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الجمعة، أكتوبر 07، 2005

Immigration: climat d'affrontement à Melilla

http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=200001&sid=6142209&cKey=1128626757000

Immigration: climat d'affrontement à Melilla

Environ un millier d'immigrants africains qui voulaient passer en force jeudi à l'aube la frontière de l'enclave espagnole de Melilla, au nord du Maroc, ont été repoussés. Six clandestins ont été tués.

Aucun n'a réussi à passer, a indiqué la radio privée Cadena Ser qui a précisé que "les forces marocaines et espagnoles ont réussi à les freiner avec un important matériel anti-émeutes".

"Durant cet assaut, les clandestins ont fait preuve d'une rare violence, obligeant les services de sécurité à riposter dans le cadre de la légitime défense", a indiqué Abdellah Bendhiba, le gouverneur de la province marocaine de Nador, précisant que 290 clandestins avaient été arrêtés. "Malheureusement, six parmi les assaillants sont décédés".

En déplacement à Melilla, Maria Teresa Fernandez de la Vega, vice-présidente du gouvernement espagnol, avait auparavant précisé qu'un seul clandestin était parvenu à franchir les deux rangées de barbelés protégeant l'enclave.

La MAP a rapporté que deux tentatives d'assaut avaient regroupé 300 à 400 clandestins environ. Selon la télévision nationale espagnole (TVE), les candidats à l'immigration ont escaladé la clôture en plusieurs secteurs de la frontière, y compris dans une zone où la hauteur de celle-ci a été doublée pour atteindre six mètres.

Sixième tentative

Il s'agit de la sixième tentative en une semaine de franchissement de la frontière des enclaves espagnoles, une à Ceuta et les autres à Melilla. Environ 700 hommes ont ainsi réussi à entrer en Espagne, mais cinq autres ont payé de leur vie cette périlleuse entreprise.

Selon MAP, qui cite les autorités de la ville voisine marocaine de Nador, environ 200 Subsahariens ont été arrêtés par les forces de l'ordre marocaines à la suite de deux tentatives de pénétrer dans la ville de Melilla "occupée". L'agence espagnole EFE faisait de son côté état de 265 arrestations en trois points distincts et de 11 Africains blessés et transportés dans un hôpital marocain.

Dans ce contexte de crise, le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero a appelé jeudi l'Union européenne à "s'employer rapidement à réduire le fossé qui sépare l'Espagne, le Maroc et les pays au sud du Maroc en matière de prospérité".

"La différence de prospérité entre l'Espagne et le Maroc est la plus importante au monde entre deux pays ayant une frontière commune", a-t-il poursuivi, imputant ces vagues d'assaut sur Melilla et Ceuta à la pauvreté et à la famine qui accablent l'Afrique subsaharienne.

M. Zapatero a précisé qu'il demanderait personnellement, lors du prochain sommet informel européen prévu fin octobre à Surrey (Grande-Bretagne), que l'UE "soutienne davantage le Maroc". Il a ajouté que l'Espagne redoublait d'efforts pour que d'autres pays, et "particulièrement l'Algérie", contrôlent mieux le flux des Africains subsahariens.

Prévenus

Le gouvernement de Madrid avait annoncé mercredi soir que ces Africains à la recherche d'une vie meilleure en Europe seraient expulsés en groupe à partir de jeudi, en vertu d'un accord avec le Maroc remontant à 1992 et qui n'avait jamais été appliqué.

Seul un accord de rapatriement entre l'Espagne et le pays d'origine peut normalement permettre de renvoyer les immigrants putatifs dans leur foyer. La majorité des pays d'Afrique subsaharienne n'ont pas signé de tels accords et les personnes interpellées sont souvent sans papiers. L'accord de 1992 peut ainsi permettre de renvoyer au Maroc des ressortissants d'autres pays. La menace d'une expulsion est bien sûr très mal vécue par les immigrés clandestins, certains affirmant qu'un retour forcé signerait leur arrêt de mort.

"Il y en a qui disent qu'ils préféreraient mourir plutôt que de retourner au Maroc", explique Patrick Houta, un Camerounais de 25 ans entré à Melilla. "De l'autre côté, c'est la mort", ajoute-t-il en évoquant les mauvais traitements policiers et les restrictions alimentaires. A ses yeux, les immigrés africains, qui ont souvent patienté des mois côté marocain avant de tenter leur chance, devraient être envoyés vers les pays européens recherchant de la main d'oeuvre bon marché plutôt que d'être expulsés.

tsr.ch avec les agences