes, notamment les affaires de la Salafiya Jihadia. Il faut rappeler que c’est à lui que l’on doit ce scoop : cette organisation terroriste islamiste est une invention des services de police.
Une théorie qu’il avait défendue plusieurs mois avant les attentats du 16 mai 2003.
Ainsi, au lendemain des actes terroristes qui ont frappé Casablanca, son image commence à ternir, ce qui lui fait perdre son influence au sein du PJD, notamment après la démission de son principal soutien, l’ancien président du Mouvement Unité et Réforme (MUR), Ahmed Raïssouni. Il perdra ainsi le poste qui lui permettait d’être toujours au premier plan de l’action du PJD ; celui de chef du groupe islamiste à la Chambre des représentants. Le secrétariat général du parti lui préfère un modéré.
Aujourd’hui, Mustapha Ramid a réussi à décrocher le poste de président de la Commission parlementaire de la justice, la législation et les droits de l’Homme. Un poste qui lui permettra de satisfaire ses besoins de médiatisation mais sans avoir le droit au direct qu’offre la séance des questions orales.
Dans son nouveau poste, le député et l’avocat Ramid s'associeront pour animer la vie parlementaire à la manière PJD dans sa version la plus radicale.


Le 17-10-2005
Par : Omar DAHBI

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Éditorial : La revanche de Ramid

Abdellah ChankouPeut-être que l’intéressé a pendant sa traversée du désert bien réfléchi à son avenir politique, décidant qu’avant de changer le Maroc en le réislamisant il serait profitable de changer d’abord sa propre situation.


S’agit-il du retour en force de Mustapha Ramid après une traversée du désert plus ou moins longue ? En tout cas, le député PJD de Derb Soltane-El Fida à Casablanca a décroché le gros lot lors de la nomination des présidents des commissions parlementaires marquant l’ouverture de la session d’automne du vendredi 14 octobre. Il prend la tête de l’une des commissions les plus en vue, celle de la Justice, de la législation et les droits de l’Homme. Et les avantages confortables de la responsabilité qui vont avec. Dans son cas, cette désignation ne peut être que le fruit d’un compromis dûment négocié.
Belle revanche pour celui qui fut le chef du groupe parlementaire du PJD avant d’en être écarté en 2004 par les siens. À ce titre, il aimait monter à la tribune pour faire des sorties trop provocatrices pour passer inaperçues. C’était tantôt contre la mission française au Maroc, tantôt contre les festivals organisés dans les villes du pays… Surfant sans retenue sur une vague populo-islamiste , encouragé en cela par la performance électorale de son parti lors des dernières législatives, il faisait feu de tout bois au risque de casser la stratégie “des petits pas“ de sa formation dans sa quête de conquête du pouvoir. Les événements terroristes de Casablanca de mai 2003 aggravés quelques jours plus tôt par la fameuse sortie malheureuse sur nos colonnes de l’ex-secrétaire général du Mouvement Unicité et Réforme (Mur) Ahmed Raïssouni -dont il est très proche- sur la commanderie des croyants ont précipité la disgrâce de celui qui croyait dans sa bonne étoile. Son successeur à la tête du groupe parlementaire, Abdellah Baha, a pris le relais avec beaucoup de succès. C’est-à-dire de manière soft et sans trop de vagues. Objectif atteint. M. Ramid, lui, a dû vivre très mal sa mise à l’écart mais plutôt que d’en vouloir à ses amis du parti il fait assumer la responsabilité aux pouvoirs publics qui à ses yeux cherchent à le museler .
En fait, Mustapha Ramid est un homme sympathique. Ce n’est pas, semble-t-il, le personnage spartiate, extrémiste que ses discours enflammés laissaient penser. Dans la vraie vie, avec sa famille et ses amis, il est décontracté et il en tire un grand motif de fierté. Peut-être que l’intéressé a pendant sa traversée du désert bien réfléchi à son avenir politique, décidant qu’avant de changer le Maroc en le réislamisant il serait profitable de changer d’abord sa propre situation. Sa nouvelle responsabilité parlementaire permet à cet avocat, qui a la réputation de défendre la veuve et l’orphelin, de fréquenter le ministre de la Justice Mohamed Bouzoubaâ lui aussi professionnel du barreau. De sa nouvelle fonction certes moins médiatisée que celle de chef du groupe parlementaire mais très prestigieuse, le député islamiste est certainement très content. Cela dit, il faut attendre un peu pour voir comment le nouveau Ramid va évoluer, quelles causes il va défendre et s’il a finalement mis de l’eau dans son vin.


Le 17-10-2005
Par : Abdellah CHANKOU

Les tribulations d'un Oualalou aux Finances

le journal-hebdo.com

Les tribulations d'un Oualalou aux Finances

La Loi de finances 2006 dont le passage au Parlement est prévu le 20 octobre prochain a été présentée jeudi dernier lors du conseil de gouvernement. Flambée des cours de pétrole, INDH, appui à l'emploi…. C'est dire que l'argentier du royaume a eu du mal à boucler son budget pour l'année prochaine. Sans oublier qu'il doit inscrire le compte d'affectation spéciale de l'Initiative nationale pour le développement humain (INDH) dans ce projet de loi. Un fonds qui sera alimenté à hauteur de 1,5 milliard de DH pour cette même année Toujours est-il qu'à ce stade, quelques informations commencent à filtrer. Vraisemblablement, ce projet de Loi de finances devrait être sous les couleurs de la réforme fiscale. Une réforme d'envergure avec des contours de réduction de taux, d'harmonisation ayant pour objectif principal l'élargissement de l'assiette fiscale, si l'on en croit les confidences des préparateurs du texte. D'abord deux bonnes nouvelles : la défiscalisation de toute épargne-logement dont la durée minimale serait de 4 ans. Ensuite, le soutien de l'Etat à la création PME/PMI pour 25.000 Dhs, dont 10 000 Dhs à taux zéro et les 15.000 restants à taux réduits.
Fait nouveau, la présentation du budget 2006 sera accompagnée d'un rapport sur les dépenses fiscales élaboré par la Direction générale des impôts. Principal objectif : doser la combinaison coût/bénéfices de toute mesure fiscale en vigueur ou à venir, ce qui permettra d'apporter des éclaircissements sur les orientations à prendre dans ce sens. Dans le cadre de l'harmonisation, les dividendes perçus par l'Etat seront désormais taxés. Une mesure plus symbolique qu'autre chose puisqu'elle n'aura pas d'incidence financière. « C'est en effet l'Etat qui perçoit les dividendes et c'est toujours lui qui encaissera le produit de l'IGR auquel sont soumis ces dividendes » explique un fiscaliste.

Pas de révolution

Fortement recommandée par le FMI dans son dernier rapport sur la fiscalité au Maroc, la réforme du système fiscal est devenue un impératif. Le Fonds réclame à cor et à cri l'élargissement de l'assiette ainsi que la réforme des taxes, en particulier la TVA. L'instance internationale recommande en effet de centrer la transition fiscale sur la TVA. Les autres impôts ayant déjà une assiette assez limitée. Une simplification et une rationalisation du système fiscal, une restructuration de l'assiette accompagnée de l'abaissement de la pression fiscale devraient stimuler la croissance et générer un surcroît de recettes à même de concilier objectifs économiques et financiers.
On chuchote au ministère que les mesures fiscales qui seront présentées dans le cadre du budget 2006 s'inscrivent dans ce sens. Mais ce n'est apparemment pas encore la grande révolution. La réduction et la simplification de la TVA ne sont pas à l'ordre du jour. « Ou du moins, on a procédé à un changement de façade », explique un économiste de la place. Selon les informations à notre disposition, et s'il n'y a pas de pressions en cours de route, Oualalou devrait proposer une TVA à deux taux de 19 et 10% au lieu de cinq actuellement (20, 14, 10, 7, 0). On est bien loin des 10 et 12% suggérés par le patronat... Ainsi, le taux de 20%, considéré comme excessif, serait ramené à 19% et en contrepartie on fait passer celui de 7 à 10%. « Le terrain de prédilection de l'impôt demeure inchangé : la consommation de masse et, au-delà, les revenus moyens et modestes de la grande majorité de la population », déplore Najib Akesbi, économiste. Les structures du système fiscal, avec leur défaut majeur - l'excessive prédominance des impôts indirects - ne sont donc guère appelées à évoluer positivement. « On s'achemine donc plus vers une régression ».

Vases communicants

Les questions qui se posent restent ainsi les mêmes depuis des années : Comment dégager plus de recettes à partir d'impôts dont l'assiette s'effrite ? Comment rationaliser et simplifier une fiscalité qui ne s'affranchit ni des pesanteurs du passé ni des luttes d'influence des multiples forces de pressions soucieuses de leurs seuls intérêts propres et immédiats ?
Il s'avère en effet à l'analyse, que les dispositifs mis en place depuis des décennies s'attachent plus à abaisser les taux supérieurs et faire fonctionner le principe des vases communicants qu'à élargir et maîtriser l'assiette fiscale. « Ces dispositifs ne se distinguent non plus guère par leur simplicité, leur rationalité ou encore leur cohérence », ajoute Akesbi qui préconise de s'attaquer avant tout à la problématique des taux avec ou sans déduction mais aussi à la révision de l'IGR. Chose dont le gouvernement refuse d'entendre parler. Le risque de déstabilisation du budget serait énorme. Toujours est-il que si cela a permis au Budget de l'Etat d'affronter, sans trop de casse, le tassement des recettes exceptionnelles et l'impact du désarmement douanier, ce processus a ses limites. Au lieu de gérer son quotidien et de préserver ses acquis, le gouvernement aurait pu entamer une réforme fiscale en bonne et due forme et utiliser la manne des privatisations comme filet de sécurité, le temps que ces réformes portent leurs fruits.

Le scandale Thales

le journal-hebdo.com

Le scandale Thales

Le 27 septembre 2005, le Maroc annonce la signature d'un contrat mirobolant avec le géant français Thales. Le marché porte sur la production, à l'échelle nationale, de cartes d'identités à la pointe de la technologie. Le même jour, un ex-dirigeant de Thales décrypte sur les colonnes du journal « Le Monde » le système par lequel son ex-employeur corrompt pour s'adjuger les marchés. Une semaine plus tard, Transparency Maroc diffuse un communiqué qui dénonce les modalités de passation du deal. Sans appel d'offres, le Maroc court-circuite les principes élémentaires de transparence. Fait aggravant, ces nouvelles mesures ne sont accompagnées d'aucun dispositif législatif qui garantisse la protection des citoyens. L'affaire Thales-DGSN est née….

A l'origine du deal

Après les attentats du 11 septembre, et à l'image de la tendance sécuritaire à travers le monde, la DGSN décide de se mettre à jour technologiquement. Des écoutes téléphoniques jusqu'au système de détection des E-mail en passant par la mise à niveau des documents d'identification des citoyens, la DGSN commence par opter pour une CIN type carte bancaire. Plus difficile à reproduire qu'une CIN classique, plus fonctionnelle aussi grâce à sa capacité de stockage de données. « Petit à petit, la réflexion s'est affinée pour aboutir à la technologie de pointe : la biométrie », explique ce proche du dossier. En fait, la souveraineté de décision échappe aux nations lorsque, sous la pression des Etats-Unis, l'Organisation mondiale de l'aviation civile décide d'imposer l'usage d'identifiant biométrique (empreinte digitale, lecture de l'iris, de l'ADN ou reconnaissance faciale) pour constituer une base d'identification internationale. Le Maroc, logiquement, décide de faire les choses dans les règles de l'art, une fois pour toutes. Nous sommes en 2004, le ministre de l'Intérieur décline les prétentions technologiques de son département. A l'international, l'Union Européenne, les Etats-Unis, La Grande Bretagne, les ONG se soulèvent, le débat est porté devant les assemblées. Au Maroc, c'est encore le silence radio. Pourtant, le projet se construit progressivement …sur des déficiences institutionnelles légales avant d'achopper sur la qualité de la société adjudicataire.

Contrat de gré à gré

Pour l'Economie High Tech, le projet est une aubaine. Le volume total de l'investissement dépasse le milliard de Dhs, c'est le turbo technologique qu'attendait un secteur qui peine à se nourrir de l'industrie locale et survit, pour les sociétés les plus avancées, des marchés décrochés à l'international. Peine perdue « Si on avait donné une chance au pays, on aurait pu créer des champions nationaux », regrette Rachdi Bachri, Président de l'APEBI, (Association des Professionnels des Technologies de l'Information). Cette chance, les industriels locaux ne l'auront pas puisque la DGSN, obsédée par la réussite du projet, optera pour une passation de marché de gré à gré. « Nous avons sollicité la DGSN pour discuter avec l'APEBI, sans succès », précise un autre acteur du secteur. « Nous ne maîtrisons pas toutes les technologies mais notre savoir-faire sur plusieurs pans de ce chantier n'est plus à démontrer », avance la même source. S2M dispose d'un portefeuille client de plus de 120 banques étrangères.
Avec M2M, elle réalise plus de 80% de son chiffre d'affaires à l'export, une indéniable reconnaissance de leur maîtrise de la technologie, du transfert de données sécurisées. Le ton montera d'un cran lorsque la première partie de ce deal sera adjugée, sans appel d'offres, à une société américaine : Cogent Systems. Ce sont plus de 300 millions de dirhams qui échappent à l'industrie locale, côté politiques, c'est toujours le silence radio. Les industriels attirent l'attention sur le glissement d'un marché qui aurait pu être structurant pour la technologie made in Morocco, au mépris des règles élémentaires de concurrence. Pourquoi ? Selon une source proche de la DGSN, l'affaire n'a pas été remise clefs en main à Cogent, ou plus tard à Thales. Les sociétés locales ont été consultées, mais n'ont pas su démontrer le même savoir-faire que les géants américains et français. La même source précise aussi qu'au tout début, plusieurs sociétés se battaient pour le marché aux côtés de Cogent Systems et Thales. « il y avait aussi Sagem (autre mastodonte français) ainsi que deux sociétés suisse et anglaise. En clair, s'il n'y a pas eu appel d'offres dans les règles de l'art, c'est aussi parce que le cahier des charges a évolué progressivement pour retenir une technologie hors de portée de l'industrie locale » rajoute-t-elle. Le choix de Cogent aurait été guidée par un argument indiscutable : la société a fait ses preuves, elle équipe le FBI et ça marche.
La DGSN réussira à « placer » trois opérateurs marocains : Omnidata, IB Maroc et Dar Sekka. « Il reste tout l'investissement en câblage, le Maroc devrait en profiter », précise un initié. Une maigre consolation, estimée par un connaisseur à près de 1% du montant total du marché. « Peanuts » aux yeux de la communauté des NTI décapitée par l'annonce de l'adjudication du marché à Thales, encore une fois, sans appel d'offres. Le passage aux forceps de la DGSN se transformera en fiasco lorsqu'un ex-président d'une filiale de Thales pulvèrisera à la une du « Monde » la crédibilité de l'entreprise, fer de lance, de l'industrie de la défense en France. La signature d'un marché gré à gré avec une société accusée ouvertement de corruption devient plus que problématique, elle devient suspicieuse. Elle deviendra troublante lorsque l'on apprendra dans le réquisitoire de l'ancien haut cadre de Thales que des sociétés marocaines ont servi d'écran pour maquiller des opérations frauduleuses en France toujours dans le sillage de la société adjudicatrice. Du côté des politiques, on se tait. Et apparemment, le gouvernement se félicite du deal. Pas pour l'ONG, Transparency qui diffuse un communiqué acéré où le cumul des dysfonctionnements est minutieusement répertorié. Si L'ONG insiste sur l'aspect légal, elle n'occulte pas pour autant une dimension tout aussi problématique « L'attribution de marché portant sur l'état civil et la vie privée des citoyens, constitue non seulement une entrave à la libre compétition (…) mais également un risque réel d'atteinte à leurs droits fondamentaux ». l'amorce du débat éthique et le vide juridique empêchant tout encadrement et contrôle des données récoltées rend le silence radio des politiques lourd, très lourd.

Big Brother sans contre-pouvoir

« C'est dangereux d'utiliser ce type de technologie sans dispositif législatif ». L'avertissement n'émane pas d'un néophyte mais d'un patron de société de technologie qui a pignon sur rue. Le volet technologique a pour reflet le champ des libertés publiques. C'est ce que révèle l'intensité du débat dans les pays occidentaux. En France, le gouvernement a subordonné l'utilisation de ce nouveau gadget technologique à l'approbation du Parlement, bien que « les titres d'identité relevant du domaine réglementaire, (le ministère de l'intérieur) aurait pu ne pas présenter un projet de loi ». De même pour la Grande-Bretagne où le projet a été adopté, à l'arrachée, par le parti de Tony Blair malgré une majorité écrasante. L'Union Européenne a dû aussi saisir ses instances pour débattre et adopter les textes encadrant la biométrie. L'enjeu est de taille. Il s'agit tout d'abord d'empêcher l'utilisation abusive de données à caractère personnel, d'empêcher un outil censé renforcer la sécurité de se muer en mouchard permanant. A ce titre, le Maroc est concerné au premier chef puisque les nouvelles cartes d'identité pourront être lues à distance, et pourtant, à l'exception de Transparency, peu se soucient de l'usage qui sera fait de ce nouveau mode de surveillance. Qu'est ce qui prémunit les citoyens contre une surenchère sécuritaire, contre l'installation de lecteurs dans des endroits socialement litigieux.
Qu'est ce qui empêche la DGSN de disséminer les lecteurs sur le territoire, de numériser les allers et venues des citoyens ? Qui aura accès aux données ? Y aura t-il cloisonnement des fichiers entre douane, fisc, DGSN comme c'est le cas dans les pays occidentaux ? L'alignement du royaume sur les standards de sécurité doit s'accompagner d'un alignement sur l'encadrement juridique. Il reste au Maroc à constituer des contre-pouvoirs, à l'image de la CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés), une autorité de contrôle en matière de protection des données personnelles. Autre préoccupation, partant du principe que les données seront contenus dans des fichiers informatiques, qui est en mesure d'assurer que ses données sont immunisés contre les détournement informatiques au moment ou les sites les plus sensibles ont été piratés ? En France et aux USA, les technologies sont testées par des entités indépendantes. Qu'en est-il au Maroc ?

Biométrie, oui mais

Philip Wolf, responsable français d'une instance gouvernementale, procède à une démonstration qui fait froid dans le dos. à partir du moment que les identifiants sont utilisés comme des codes PIN, des codes d'accès. Une fois subtilisés, ils doivent être révoqués. « Comment et au nom de quoi peut-on obliger quelqu'un à changer d'empreintes digitales ? »
Si cette technologie a prouvé une certaine efficacité, elle n'est pas pour autant infaillible. Dans une lettre ouverte adressée par 39 ONG à l'Organisation mondiale de l'Aviation Civile, les rédacteurs attirent l'attention sur les risques de déficiences et rappellent que « les tests réalisés par le Gouvernement américain ont révélé, que la reconnaissance faciale produit des erreurs de non-correspondances à 5% et de reconnaissance erronées à 1% ». Quels sont les recours légaux pour protéger les citoyens contre ce type d'erreur ou d'usurpation d'identité ? Autant de questions qui justifient un débat de fonds sur le niveau de sécurité souhaité, l'accès à l'information, les identifiants biométriques retenus (empreintes, photos digitalisées…) et surtout sur le type d'information disponible dans les futures cartes d'identités.
Encore une fois, un projet porteur de technologie, de perfectionnement législatif, de débat sur les espaces de libertés, est confiné à un scandale, à un marché de gré à gré ou le citoyen ne sait pas à quelle degré il sera épié, ou le Maroc se retrouve en haut de l'affiche d'une affaire internatioanle, « l'affaire Thales ». La sortie de Transparency est la bienvenue, que le débat commence...


Transparency Maroc dénonce

A l'occasion de son assemblée générale annuelle en juillet dernier, Transparency Maroc a commenté l'attribution directe par la Directoin générale de la Sûreté nationale (DGSN) d'un marché de 34 millions de dollars à une entreprise américaine (Cogent System).
Le marché porte sur des prestations en rapport avec l'introduction d'un nouveau type de carte d'Identité Nationale (comprenant des données biométriques). Son attribution s'est faite sans aucune transparence et sans s'appuyer sur la mise en concurrence de soumissionnaires. Transparency Maroc a souligné, à cette occasion, que le manque de transparence dans l'attribution de marchés portant sur l'état civil et la vie privée des citoyens, constitue non seulement une entrave à la libre compétition économique et au développement national mais également un risque réel d'atteinte à leurs droits fondamentaux en l'absence de toute législation protégeant la vie privée et l'utilisation des données numériques y afférente.
Poursuivant la même approche, la DGSN vient d'accorder au groupe français Thales, un autre lot portant sur la fourniture d'un système de production et de personnalisation de la carte d'identité nationale. Le jour même où cette attribution, également sans appel à la concurrence, a été rendue publique, la presse internationale faisait état de révélations faites en marge d'une instruction judiciaire selon lesquelles ce groupe recourt systématiquement à la corruption en Afrique : les pots de vin représentent 1 à 2 % du chiffre d'affaires. On évoque notamment l'intermédiation d'entreprises marocaines dans ces trafics pour permettre à ce groupe de contourner les dispositions de la convention de l'OCDE.
Transparency Maroc considère que l'attribution de ces commandes dans de telles circonstances constitue un déni de justice à l'égard des nationaux et un démenti cinglant à la volonté politique de renforcer la transparence des marchés publics et de lutter contre la corruption. De telles pratiques éclairent de manière éclatante la baisse régulière de notre pays dans l'Indice de perception de la corruption qui préoccupe légitimement nos gouvern ants. Dans ces circonstances, Transparency Maroc considère que la crédibilité de la nouvelle stratégie du gouvernement de lutte contre la corruption passe par une enquête et une communication loyales sur ces affaires.


Thales-Le Monde : Début d'une « affaire d'Etat »

Le 27 septembre 2005, le groupe de défense français, Thales, est sonné à la Une du quotidien « Le Monde ». L'ex-Président de sa filiale Thales Engineering and Consulting (THEC), Michel Josserand, explique dans une interview-fleuve comment son ex-employeur a confectionné et perfectionné un « système » de corruption pour s'adjuger des marchés juteux. M. Josserand décryptera le fonctionnement frauduleux d'une société qui tient encore son rang dans le secteur de la défense européenne. Tout y passe, mécanisme de corruption, le niveau d'implication des hauts cadres, la nationalité des sociétés intermédiaires etc… La crédibilité de la société en prend un coup, son actionnaire principal, l'Etat français aussi, il détient encore le tiers du capital. Le timing du scandale est particulièrement périlleux et pour Thales et, surtout, pour l'Etat, décidé à se retirer du capital. Les nouvelles fonctions qu'occupe M. Josserand suscitent aussi des remous. Ce dernier étant salarié d'EADS, autre opérateur dans le secteur de la défense. L'affaire a toutes les chances de prendre des dimensions disproportionnées puisque la sortie de M. Josserand affaiblit Thales au moment où l'Etat tente, désespéramment, de trouver repreneur. La presse européenne a d'ailleurs spéculé, à tort ou à raison, régulièrement sur le rapprochement de Thales avec divers repreneurs potentiels. Alcatel, BAE et…EADS, tous ont été cités dans des opérations de rapprochement avec Thales. Côté en Bourse, donc soumis à la sanction du marché, les dirigeants de Thales avaient porté l'affaire en justice et poursuivent leurs ex-employés. Les perquisitions effectuées dans le domicile de ce dernier ont été fructueuses. De l'aveu même de M. Josserand, « un très grand nombre de documents _ d'éléments de preuves » concernant des affaires de corruption ont été collectées par la justice. C'est le début d'un feuilleton « affaire d'Etat » qui peut réserver bien des surprises…

Le PJD maintient Baha à son poste

le journal-hebdo.com

Le PJD maintient Baha à son poste


Mohamed Najib Boulif a été choisi par ses pairs pour conduire le groupe parlementaire du PJD. Mais finalement, la direction du parti lui préférera Baha, le président sortant.

L'élection du président du groupe parlementaire du PJD a tenu toutes ses promesses. Programmée, le 1er octobre 2005, alors que le parti connaît des dissensions certaines, cette élection a pourtant prouvé que le débat est de mise au sein de la formation islamiste. Initialement, les parlementaires s'attendaient à un retour en force de Mustapha Ramid mais le député de Derb Soultane a boycotté ce vote. Évincé de la présidence du groupe parlementaire en 2004, Ramid a préféré s'éclipser pour éviter d'affronter ses pairs du secrétariat général. « Le cas Ramid est clair. Il est en désaccord total avec la ligne suivie par le secrétariat général du parti. Il n'assiste plus aux réunions des instances du PJD et ne peut prétendre à un poste de responsabilité », soulève un membre du secrétariat général du PJD. Une position qui reflète clairement les choix de l'instance dirigeante du PJD. Malgré l'absence de Ramid, le vote de ce 1er octobre a apporté son lot de surprises. Ils étaient une trentaine de députés à voter. À la surprise générale, c'est le député de Tanger, Mohamed Najib Boulif qui obtiendra le plus grand nombre de voix, suivi d'El Hbib Choubani et en troisième position,le président sortant Abdellah Baha.
Un camouflé pour le secrétariat général qui cherchait par tous les moyens à mettre en avant le bilan de Baha. Ce dernier sera finalement confirmé dans ce poste puisqu'il a été choisi par le secrétariat général. Cette attitude trouve son explication chez les ténors du parti : « le président du groupe parlementaire est un poste politique. Il faut élire la personne qui est en accord avec le secrétariat général ». En d'autres termes, Saâddine Othmani et les autres membres du secrétariat général ont sanctionné Boulif à cause de ses positions concernant le choix du parti. « On ne peut pas élire quelqu'un qui rejette la plus haute instance du parti. Il est membre du secrétariat général, mais, depuis quelques mois, il a suspendu ses activités au sein de cette instance », explique un haut dirigeant du parti. Mais le choix des parlementaires met en avant le décalage qui subsiste entre la direction du parti et les élus. En choisissant Boulif, ces derniers ont clairement cherché à redynamiser ce groupe parlementaire. Même si le bilan de Baha reste très positif en termes de propositions de lois et d'amendements de lois, les élus regrettent le dynamisme qui avait marqué les années Ramid. Le recul du parti après les attentats du 16 mai 2003 pèse toujours sur ses membres. La majorité des militants islamistes cherchent à retrouver le rayonnement du passé.

Boulif, faute de Ramid

À cet effet, la majorité des députés avait toujours soutenu Mustapha Ramid. Son retrait les a poussés à opter pour Boulif. Le député de Tanger est d'ailleurs présenté comme un proche de Ramid puisqu'il partage son approche. Principal point commun : les deux hommes sont en désaccord avec la direction du Parti. Boulif souligne que la mainmise du secrétariat général sur le parti inhibe le développement de leur formation. Si auparavant, l'instance dirigeante avait écarté Ramid après des pressions du ministère de l'Intérieur, aujourd'hui son choix est motivé par une nécessité de continuité. A une année des élections législatives, les leaders du PJD veulent éviter un discours « conservateur » au sein de l'hémicycle. Le groupe parlementaire, sous l'impulsion d'un Boulif, serait intransigeant. Le député de Tanger est connu pour ses positions strictes vis-à-vis de l'ingérence du pouvoir dans les affaires internes du parti. En plus, il a souvent fustigé le gouvernement tout en restant un des grands défenseurs de la doctrine du PJD. Son éviction de la tête du groupe parlementaire n'est pas anodine. Le secrétariat général a adouci le ton et voudrait continuer sur cette ligne. C'est dans ce contexte que Lahcen Daoudi a été reconduit dans ses fonctions de vice-président du Parlement. Reste à déterminer le futur président de la commission qui dépendra des islamistes. A coup sur, c'est une femme qui présidera ladite commission. Deux noms circulent. Il s'agit de Bassima Hakaoui et Soumaya Benkhaldoune. Dans tous les cas, le PJD a une nouvelle fois envoyé un signal au pouvoir : il rejette toute confrontation. À une année des élections, cela peut être de bon augure.

Mouaad Rhand

islamistes et diplômates

Le jourbal –hebdo.com - 8/ 10/05

islamistes et diplômates


La diplomatie parlementaire est une réalité au Maroc. Elle est pratiquée par nombre de partis et le PJD en fait, depuis quelques temps, son cheval de bataille.



Avec une certaine intensité et selon des modalités variables, le parti de Saâdeddine El Othmani semble avoir une vision globale et cohérente de ses relations avec l'étranger.
La genèse de leur diplomatie, les compagnons de Abdelilah Benkirane la doivent beaucoup au docteur Abdelkrim El Khatib. Cet ancien ministre de la Défense a fait profiter le PJD de son carnet d'adresses et de son réseau d'amitiés qu'il a soigneusement tissés pendant plus de 40 ans de vie politique. La preuve en a été faite lors du IVème congrès du parti, tenu en novembre 1999, qui a connu la présence de nombreux amis du docteur El Khatib, venus des quatre coins du monde. Le succès de ce congrès et le score surprenant et honorable réalisé par le PJD aux élections de 1997, a incité les grandes chancelleries à Rabat à s'intéresser de près au nouveau parti islamiste du royaume. Ce fut le cas notamment des ambassades de France, d'Espagne, des Etats-Unis, d'Angleterre, d'Allemagne, d'Algérie et d'Egypte. Les représentations de ces pays voulaient mieux connaître le PJD, le profil de ses fondateurs, son projet de société, son point de vue sur l'avenir de la monarchie, la situation politique au Maroc, et le conflit israélo-palestinien. Les demandes des diplomates pour rencontrer les dirigeants du PJD deviennent récurrentes. Le parti décide alors de créer, fin 2000, une commission des relations extérieures exclusivement dédiée à ce genre d'activités. Une sorte de ministère des Affaires étrangères dont on a confié le portefeuille à Mohamed Réda Benkhaldoune, un ingénieur quadragénaire. « Nous étions sollicités de toutes parts, aussi bien en interne qu'à l'étranger. C'est pour cela que nous avons essayé de doter le parti d'une sorte de politique "étrangère" articulée autour de deux approches :
une statique, l'autre active. La première consiste à gérer nos contacts avec les chancelleries étrangères au Maroc qui demandent à nous rencontrer. La deuxième recense et fixe les partis et les parties étrangers avec qui nous devons établir des liens institutionnels », explique M.Benkhaldoun. La visite des dirigeants du parti islamiste turc, La Vertu, à leurs « frères » marocains du PJD, en 2000, permet d'ouvrir les yeux de ses dirigeants sur le monde et les persuadent d'institutionnaliser et professionnaliser leur diplomatie. Les événements tragiques du 11 septembre 2001 vont davantage pousser le PJD à communiquer avec l'Occident pour corriger son image auprès de l'opinion internationale. « Nous avons beaucoup souffert des amalgames commis à tort ou à raison à l'encontre d'un parti comme le nôtre suite à ce qui s'est passé aux Etats-Unis. Nous avons donc décidé de mieux communiquer avec les médias européens qui avaient tendance à nous mettre dans le camp des terroristes », souligne M.Benkhaldoun. Dans leur programme de relations avec la presse internationale - surtout française et espagnole-, les dirigeants du PJD mettent en avant leur islamisme modéré et leur acceptation formelle et solennelle du « jeu démocratique ». Bref un islamisme à la turque. L'intérêt international pour le PJD va davantage s'accroître au lendemain des élections législatives de 2002. A défaut d'un véritable tsunami islamiste -suite à un deal avec le palais-, les barbus ont réalisé quand même un raz-de-marée qui a transformé la carte politique marocaine. Le « phénomène » PJD intrigue et inquiète les sécuritaires du royaume mais séduit les laïques du parti Baas syrien. Saâdeddine El Othmani et Mokri Abou Zaid font, en décembre 2002, le déplacement à Damas. Ils y signent un accord-cadre de coopération avec le parti du président Bachar Al Assad. Début 2003, quatre membres du PJD s'envolent à Istanbul sur invitation de leurs amis turcs. Recep Tayyip Erdogan et son parti de la Justice et du Développement (AKP), leur parlent aussi bien de leur expérience singulière à la tête de l'exécutif que de leurs mésaventures avec « l'État profond », à savoir l'armée, le pouvoir judiciaire et la bureaucratie, qui constituent ensemble les gardiens de l'héritage laïque d'Atatürk. « Nous nous sommes beaucoup intéressés à ce parti musulman turc dont l'expérience est très significative pour nous », commente M.Benkhaldoun. En effet, le PJD semble avoir appris beaucoup de choses auprès des dirigeants de l'AKP. La preuve par les événements du 16 mai 2003. Au moment ou la classe politique, soutenue fermement par la gauche au gouvernement avait appelé à la dissolution du PJD, les amis d'El Othmani ont fait le dos rond et activé leur réseau diplomatique. Et c'est Margaret Tuttwiler, alors ambassadeur des USA à Rabat, qui a vivement défendu les islamistes modérées marocains auprès des ultras sécuritaires. Et elle a eu gain de cause.
Cette expérience a conforté Saâdeddine El Othamni dans son option diplomatique. Ce qui le pousse à établir et améliorer davantage les relations de son parti avec les grandes puissances. « Nous ne pouvons pas ne pas avoir de relations avec les Etats-Unis. C'est une superpuissance et une donnée géostratégique avec qui nous devons composer. Nous adoptons avec eux ce qu'on appelle la diplomatie exploratoire », reconnaît un député du parti. Cette diplomatie exploratoire mènera également le PJD à institutionnaliser ses liens même avec les chiites Iraniens. Fin 2003, une délégation du parti a participé au congrès du principal parti réformateur, le Front de la participation, de Mohamed Réda Khatami. « Nous avons pu à cette occasion constater l'échec de l'expérience politique de la révolution islamique de Khomeini », estime M.Benkhaldoun. Ce dernier a été chargé par le parti, début 2004 et à la veille du 5ème congrès du PJD, d'entamer des contacts formels avec des partis français comme l'UMP, le PS, et le parti vert. M. Benkhaldoun a également eu des pourparlers en Belgique avec le parti socialiste, le parti libéral ainsi que le Centre démocrate humaniste, anciennement Parti social chrétien (PSC). D'ailleurs, le voyage effectué par une délégation menée par le secrétaire général du parti en Espagne, en juin 2005, a été un joli coup. Les dirigeants du PJD ont réussi à présenter à leurs interlocuteurs espagnols du Parti Populaire, le Parti Socialiste et le Parti Socialiste Unifié de Catalogne, et à l'opinion publique ibérique une image moderne et positive de l'islamisme version marocaine. D'ailleurs, le moment fort de cette visite était la rencontre de la délégation du PJD avec des membres de l'association des victimes du 11 mars. « C'était très intéressant pour nous de parler à des gens meurtris dans leur âme et qui confondentIslam et terrorisme. Je pense nous sommes parvenus à dissiper beaucoup de malentendus », se félicite M.Benkhaldoun.
Certains députés du PJD pratiquent à titre individuel et à leur manière la diplomatie « parlementaire ». C'est le cas, par exemple de Mustapha Ramid et Mokri Abou Zaïd, qui ont effectué plusieurs voyages à Beyrouth où ils entretiennent de bons rapports avec les dirigeants de Hezbollah, mouvement politique chiite libanais et principale organisation militaire de confrontation avec Israël dans le sud Liban. On rapporte également que ces 2 députés établissent des contacts avec le tunisien Rachid Ghanouchi, en exil à Londres, et chef historique du parti Ennahda.
Par ailleurs, et dans le cadre de ce qu'on a appelé la « diplomatie populaire », Soumaya Benkhaldoun et Rachid Lamdaouar ont été désignés par le parti et mandatés par le ministère des affaires étrangères pour plaider le dossier du Sahara auprès de quelques pays d'Amérique Latine et d'autres en Afrique francophone. Cela dit, le besoin de communiquer outre-mer ne fait pas l'unanimité au sein du PJD. « Trop de diplomatie tuerait la diplomatie », nous confie un député du parti parodiant Montesquieu. Les contestataires de l'intérêt que porte Saâdeddine El Othmani à la diplomatie existent, mais ils sont minoritaires. Ils soutiennent que le parti doit consacrer et concentrer son attention et ses énergies à la politique intérieure du Maroc. Ils croient aussi que les relations du parti avec le monde extérieur, notamment les grandes puissances, risquent d'être mal vues par le palais. « Cette critique ne paraît pourtant pas davantage pertinente. Tout d'abord, il est clair pour chacun que la diplomatie du PJD ne peut, ni ne doit, être une diplomatie parallèle, concurrente ou rivale de la diplomatie gouvernementale. Elle n'en a pas les moyens -ce qui est déjà une bonne raison-, ni d'information, ni d'action ; mais surtout, elle s'exerce dans un domaine et avec des interlocuteurs qui relèvent d'une sphère différente. Poser le problème en termes de rivalité est donc tout simplement mal le poser », se défend M.Benkhaldoun.

Taieb Chad


الجمعة، أكتوبر 14، 2005

Maroc : Taxes sur les alcools : Probable hausse de 50%

http://www.vision-maroc.com/lire.php?ArtID=1418


Maroc : Taxes sur les alcools : Probable hausse de 50%


Une perspective qui ne plaît pas aux producteurs et importateurs marocains d’alcools. L’Etat s’apprête à augmenter la taxe intérieure sur la consommation (TIC) des vins, bières et spiritueux. «La hausse serait de 50% pour tous les produits», selon Omar Aouad, secrétaire général de l’Association des producteurs de raisins au Maroc (ASPRAM) et directeur général des Celliers de Meknès. On parle d’un surplus de 200 à 250 DH l’hectolitre pour la bière, 3.500 DH l’hectolitre pour les spiritueux (à base d’alcool pur) 130 DH pour le vin ordinaire et 150 DH le vin fin.

Les professionnels confirment qu’une augmentation des prix s’ensuivra si la décision est prise. «Les producteurs et importateurs ne peuvent pas tenir sans répercuter l’augmentation sur leurs prix de vente au public», explique-t-on au niveau de l’association. Le vin ordinaire est taxé à 365 DH l’hectolitre (260 au titre de la TIC, 100 DH pour la TVA spécifique et 5 DH au profit de la Croix-Rouge). Le vin fin, lui, supporte 405 DH de taxes (300 DH de TIC, 100 DH de TVA spécifique et 5 DH pour la Croix-Rouge). La TIC sur la bière atteint 550 DH l’hectolitre. Pour les spiritueux (whisky vodka…), la bouteille de 75 cl supporte une TIC de 21 DH. Pour les spiritueux, les droits de douane ont été totalement abandonnés sur les 4 dernières années de démantèlement. La bière importée, elle, supporte encore 38% de droits de douane. La baisse progressive de ces droits ramènera le taux à 10% en 2010.


Pour certains professionnels, ce serait cette baisse continuelle des droits de douane inscrite dans l’accord avec l’Union européenne, qui pousse l’Etat à se rattraper sur la TIC. Dans le milieu des affaires, il se dit que ces recettes supplémentaires seraient destinées au financement de l’INDH.

Des producteurs jugent que «les pouvoirs publics adoptent une démarche bizarre, en encourageant d’un côté les investisseurs à replanter les vignobles dans le cadre des concessions de la Sogeta-Sodea et en augmentant fortement de l’autre les taxes».
L’Aspram craint que tout ce qui a été fait jusque-là au niveau du secteur (dynamisme à l’export, développement de marques…) ne soit compromis par la lourdeur de la fiscalité. Aouad affirme que «50% du chiffre d’affaires d’un producteur de vins est versé sous forme de taxes».

Les arguments de l’Aspram n’ont pas trait au tourisme, mais évoquent la crise sociale des régions productrices en cas de baisse de régime des ventes. L’association craint surtout que la contrebande et les distilleries informelles ne profitent de la conjoncture pour se développer davantage. Aouad note dans ce sens «l’absence de plan de lutte contre ces productions, qui ont parfois pignon sur rue sans que personne ne s’en inquiète». Les autorités mènent des campagnes ponctuelles, mais les affaires reprennent de plus belle dès le relâchement des contrôles.


L’actuelle hausse des taxes envisagée n’est pas sans rappeler une certaine année 1979, lorsque la consommation a chuté de moitié en une année, notamment en raison du relèvement de la TIC. Le secteur a enregistré une baisse de la consommation de 500.000 à 250.000 hectolitres en 1980. «Depuis le temps, la consommation ne s’est développée que de 50.000 hectolitres de plus pour atteindre aujourd’hui 300.000 hectolitres annuellement», selon Omar Aouad, secrétaire général de l’Aspram et DG des Celliers de Meknès. Il souligne que «la nouvelle mesure sera encore une fois extrêmement improductive au niveau du secteur, qui est actuellement investi dans des projets de modernisation et de développement de son outil productif».

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Source : L'Economiste - Le : 10-10-2005

Grippe aviaire : le Maroc en danger

Aujourdhui.ma

Grippe aviaire : le Maroc en danger



La grippe aviaire, un fléau dangereuxLes autorités marocaines se font de sérieux soucis à propos de la pandémie de la grippe aviaire. Le virus est à nos portes. Un dispositif se met en place et la solution passerait par une suspension des importations de volailles depuis l’Espagne.


Le Maroc est, plus que jamais, concerné par l’effrayante actualité de la pandémie de grippe aviaire dont les victimes humaines approchent déjà la centaine dans plusieurs pays du monde. La grippe aviaire tape à nos portes. La France est concernée, tout comme l’Espagne et l’Italie, entre autres pays d’Europe Occidentale. C’est ce qui suscite de sérieuses inquiétudes au Maroc et pousse le gouvernement à accélérer la mise en place d’un plan de riposte comme nous le précise une source au ministère de la Santé.
Selon une source gouvernementale, le Premier ministre présidera, dans les prochains jours, une réunion du comité interministériel mis en place depuis plusieurs années et comprenant plusieurs départements, services et corps de sécurité. Le ministre des Affaires islamiques est également impliqué vu que Omra et pèlerinage pourraient être source d’inquiétudes.
A ce plan de riposte, activé en cas d’éventuelles contaminations, on apporte aujourd’hui les dernières retouches avant de le soumettre à l’appréciation de Driss Jettou. Ce plan comprend deux volets. Le premier, plus important, s’intéresse aux modalités de riposte en cas d’éventuelles contaminations d’êtres humains avec possibilité de mise en quarantaine. Le deuxième volet concerne les animaux contaminés.
Ce plan de riposte n’aura pas pris trop d’efforts pour en définir besoins et contours. Une source du ministère de la Santé indique que le dispositif déjà mis en place auparavant pour faire face à d’éventuels cas du virus responsable du SRAS peut être d’un grand secours si besoin en est. Il s’agit des laboratoires qui avaient été équipés à cette occasion, mais aussi des quantités de masques acquis et des structures hospitalières nécessaires pour isoler d’éventuelles personnes contaminées.
Plus que cela, le Maroc a déjà présenté une demande d’acquisition des vaccins nécessaires et ce depuis avril dernier. Car, les stocks n’étant pas toujours disponibles, les pays doivent faire une sorte de réservation des mois à l’avance. Ces demandes sont faites sur la base d’une estimation des populations vulnérables, autrement dit celles qui pourraient être contaminées si la pandémie arrivait à atteindre tel ou tel autre pays. Au Maroc, nous confie une source médicale, la population vulnérable retenue par les autorités est de 5 millions de personnes, soit près du sixième de la population globale du Royaume.
Selon une source gouvernementale, le financement de ce plan, acquisition de vaccins incluse, nécessitera une enveloppe de 900 millions DH et le Premier ministre aurait déjà donné son aval pour débloquer les fonds. Le vaccin en question, fabriqué par une célèbre firme pharmaceutique, serait sans grand effet à un certain stade de la contamination. Des chercheurs norvégiens seraient en train d’expérimenter d’autres vaccins plus efficaces et agissant sur une longue période.
Les inquiétudes pour le Maroc proviennent aussi du fait que le Royaume importe ses « poulets reproducteurs » essentiellement d’Espagne, mais aussi de France. Pour les professionnels du secteur, ils affirment que le risque ne saurait être ignoré. Il existe, mais il est minime, disent-ils.
Par souci de plus de précautions, ne serait-il pas plus approprié de suspendre ces importations d’Espagne (même momentanément) et voir plutôt du côté de pays jusque-là à l’abri de la grippe aviaire, en Amérique centrale et au Canada, par exemple ? Le Maroc importe près de 2,5 millions de poussins par an pour une production locale estimée à 230 millions.
Le comité interministériel qui a planché sur la préparation du plan de riposte anti-grippe aviaire est composé du ministère de la Santé, du ministère de l’Intérieur, celui de l’Agriculture, mais aussi les services sanitaires des Forces armées royales et Royal Air Maroc (RAM). Les deux mots d’ordre sont réduire les risques de contamination et organiser la prise en charge d’éventuelles personnes infectées selon les normes internationales admises dans ce genre de situations.
La grippe aviaire, apparue pour la première fois en 1997 à Hong Kong, a touché, selon des bilans provisoires, plus de 110 personnes et causé la mort de plus de 60 autres.
L’OMS convoque, pour la deuxième semaine de novembre prochain, une grande conférence internationale pour coordonner les efforts entre pays pour faire face à cette pandémie.


Le 14-10-2005
Par : Mohamed Boudarham

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Attention, la grippe aviaire arrive !


Le risque est réelPour le Maroc l'élevage des poulets, des dindes et des canards dépend de l'Europe. En particulier, pour les poulets qui représentent 5 à 6 millions d'unités pour la consommation annuelle du pays.


La grippe aviaire prend des proportions catastrophiques. Après l'Asie et la Russie, la Turquie et la Roumanie, elle est arrivée en Hollande et, selon les médias, aujourd'hui, elle doit toucher l'Europe occidentale. A savoir, l'Italie, la France et l'Espagne. La France, notamment, a pris toutes les précautions, - vaccins et masques -, pour éviter une épidémie humaine au-delà de certains villages qui ne peuvent être protégés efficacement.
Pour le Maroc, il faut rappeler que l'élevage des poulets, des dindes et des canards dépend de l'Europe. En particulier, pour les poulets qui représentent 5 à 6 millions d'unités pour la consommation annuelle marocaine, l'élevage est lié à l'importation de «poulets reproducteurs» qui donnent des poussins d'un jour qui sont élevés pour le «poulet de chair" : l'importation vient principalement de l'Espagne et, en moindre nombre, de la France. L'Espagne ne fait rien, car les éleveurs de reproducteurs, au niveau des «grands-parentaux » sont couverts par des assurances et des indemnités de l'Union Européenne.
Une épidémie qui va toucher tous les élevages espagnols, importe peu aux éleveurs. Comme on l'a déjà constaté lors de la dernière épidémie de peste qui a obligé à jeter au feu des millions de reproducteurs et de poulets de chair en Europe, et, en particulier en France et en Espagne. Cela n'a pas empêché le service de l'élevage marocain de convaincre le ministère du Commerce et de l'Industrie, d'autoriser l'importation de «poussins d'un jour» d'Espagne, introduisant délibérément la maladie au Maroc, pour baisser le prix du poulet.
Les poussins importés avaient déjà bénéficié de la prime européenne et donc étaient offerts au Maroc pour recevoir un bénéfice supplémentaire. Après avoir donné « une prime» à certains secteurs marocains du service de l'élevage, a-t-on dit alors sans preuve concrète, sinon la baisse des prix de 60 à 70%....
Aujourd'hui, il ne s'agit pas d'un risque de maladie du consommateur, dite passagère. Il s'agit d'un risque de morts par la grippe aviaire. Le Maroc n'a pas les moyens de se payer une vaccination populaire. Donc le risque est considérable..., mortel ! La seule solution est d'éliminer l'élevage de «poussins d'un jour» à partir des reproducteurs venus d'Espagne et de France, dès à présent, ou, au plus tard, dans quelques semaines.
Il existe une solution unique, aujourd'hui, c'est l'importation de reproducteurs à partir du Canada,' des Etats-Unis ou d'Amérique Centrale et du Sud.
Avec un contrôle réel et incontournable des services sanitaires de l'élevage, à tous les niveaux. La véritable solution pour l'avenir, est de créer un élevage de «grands parentaux», afin que le Maroc n'ait plus à importer des «parents», poules et coqs, pour avoir des œufs à couver qui donnent des poussins d'un jour, qui deviennent des poulets de chair. Le Maroc a droit à la protection. Il pourra se passer quelques temps de poulets locaux et en importer d'Amérique Centrale ou du Sud, voire du Canada ou des Etats-Unis. Compte tenu de la taxe sur le maïs qui augmente l'aliment de l'élevage de 80 %, le prix, hors douane, sera supportable...


Le 14-10-2005
Par : Robert ASSARAF

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Gerrai Chaouki : «le risque est faible !»


Gerrai Chaouki, directeur de la FISAPour Gerrai Chaouki, directeur de la FISA, le risque de l’apparition de la grippe aviaire au Maroc est faible. D’autant qu’il est formellement interdit aux éleveurs d’importer des pays touchés. Entretien.


ALM : Le Maroc est-il aujourd’hui à l’abri de la grippe aviaire ?
Gerrai Chaouki : Personne ne peut dire aujourd’hui qu’il est à l’abri de cette maladie. Cela dit, le risque est très minime au Maroc. Toutes les dispositions préventives ont été prises par la Direction de l’Elevage, les vétérinaires et tous les organismes concernés. Il y a un plan de surveillance renforcé. Il est formellement interdit aux producteurs d’importer des pays touchés par cette pandémie.
La faiblesse du risque est liée aussi à l’absence de certaines espèces au Maroc. La grippe aviaire a pour récepteur initial le porc, les oies et les canards, les palmipèdes d’une manière générale. Ces espèces ne rentrent pas dans nos habitudes de consommation.

Reste le risque lié aux oiseaux migrateurs
Là aussi, le danger est minime. Les oiseaux migrateurs qui transitent par le Maroc vont dans les marais et les lacs, là où il n’y a pas beaucoup de risque de contact avec la volaille.

L’importation de l’Espagne des poulets reproducteurs ne pose-t-elle pas un problème sérieux ?
Pour le moment, ce pays tout comme la France n’est pas concerné par la grippe aviaire. Mais en cas de problème, le Maroc réagira de la même manière qu’avec les pays de l’Asie touchés par la grippe aviaire. Rappelons que durant ces trois années, des cas de maladie ont touché l’aviculture en Italie, en Hollande, en Allemagne, en France, aux USA et au Canada. Mais ce sont des pays développés qui ont les moyens de déployer des dispositifs appropriés en un temps record.

Pour diminuer le facteur-risque liè à l’importation des poulet, qu’est-ce qui empêche l’aviculture marocaine d’investir dans l’élévage des parentaux ?
Le marché marocain est très restreint. Chaque année, on importe seulement 2,5 millions de poulets reproducteurs. C’est un petit effectif, d’autant qu’il faut à ce niveau, présenter plusieurs races, plusieurs types. Si on a un seul élevage, tout le monde va utiliser la même race. Pour le moment, le facteur-risque lié à l’importation est faible. Nous importons d’Espagne et de France, des pays qui ont un niveau de surveillance assez élevé.


Le 14-10-2005
Par : Adam Wade

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Éditorial : Pandémie

Omar DahbiUne menace de pandémie est une affaire d’opinion publique et le gouvernement a l’obligation de maintenir la population informée sur l’évolution de la situation.


Le risque d’une pandémie de la grippe aviaire pèse sur le monde entier. Les experts de l’Organisation mondiale de la santé affirment que la propagation de la maladie n’est plus qu’une question de temps. Car, expliquent-ils, les flux des oiseaux migrateurs, dont la saison des pérégrinations vient à peine de commencer, permettra au virus de voyager au-delà des frontières et des barrières douanières et de contourner toutes les mesures de contrôle et les dispositifs de prévention et d’atteindre tous les pays du monde. Tout n’est donc plus qu’une question de temps.
Ainsi, malgré toutes les précautions et les mobilisations des différents organismes internationaux pour freiner la propagation de la maladie, il semble que rien ne peut plus l’arrêter.
Au Maroc, et même si le discours des autorités concernées qui se veut rassurant, il semble que le pire est désormais inévitable. Et ce, pour deux raisons. D’abord, les importations aviaires du Maroc proviennent essentiellement de l’Union européenne notamment de la France et de l’Espagne. Et, aujourd’hui, l’espace européen n’est plus à l’abri de la maladie après sa propagation dans les pays de l’Europe de l’est. En plus, il faut dire que jusqu’à présent, les autorités sanitaires n’ont pas encore pris de décision concernant l’interdiction d’importation du poulet des pays menacés et le dispositif installé pour prévenir une entrée de la maladie au Maroc. Certes, le ministère de la Santé a annoncé avoir pris des mesures de prévention, mais il n’en a pas précisé la nature. Dans une conférence de presse tenue le 5 septembre dernier à Rabat, le titulaire de ce département s’était limité à annoncer qu’un plan de prévention est en cours de finalisation et qu’il sera bientôt soumis au Premier ministre, Driss Jettou, pour sa validation et sa mise en œuvre. Aujourd’hui, un mois après, le plan n’a pas encore été présenté au chef du gouvernement. Le ministre de la Santé avait aussi annoncé la création de plusieurs commissions chargées de la mission de contrôle et de prévention. Mais, jusqu’à présent, aucune opération de communication sur le travail de ces commissions ni les mesures qu’elles auraient prises n’ont été révélées. Or, une menace de pandémie est une affaire d’opinion publique et le gouvernement a l’obligation de maintenir la population informée sur l’évolution de la situation.
Par ailleurs, le fait que le Maroc soit un pays d’escale incontournable pour plus de deux cents espèces d’oiseaux migrateurs. Ce qui fait du Royaume un pays à haut risque de contamination.
Il est donc du devoir du gouvernement de prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter une éventuelle propagation de la grippe aviaire au Maroc et de maintenir l’opinion publique informée sur les risques de contamination.


Le 14-10-2005
Par : Omar DAHBI


Les cafetiers veulent le chaînage

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Les cafetiers veulent le chaînage


Les cafés poussent comme des champignonsL’association des propriétaires de cafés, de crémeries et salons de thé à Casablanca est montée au créneau pour réclamer la règle du chaînage pour leur commerce.


À Casablanca, entre un café et un café il y a un café. La métropole compte actuellement près de 12.000 cafés, concentrés principalement dans le centre de la ville. Poussant comme des champignons, les cafés sont un investissement qui attire plus d’un. «On est payé rubis sur l’ongle ! Ouvrir un café est un investissement qui rapporte rapidement, mais qui a aussi ses risques. Aujourd’hui, et notamment sur les grands boulevards de cette ville, on a des dizaines de cafés l’un à côté de l’autre !», explique un jeune propriétaire d’une crémerie au quartier Maârif. En fait, l’association des propriétaires de cafés, de crémeries et salons de thé de la région de Casablanca vient de formuler une demande auprès de la wilaya de la région du Grand Casablanca et dans laquelle elle réclame la règle du chaînage pour la profession. «Le secteur des cafés emploie près de 120.000 personnes, à raison de 10 employés par café. Cela montre que ce commerce fait vivre des milliers de familles rien qu’à Casablanca.
Pour garder ces emplois, il est temps d’agir et d’établir la règle du chaînage pour les cafés à l’instar des autres secteurs», indique Ibrahim Braïm, membre de cette association. Et d’ajouter : «cette demande concerne les nouveaux quartiers de Casablanca qui ne cessent de s’élargir. Nous voulons donc, entre autres, une distance d’au moins 120 mètres entre deux cafés». S’agissant des autres demandes exprimées par cette association, elles ont plutôt trait aux dépenses et charges quotidiennes occasionnées par la gestion d’un café. C’est ainsi que les membres de ce groupement revendiquent une fiscalité adaptée qui soit moins lourde. À noter que les autorités préfectorales des arrondissements de Casablanca-Anfa ont procédé vers la fin du mois de septembre dernier au retrait provisoire des autorisations d’exploitation pour cinq cafés situés au centre-ville. Et c’est à la suite de multiples requêtes des habitants avoisinants concernant l’organisation de paris en parallèle aux paris officiels du PMU (Pari mutuel urbain) que les propriétaires de ces cafés ont été sanctionnés. «Ces paris illégaux organisés clandestinement dans certains espaces ouverts au public provoquent souvent de grandes nuisances à la tranquillité et à la quiétude des voisins.
Notre association condamne cela et tient au respect des règles en la matière» précise Ibrahim Braïm. Avant que la sanction ne frappe ces cinq cafés, une note de la wilaya de la région du Grand Casablanca datée du 27 mai 2005 a été adressée aux professionnels du secteur. Ce document rappelait, entre autres, à ces derniers «l’obligation de se conformer strictement aux dispositions des textes réglementant leurs activités». Les autres points sur lesquels la note a insisté sont: «le respect des heures d’ouverture et de fermeture, la présence effective du gérant de l’établissement, l’interdiction de l’exploitation des mineurs, du tapage nocturne, de la consommation de la drogue et du narguilé (Chicha) et de la présentation des spectacles susceptibles de porter atteinte aux bonnes mœurs ».


Le 14-10-2005
Par : Atika Haimoud

Rabat : démolition du marché des fleurs

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Rabat : démolition du marché des fleurs

Les bulldozers détruisant le marchéLe légendaire marché des fleurs de Rabat ne sera plus qu’un souvenir. Les bulldozers s’appliquent déjà à raser cet endroit historique de la capitale, ce qui a suscité la consternation de la population r’batie.


Pour les fleuristes de Rabat, la nouvelle a fait l’effet d’un coup d’assommoir. Leurs tentatives désespérées pour arrêter, lundi dernier, les bulldozers ayant été dépêchés sur la place Pétrie n’ont évidemment pas abouti. Pas plus que les protestations des riverains qui ont fini par céder devant de très puissants tracteurs à chenilles «déterminés» à raser un lieu chargé d’histoire.
Pour «apaiser» la colère d’une population inconsolable, les autorités de Rabat, dont le maire, se seraient rendu lundi dernier sur place. Selon ces autorités, le marché des fleurs, situé en face de la Caisse de dépôt et de gestion (CDG), serait transféré vers le parking se trouvant à proximité du théâtre national Mohammed V. Mais cela reste fort probable, sachant bien que les fleuristes délogés auront reçu une cagnotte de l’ordre de 55.000 dirhams chacun.
Un dédommagement qui n’est pas pour réparer un préjudice plutôt psychologique, parce que la démolition du marché des fleurs revient à détruire une quarantaine d’années d’histoire. Au-delà des fleuristes, l’endroit, qui a vu naître et grandir de grands artistes comme Vigon, représente pour les R’batis ou plus encore pour les visiteurs de Rabat un repère incontournable. Le marché des fleurs constituait le lieu par excellence des rendez-vous; c’est là que les beaux moments de la vie étaient scellés : fiançailles, mariages, anniversaires, etc. C’est là également que les familles des patients se rendaient pour s’approvisionner en bouquets de fleurs… Le marché des fleurs a ponctué les moments de joie et de peine dans la ville de Rabat. Avec sa destruction, c’est une part de la mémoire de cette ville qui s’en va. Cet acte destructif vient ainsi grossir la longue liste des chefs-d’œuvre historiques nationaux qui sont partis en fumée. «Un véritable crime contre la mémoire de notre peuple», commente Hassan Nafali. Pour le président de la Coalition marocaine des arts et de la culture, la destruction du marché des fleurs de Rabat rappelle cruellement celle du légendaire Théâtre municipal de Casablanca qui a vu se produire des sommités de l’art dramatique comme Jean Vilar.
On ne vous parlera pas de la défunte salle de cinéma «Vox» (boulevard Hassan 1er) qui a vu se produire, dans les années soixante, le groupe-phare de Nass El Ghiwane, les « Arènes » (boulevard d’Anfa) où s’était produite la star d’Orient Oum Keltoum, sans oublier l’état désastreux où se trouve actuellement le Théâtre Cervantes de Tanger. Pour Ahmed Massaïa, ex-directeur de l’Institut supérieur d’art dramatique et d’animation culturelle, il est inadmissible que des lieux historiques comme le marché des fleurs soient rasés. Cet homme de culture ne comprend pas que des actes pareils soient commis dans le black-out total, sachant qu’aucune explication n’est fournie à la population pour justifier de tels actes. «Les citoyens doivent être au moins informés de ce qui peut arriver à leur cité», plaide-t-il.
Toujours est-il que ces plaidoyers tombent dans l’oreille d’un sourd. Dire, ajoute-t-il, avec quel mépris on traite un patrimoine national qui n’a pas de prix.


Le 13-10-2005
Par : M’Hamed Hamrouch

Immigration : le plaidoyer du Maroc

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Immigration : le plaidoyer du Maroc


Un phénomène qui pour être endigué a besoin de la coopération internationaleLe Maroc, pour lutter contre l’immigration illégale, appelle à une coopération internationale où tous les pays concernés assumeraient leurs responsabilités. Initiée avec son voisin ibérique, le Royaume abritera une conférence internationale sur la question.


L’Europe doit se départir de son rôle de donneur de leçons de morale et faire plutôt preuve de plus d’implication pour aider à résoudre le problème de l’immigration clandestine. Le propos est du ministre de l’Intérieur, Mostafa Sahel, qui s’exprimait, mardi 12 octobre, lors d’une rencontre avec la presse dédiée au sujet.
Le responsable marocain a indiqué que le Maroc a assumé jusque-là, seul et sans un seul euro de reçu, toutes ses responsabilités. Ce sont d’ailleurs les efforts du Maroc en la matière qui ont débouché sur l’état actuel des choses et les pressions exercées sur les deux présides occupés. Rien qu’en 2005, le Maroc a démantelé 400 réseaux d’immigration clandestine et fait échouer 26.000 tentatives dont celles de 20.000 ressortissants subsahariens. Le coût, jusqu’en septembre 2005 et selon les prévisions du ministère de l’Intérieur, atteigne 80 millions euros, selon le ministre de l’Intérieur. Coût très élevé par rapport aux moyens dont dispose le Maroc. Actuellement, le nombre de ressortissants subsahariens se trouvant au Maroc de manière illégale varierait entre 12.000 et 15.000 personnes.
Taeïb Fassi Fihri, ministre délégué aux Affaires étrangères et à la Coopération, présent à la même rencontre, a affirmé que le Maroc ne peut endiguer le phénomène tout seul et qu’une approche régionale est plus que nécessaire. La problématique n’étant pas maroco-espagnole, elle nécessite une sorte de plan Marshall, une action économique urgente pour plusieurs pays. De toutes les manières, le Maroc, à en croire les mêmes responsables, est prêt à apporter sa contribution et aussi son expérience dans la coopération avec les pays de l’Afrique subsaharienne. C’est cette approche globale qui ferait que chaque pays concerné prenne ses responsabilités, protège ses frontières et aide à la traque de réseaux mafieux agissant au su de tout le monde et responsables de plusieurs regroupements au Mali et au Niger en particulier.
C’est pour passer à une action commune que le Maroc et l’Espagne, premières victimes du phénomène, sont porteurs de la conférence internationale qu’abritera le Royaume prochainement comme indiqué dans la déclaration commune adoptée suite à la visite de M. Moratinos au Maroc. Les responsables marocains ont indiqué que le Maroc, lié au Sénégal, au Mali et au Nigeria par des accords de réadmission, est en train d’étudier la possibilité d’en sceller d’autres avec le reste des pays concernés. Un exemple que doivent suivre les pays européens pour des réadmissions directes. Mostafa Sahel a indiqué qu’il n’a nullement été question de réactiver l’accord de 1992 entre le Maroc et l’Espagne. Accepter 73 ressortissants subsahariens de ceux qui avaient donné les derniers assauts contre Sebta et Mellilia n’était pas plus qu’un geste amical et de solidarité envers l’Espagne, indique Sahel. Le Maroc continuera de procéder aux rapatriements, à ses frais, des ressortissants subsahariens. Jusque-là, ces mesures ont concerné près de 1.200 Sénégalais et Maliens. Hier mercredi, un vol Oujda-Bamako a ramené, chez eux, un groupe de 140 ressortissants maliens. L’immigration clandestine en provenance du Maroc ne représente que 5% (Marocains et Subsahariens compris) des contingents qui arrivent en Espagne, estime le ministre de l’Intérieur.


Le 13-10-2005
Par : Mohamed Boudarham

Parlement : une session décisive

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Parlement : une session décisive

La loi sur les partis sera adoptéeLa session d’automne de la quatrième année de la présente législature s’ouvre ce vendredi 14 octobre sous la présidence du Souverain. L’INDH s’y invite avec force. Ce sera aussi une sorte de session de «rattrapage» notamment pour le projet de loi sur les partis.


C’est ce vendredi 14 octobre que s’ouvre la session d’automne de la quatrième année de la présente législature. Une session marquée par le sceau du social avec l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) voulue par Sa Majesté le Roi et portée par l’ensemble de la société marocaine.
Ce sera aussi une sorte de session de « rattrapage » et notamment pour l’examen et l’adoption de projets de loi à la portée décisive pour le champ politique national et plusieurs secteurs vitaux de l’économie du pays. Le projet de loi sur les partis politiques se taillera la part du lion des travaux des élus de la Nation surtout que ce texte n’a pu « bénéficier » de la session extraordinaire qui lui était prévue. Toutefois, avec le consensus qui l’emporte dans ce genre de projets de loi, le reste de la tâche ne poserait pas de problèmes notoires et notamment avec l’accord sur les grands principes en commission (seuil de représentativité…). D’ailleurs, ce projet de loi devait être adopté par ladite commission qui s’était réunie tard dans la nuit de mercredi à jeudi 12-13 octobre.
Avec ce projet de loi, la vedette ira également au projet de loi de Finances 2006 après moult réunions gouvernementales et arbitrages du Premier ministre. Oualalou promet de la rigueur, Jettou veut un peu plus d’austérité (rubrique fonctionnement des ministères) et la facture énergétique n’est pas pour arranger les choses.
D’autres projets de loi attendent l’examen et l’adoption par le Parlement. La loi 04-04 relative à l’urbanisme a également pris beaucoup de retard, pour aggraver les malheurs de tout un secteur. Le chemin de l’adoption du projet de loi portant Code de la pharmacie et du médicament n’est pas en reste et des voix seront toujours là pour stigmatiser un texte très porté sur le volet « sanctions ».
Parmi les autres projets de loi qui « patientent », l’on ne pourra pas omettre de signaler le projet de loi criminalisant la torture ou celui pénalisant les atteintes au drapeau national et aux symboles du Maroc en plus d’une loi décisive sur la gestion, le traitement et l’élimination des déchets.
Les formations politiques, elles, ne reviennent pas « indemnes » des vacances estivales et le projet de loi sur les partis a aggravé les dissensions. Des dissensions, il en sera aussi question en interne. Ce sera l’exemple de l’USFP avec un Driss Kachgar qui ne semble plus faire l’unanimité parmi les siens comme chef du groupe socialiste. Et de Abdelhamid Aouad qui serait autant contesté par ses amis. Ces deux partis n’ont pas encore tranché cet aspect et devront le faire. Les députés USFP devaient se décider jeudi 13 octobre. Le groupe de l’Alliance socialiste (PPS, AL Ahd, PSD) a déjà tout réglé avec Mohamed Ahejjan qui a cédé la place à Abdennebi Saligane (député PPS de Sidi Kacem). Tout comme le PJD qui a de nouveau opté pour Abdellah Baha.
La configuration du bureau de la première chambre devra aussi connaître quelques changements avec les départs –et le remplacement – de Fatima Belmoudden et Mohamed Mouhib (USFP), ainsi que Fatima Elkihel (UMP).
L’ouverture de cette session, comme le stipule la Constitution, sera présidée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI.
Une session décisive avec son «lot» de projets de loi, mais surtout à l’approche d’une autre échéance non moins capitale. On voit déjà pointer les urnes de 2007…


Le 14-10-2005
Par : Mohamed Boudarham