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الجمعة، أكتوبر 14، 2005

Grippe aviaire : le Maroc en danger

Aujourdhui.ma

Grippe aviaire : le Maroc en danger



La grippe aviaire, un fléau dangereuxLes autorités marocaines se font de sérieux soucis à propos de la pandémie de la grippe aviaire. Le virus est à nos portes. Un dispositif se met en place et la solution passerait par une suspension des importations de volailles depuis l’Espagne.


Le Maroc est, plus que jamais, concerné par l’effrayante actualité de la pandémie de grippe aviaire dont les victimes humaines approchent déjà la centaine dans plusieurs pays du monde. La grippe aviaire tape à nos portes. La France est concernée, tout comme l’Espagne et l’Italie, entre autres pays d’Europe Occidentale. C’est ce qui suscite de sérieuses inquiétudes au Maroc et pousse le gouvernement à accélérer la mise en place d’un plan de riposte comme nous le précise une source au ministère de la Santé.
Selon une source gouvernementale, le Premier ministre présidera, dans les prochains jours, une réunion du comité interministériel mis en place depuis plusieurs années et comprenant plusieurs départements, services et corps de sécurité. Le ministre des Affaires islamiques est également impliqué vu que Omra et pèlerinage pourraient être source d’inquiétudes.
A ce plan de riposte, activé en cas d’éventuelles contaminations, on apporte aujourd’hui les dernières retouches avant de le soumettre à l’appréciation de Driss Jettou. Ce plan comprend deux volets. Le premier, plus important, s’intéresse aux modalités de riposte en cas d’éventuelles contaminations d’êtres humains avec possibilité de mise en quarantaine. Le deuxième volet concerne les animaux contaminés.
Ce plan de riposte n’aura pas pris trop d’efforts pour en définir besoins et contours. Une source du ministère de la Santé indique que le dispositif déjà mis en place auparavant pour faire face à d’éventuels cas du virus responsable du SRAS peut être d’un grand secours si besoin en est. Il s’agit des laboratoires qui avaient été équipés à cette occasion, mais aussi des quantités de masques acquis et des structures hospitalières nécessaires pour isoler d’éventuelles personnes contaminées.
Plus que cela, le Maroc a déjà présenté une demande d’acquisition des vaccins nécessaires et ce depuis avril dernier. Car, les stocks n’étant pas toujours disponibles, les pays doivent faire une sorte de réservation des mois à l’avance. Ces demandes sont faites sur la base d’une estimation des populations vulnérables, autrement dit celles qui pourraient être contaminées si la pandémie arrivait à atteindre tel ou tel autre pays. Au Maroc, nous confie une source médicale, la population vulnérable retenue par les autorités est de 5 millions de personnes, soit près du sixième de la population globale du Royaume.
Selon une source gouvernementale, le financement de ce plan, acquisition de vaccins incluse, nécessitera une enveloppe de 900 millions DH et le Premier ministre aurait déjà donné son aval pour débloquer les fonds. Le vaccin en question, fabriqué par une célèbre firme pharmaceutique, serait sans grand effet à un certain stade de la contamination. Des chercheurs norvégiens seraient en train d’expérimenter d’autres vaccins plus efficaces et agissant sur une longue période.
Les inquiétudes pour le Maroc proviennent aussi du fait que le Royaume importe ses « poulets reproducteurs » essentiellement d’Espagne, mais aussi de France. Pour les professionnels du secteur, ils affirment que le risque ne saurait être ignoré. Il existe, mais il est minime, disent-ils.
Par souci de plus de précautions, ne serait-il pas plus approprié de suspendre ces importations d’Espagne (même momentanément) et voir plutôt du côté de pays jusque-là à l’abri de la grippe aviaire, en Amérique centrale et au Canada, par exemple ? Le Maroc importe près de 2,5 millions de poussins par an pour une production locale estimée à 230 millions.
Le comité interministériel qui a planché sur la préparation du plan de riposte anti-grippe aviaire est composé du ministère de la Santé, du ministère de l’Intérieur, celui de l’Agriculture, mais aussi les services sanitaires des Forces armées royales et Royal Air Maroc (RAM). Les deux mots d’ordre sont réduire les risques de contamination et organiser la prise en charge d’éventuelles personnes infectées selon les normes internationales admises dans ce genre de situations.
La grippe aviaire, apparue pour la première fois en 1997 à Hong Kong, a touché, selon des bilans provisoires, plus de 110 personnes et causé la mort de plus de 60 autres.
L’OMS convoque, pour la deuxième semaine de novembre prochain, une grande conférence internationale pour coordonner les efforts entre pays pour faire face à cette pandémie.


Le 14-10-2005
Par : Mohamed Boudarham

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Attention, la grippe aviaire arrive !


Le risque est réelPour le Maroc l'élevage des poulets, des dindes et des canards dépend de l'Europe. En particulier, pour les poulets qui représentent 5 à 6 millions d'unités pour la consommation annuelle du pays.


La grippe aviaire prend des proportions catastrophiques. Après l'Asie et la Russie, la Turquie et la Roumanie, elle est arrivée en Hollande et, selon les médias, aujourd'hui, elle doit toucher l'Europe occidentale. A savoir, l'Italie, la France et l'Espagne. La France, notamment, a pris toutes les précautions, - vaccins et masques -, pour éviter une épidémie humaine au-delà de certains villages qui ne peuvent être protégés efficacement.
Pour le Maroc, il faut rappeler que l'élevage des poulets, des dindes et des canards dépend de l'Europe. En particulier, pour les poulets qui représentent 5 à 6 millions d'unités pour la consommation annuelle marocaine, l'élevage est lié à l'importation de «poulets reproducteurs» qui donnent des poussins d'un jour qui sont élevés pour le «poulet de chair" : l'importation vient principalement de l'Espagne et, en moindre nombre, de la France. L'Espagne ne fait rien, car les éleveurs de reproducteurs, au niveau des «grands-parentaux » sont couverts par des assurances et des indemnités de l'Union Européenne.
Une épidémie qui va toucher tous les élevages espagnols, importe peu aux éleveurs. Comme on l'a déjà constaté lors de la dernière épidémie de peste qui a obligé à jeter au feu des millions de reproducteurs et de poulets de chair en Europe, et, en particulier en France et en Espagne. Cela n'a pas empêché le service de l'élevage marocain de convaincre le ministère du Commerce et de l'Industrie, d'autoriser l'importation de «poussins d'un jour» d'Espagne, introduisant délibérément la maladie au Maroc, pour baisser le prix du poulet.
Les poussins importés avaient déjà bénéficié de la prime européenne et donc étaient offerts au Maroc pour recevoir un bénéfice supplémentaire. Après avoir donné « une prime» à certains secteurs marocains du service de l'élevage, a-t-on dit alors sans preuve concrète, sinon la baisse des prix de 60 à 70%....
Aujourd'hui, il ne s'agit pas d'un risque de maladie du consommateur, dite passagère. Il s'agit d'un risque de morts par la grippe aviaire. Le Maroc n'a pas les moyens de se payer une vaccination populaire. Donc le risque est considérable..., mortel ! La seule solution est d'éliminer l'élevage de «poussins d'un jour» à partir des reproducteurs venus d'Espagne et de France, dès à présent, ou, au plus tard, dans quelques semaines.
Il existe une solution unique, aujourd'hui, c'est l'importation de reproducteurs à partir du Canada,' des Etats-Unis ou d'Amérique Centrale et du Sud.
Avec un contrôle réel et incontournable des services sanitaires de l'élevage, à tous les niveaux. La véritable solution pour l'avenir, est de créer un élevage de «grands parentaux», afin que le Maroc n'ait plus à importer des «parents», poules et coqs, pour avoir des œufs à couver qui donnent des poussins d'un jour, qui deviennent des poulets de chair. Le Maroc a droit à la protection. Il pourra se passer quelques temps de poulets locaux et en importer d'Amérique Centrale ou du Sud, voire du Canada ou des Etats-Unis. Compte tenu de la taxe sur le maïs qui augmente l'aliment de l'élevage de 80 %, le prix, hors douane, sera supportable...


Le 14-10-2005
Par : Robert ASSARAF

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Gerrai Chaouki : «le risque est faible !»


Gerrai Chaouki, directeur de la FISAPour Gerrai Chaouki, directeur de la FISA, le risque de l’apparition de la grippe aviaire au Maroc est faible. D’autant qu’il est formellement interdit aux éleveurs d’importer des pays touchés. Entretien.


ALM : Le Maroc est-il aujourd’hui à l’abri de la grippe aviaire ?
Gerrai Chaouki : Personne ne peut dire aujourd’hui qu’il est à l’abri de cette maladie. Cela dit, le risque est très minime au Maroc. Toutes les dispositions préventives ont été prises par la Direction de l’Elevage, les vétérinaires et tous les organismes concernés. Il y a un plan de surveillance renforcé. Il est formellement interdit aux producteurs d’importer des pays touchés par cette pandémie.
La faiblesse du risque est liée aussi à l’absence de certaines espèces au Maroc. La grippe aviaire a pour récepteur initial le porc, les oies et les canards, les palmipèdes d’une manière générale. Ces espèces ne rentrent pas dans nos habitudes de consommation.

Reste le risque lié aux oiseaux migrateurs
Là aussi, le danger est minime. Les oiseaux migrateurs qui transitent par le Maroc vont dans les marais et les lacs, là où il n’y a pas beaucoup de risque de contact avec la volaille.

L’importation de l’Espagne des poulets reproducteurs ne pose-t-elle pas un problème sérieux ?
Pour le moment, ce pays tout comme la France n’est pas concerné par la grippe aviaire. Mais en cas de problème, le Maroc réagira de la même manière qu’avec les pays de l’Asie touchés par la grippe aviaire. Rappelons que durant ces trois années, des cas de maladie ont touché l’aviculture en Italie, en Hollande, en Allemagne, en France, aux USA et au Canada. Mais ce sont des pays développés qui ont les moyens de déployer des dispositifs appropriés en un temps record.

Pour diminuer le facteur-risque liè à l’importation des poulet, qu’est-ce qui empêche l’aviculture marocaine d’investir dans l’élévage des parentaux ?
Le marché marocain est très restreint. Chaque année, on importe seulement 2,5 millions de poulets reproducteurs. C’est un petit effectif, d’autant qu’il faut à ce niveau, présenter plusieurs races, plusieurs types. Si on a un seul élevage, tout le monde va utiliser la même race. Pour le moment, le facteur-risque lié à l’importation est faible. Nous importons d’Espagne et de France, des pays qui ont un niveau de surveillance assez élevé.


Le 14-10-2005
Par : Adam Wade

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Éditorial : Pandémie

Omar DahbiUne menace de pandémie est une affaire d’opinion publique et le gouvernement a l’obligation de maintenir la population informée sur l’évolution de la situation.


Le risque d’une pandémie de la grippe aviaire pèse sur le monde entier. Les experts de l’Organisation mondiale de la santé affirment que la propagation de la maladie n’est plus qu’une question de temps. Car, expliquent-ils, les flux des oiseaux migrateurs, dont la saison des pérégrinations vient à peine de commencer, permettra au virus de voyager au-delà des frontières et des barrières douanières et de contourner toutes les mesures de contrôle et les dispositifs de prévention et d’atteindre tous les pays du monde. Tout n’est donc plus qu’une question de temps.
Ainsi, malgré toutes les précautions et les mobilisations des différents organismes internationaux pour freiner la propagation de la maladie, il semble que rien ne peut plus l’arrêter.
Au Maroc, et même si le discours des autorités concernées qui se veut rassurant, il semble que le pire est désormais inévitable. Et ce, pour deux raisons. D’abord, les importations aviaires du Maroc proviennent essentiellement de l’Union européenne notamment de la France et de l’Espagne. Et, aujourd’hui, l’espace européen n’est plus à l’abri de la maladie après sa propagation dans les pays de l’Europe de l’est. En plus, il faut dire que jusqu’à présent, les autorités sanitaires n’ont pas encore pris de décision concernant l’interdiction d’importation du poulet des pays menacés et le dispositif installé pour prévenir une entrée de la maladie au Maroc. Certes, le ministère de la Santé a annoncé avoir pris des mesures de prévention, mais il n’en a pas précisé la nature. Dans une conférence de presse tenue le 5 septembre dernier à Rabat, le titulaire de ce département s’était limité à annoncer qu’un plan de prévention est en cours de finalisation et qu’il sera bientôt soumis au Premier ministre, Driss Jettou, pour sa validation et sa mise en œuvre. Aujourd’hui, un mois après, le plan n’a pas encore été présenté au chef du gouvernement. Le ministre de la Santé avait aussi annoncé la création de plusieurs commissions chargées de la mission de contrôle et de prévention. Mais, jusqu’à présent, aucune opération de communication sur le travail de ces commissions ni les mesures qu’elles auraient prises n’ont été révélées. Or, une menace de pandémie est une affaire d’opinion publique et le gouvernement a l’obligation de maintenir la population informée sur l’évolution de la situation.
Par ailleurs, le fait que le Maroc soit un pays d’escale incontournable pour plus de deux cents espèces d’oiseaux migrateurs. Ce qui fait du Royaume un pays à haut risque de contamination.
Il est donc du devoir du gouvernement de prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter une éventuelle propagation de la grippe aviaire au Maroc et de maintenir l’opinion publique informée sur les risques de contamination.


Le 14-10-2005
Par : Omar DAHBI