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الجمعة، أكتوبر 07، 2005

Belkora : « Je ne vais pas céder au chantage »

http://www.lejournal-hebdo.com/article.php3?id_article=5342

Belkora : « Je ne vais pas céder au chantage »


Aboubakr Belkora ne mâche pas ses mots. Le maire islamiste de Meknès explique les dessous du dossier du transport urbain qui, selon lui, a été instrumentalisé pour porter atteinte à son parti le PJD et à lui-même. Il défend crânement son bilan. Entretien.

On vous fait porter le chapeau dans la gestion du transport urbain a Meknès. Assumez-vous cette responsabilité ?

Nous avons hérité d'une régie autonome de transport urbain à Meknès (RATUM) en crise. J'en veux pour preuves les chiffres suivants : 33 milliards de centimes de dettes sociale, commerciale et fiscale, un parc de bus vétustes, 15 en circulation pour une population de 500.000 habitants, un ratio de 30 ouvriers par bus qui n'existe nulle part dans le monde. Que faire alors devant une telle situation ?

Déclarer la faillite de la RATUM ?

La RATUM était déjà en faillite avant notre arrivée. Depuis 1989, tous les indicateurs de cette régie étaient au rouge. On a donc précipité la solution et non la faillite de la RATUM

Ne pensez-vous pas que vous avez mal géré toute l'opération de la gestion déléguée du transport en commun ?

Au contraire, cette opération a été bien gérée. D'ailleurs, elle s'est déroulée dans la transparence totale. Permettez-moi de vous rappeler qu'après l'échec du premier appel d'offres en juillet 2004, nous avons lancé, en juin 2005, un deuxième appel d'offres. La signature officielle du contrat de concession a eu lieu le 4 juillet 2005. Le concessionnaire était opérationnel et son offre répond exactement au cahier des charges de cette opération. D'ailleurs, il devait mettre en service une partie des bus au courant du mois de septembre. Mais malheureusement le concessionnaire n'a pas pu honorer son engagement. Nous ne pensons pas avoir commis volontairement des erreurs dans ce dossier ou pêché par mauvaise gestion. Cela dit, nous sommes plus que jamais convaincus que, loin de toute solution de bricolage, la gestion du transport urbain nécessite une véritable approche. Une approche globale et radicale.

En tant que maire, vous êtes quand même responsable du calvaire des Meknassis privés de bus depuis deux ans…

Ce que nous avons fait pour résoudre ce problème est énorme. Cela dit, il faut savoir que le problème de transport urbain ne date pas de 2003 et à chacun sa responsabilité qu'il doit assumer avec toutes ses conséquences. Il faut poser cette question à mes prédécesseurs qui n'ont jamais pu résoudre ce problème.

Avez-vous fait un déplacement en Espagne aux frais d'une société candidate au marché de la concession du transport urbain ?

Ce n'est pas vrai. Ce qui a été malheureusement publié par une certaine presse est un pur mensonge. A cet égard, nous nous réservons notre propre droit de poursuite pour diffamation contre tous ceux qui essaient de nuire à ma réputation et à ma dignité.

Vos détracteurs spéculent déjà sur votre éviction pour mauvaise gestion…

C'est fou ce que peuvent raconter les gens. Laissez-moi vous dire que notre mairie a réalisé un excédent budgétaire dépassant les 23 millions de dirhams pour la première fois dans l'histoire de la gestion communale à Meknès, que le taux d'accroissement dans le domaine de construction et d'urbanisme a atteint 350 % grâce au guichet unique pour l'octroi des autorisations de construire, que les recettes des panneaux publicitaires sont passées de 0,4 à 2,5 millions de dirhams. Permettez-moi également de vous affirmer que les dépenses relatives au téléphone sont passées de 2 à 0.5 millions de dirhams, celles relatives au carburant et aux assurances ont chuté de moitié, etc. Notre bilan est là. Il est consultable. Et nous aimerions bien être jugé par rapport à ce bilan et non pas sur la base d'accusations erronées, bassement ourdies par des personnes qui n'aiment pas ce pays.

En somme, vous pensez donner bon exemple de l'aptitude des élus du PJD à gérer la chose publique…

Je pense, en toute modestie, qu'avec le groupe qui m'entoure et la coalition qui dirige la ville de Meknès, nous faisons de notre mieux pour gérer les affaires de la cité. Cette mission pour laquelle nous avons été élus par le peuple nécessite, entre autres, le savoir-faire, l'honnêteté, la franchise et la crainte de Dieu. Nous invitons tous les journalistes à visiter la ville de Meknès pour voir les grands changements qu'a connus cette ville et suivre de près nos réalisations dans tous les domaines avec les moyens dont nous disposons. A savoir, 15 % du budget général de la commune, soit plus de 20 millions de dirhams.

et en cas d'échec ?

Je pense que nous déployons tous nos efforts pour la réussite de notre travail et ce malgré les différentes contraintes et les diverses formes d'opposition qui viennent de nos détracteurs et ennemis politiques et de lobby local et national qui, sentant leurs intérêts menacés à tort par cette expérience, n'hésitent pas à nous attaquer et user tous les moyens pour nous décourager et nous porter atteinte. A tous ceux-là, je dis : nous n'avons rien à nous reprocher, vos manœuvres ne nous empêcheront pas d'accomplir notre mission en toute âme et conscience, il faut désormais compter avec les élus du PJD et arrêter de mentir aux Marocains et les prendre pour des idiots.En tout cas je ne vais pas céder aux chantages.


T. C