sahafa.net

أخبار - تحليلات - قضايا وآراء

الثلاثاء، أكتوبر 18، 2005

Le PJD maintient Baha à son poste

le journal-hebdo.com

Le PJD maintient Baha à son poste


Mohamed Najib Boulif a été choisi par ses pairs pour conduire le groupe parlementaire du PJD. Mais finalement, la direction du parti lui préférera Baha, le président sortant.

L'élection du président du groupe parlementaire du PJD a tenu toutes ses promesses. Programmée, le 1er octobre 2005, alors que le parti connaît des dissensions certaines, cette élection a pourtant prouvé que le débat est de mise au sein de la formation islamiste. Initialement, les parlementaires s'attendaient à un retour en force de Mustapha Ramid mais le député de Derb Soultane a boycotté ce vote. Évincé de la présidence du groupe parlementaire en 2004, Ramid a préféré s'éclipser pour éviter d'affronter ses pairs du secrétariat général. « Le cas Ramid est clair. Il est en désaccord total avec la ligne suivie par le secrétariat général du parti. Il n'assiste plus aux réunions des instances du PJD et ne peut prétendre à un poste de responsabilité », soulève un membre du secrétariat général du PJD. Une position qui reflète clairement les choix de l'instance dirigeante du PJD. Malgré l'absence de Ramid, le vote de ce 1er octobre a apporté son lot de surprises. Ils étaient une trentaine de députés à voter. À la surprise générale, c'est le député de Tanger, Mohamed Najib Boulif qui obtiendra le plus grand nombre de voix, suivi d'El Hbib Choubani et en troisième position,le président sortant Abdellah Baha.
Un camouflé pour le secrétariat général qui cherchait par tous les moyens à mettre en avant le bilan de Baha. Ce dernier sera finalement confirmé dans ce poste puisqu'il a été choisi par le secrétariat général. Cette attitude trouve son explication chez les ténors du parti : « le président du groupe parlementaire est un poste politique. Il faut élire la personne qui est en accord avec le secrétariat général ». En d'autres termes, Saâddine Othmani et les autres membres du secrétariat général ont sanctionné Boulif à cause de ses positions concernant le choix du parti. « On ne peut pas élire quelqu'un qui rejette la plus haute instance du parti. Il est membre du secrétariat général, mais, depuis quelques mois, il a suspendu ses activités au sein de cette instance », explique un haut dirigeant du parti. Mais le choix des parlementaires met en avant le décalage qui subsiste entre la direction du parti et les élus. En choisissant Boulif, ces derniers ont clairement cherché à redynamiser ce groupe parlementaire. Même si le bilan de Baha reste très positif en termes de propositions de lois et d'amendements de lois, les élus regrettent le dynamisme qui avait marqué les années Ramid. Le recul du parti après les attentats du 16 mai 2003 pèse toujours sur ses membres. La majorité des militants islamistes cherchent à retrouver le rayonnement du passé.

Boulif, faute de Ramid

À cet effet, la majorité des députés avait toujours soutenu Mustapha Ramid. Son retrait les a poussés à opter pour Boulif. Le député de Tanger est d'ailleurs présenté comme un proche de Ramid puisqu'il partage son approche. Principal point commun : les deux hommes sont en désaccord avec la direction du Parti. Boulif souligne que la mainmise du secrétariat général sur le parti inhibe le développement de leur formation. Si auparavant, l'instance dirigeante avait écarté Ramid après des pressions du ministère de l'Intérieur, aujourd'hui son choix est motivé par une nécessité de continuité. A une année des élections législatives, les leaders du PJD veulent éviter un discours « conservateur » au sein de l'hémicycle. Le groupe parlementaire, sous l'impulsion d'un Boulif, serait intransigeant. Le député de Tanger est connu pour ses positions strictes vis-à-vis de l'ingérence du pouvoir dans les affaires internes du parti. En plus, il a souvent fustigé le gouvernement tout en restant un des grands défenseurs de la doctrine du PJD. Son éviction de la tête du groupe parlementaire n'est pas anodine. Le secrétariat général a adouci le ton et voudrait continuer sur cette ligne. C'est dans ce contexte que Lahcen Daoudi a été reconduit dans ses fonctions de vice-président du Parlement. Reste à déterminer le futur président de la commission qui dépendra des islamistes. A coup sur, c'est une femme qui présidera ladite commission. Deux noms circulent. Il s'agit de Bassima Hakaoui et Soumaya Benkhaldoune. Dans tous les cas, le PJD a une nouvelle fois envoyé un signal au pouvoir : il rejette toute confrontation. À une année des élections, cela peut être de bon augure.

Mouaad Rhand